Football - Qualification 2010 Europe
05/09/2008 - 07:30Evra a les clés

Le mois dernier en Suède, Patrice Evra ne s'était pas montré sous son meilleur jour. Samedi face à l'Autriche, l'arrière latéral de Manchester United tentera de se rattraper et de marquer des points pour s'installer durablement à un poste où la concurrenc
L'équipe de France n'a jamais fait de cadeau à Patrice Evra. Ou rarement. Du haut de ses quatorze sélections, l'arrière latéral n'a pas souvent été là au moment opportun. En 2004, ses débuts avec les Bleus ont coïncidé avec les tâtonnements initiaux de Raymond Domenech juste après sa prise de fonctions. Mis au placard durant deux années, le défenseur de Manchester United en est ressorti juste après la Coupe du monde 2006 et est resté dans l'ombre du nouveau propriétaire du poste, Eric Abidal. Jusqu'à l'Euro 2008 où, au milieu de la déroute, il a récupéré la place du Barcelonais. Dans les conditions que l'on connait et pour le résultat que l'on sait...
Depuis le naufrage suisse, près de trois mois ont passé. A la différence des années précédentes, Patrice Evra (27 ans) semble avoir les clés de son avenir international entre les mains et se retrouve en pole position pour s'installer dans le couloir gauche de l'équipe de France. Pour autant, le Mancunien n'a pas un boulevard devant lui. S'il est suspendu pour le déplacement en Autriche et sort d'une saison difficile ponctuée par un Championnat d'Europe catastrophique, Eric Abidal reste un client à ne pas sous-estimer. Patrice Evra doit aussi composer avec la jeunesse triomphante de Gaël Clichy, aujourd'hui indéboulonnable à Arsenal. La concurrence est rude. Et la marge de manoeuvre d'Evra en est d'autant plus réduite.
Le pied sur le frein ?
Titulaire en Suède (2-3) lors du premier match international de la "mission Afrique du Sud 2010", Patrice Evra n'a pas été impérial et a souvent été pris entre deux eaux. L'envie d'attaquer et d'apporter le surnombre n'ont pas fait bon ménage avec le travail défensif. Les Bleus y ont certes gagné en "générosité" et en explosivité mais la défense en a sérieusement pâti. Raymond Domenech le reconnaissait la semaine dernière. "Quand Pat part à l'abordage, que l'on a les deux milieux défensifs très haut, on sait que les deux défenseurs centraux vont se trouver un peu plus en difficulté. C'est un équilibre à trouver." Si possible du côté de Vienne.

Comme les Bleus, le vainqueur de la dernière Ligue des Champions jouera une carte majeure, samedi. Et il en a conscience. Patrice Evra le Bleu devra ressembler au Patrice Evra de Manchester United. Celui qui a évincé la concurrence à son poste et règne en maître absolu sur le flanc gauche de la défense. Celui aussi qui sait monter à bon escient et arrive à se réfréner quand il le faut. En Autriche, il se pourrait bien qu'il évolue avec le pied non loin du frein. Le défenseur ne le dit pas ouvertement. Mais ne dément pas non plus. "On peut faire de mauvais matches mais si on gagne 1-0 à l'arrivée, on sera content", avoue-t-il.
Le discours n'est pas vraiment dans l'air du temps. Et paraitrait même en contradiction avec les commandements édictés par la FFF à une équipe de France qui se doit d'être plus joueuse et heureuse dans son expression... Patrice Evra précise le fond de sa pensée : "Raymond Domenech a dit qu'il ne voulait plus voir des matches comme celui de la Roumanie (0-0). En Suède, on a encaissé deux buts mais le jeu développé était porté vers l'avant. Il ne nous a jamais interdit d'attaquer. Maintenant, à nous de développer un football offensif tout en essayant de conserver un équilibre défensif." Pour réussir un tel grand écart, Patrice Evra devra très être souple.















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