Il n'est jamais le dernier pour mettre un peu d'ambiance dans un groupe. Dans chacune des équipes où il est passé, il s'est même imposé comme le boute-en-train de service. Au Bayern Munich, ses blagues rythment le vestiaire bavarois. En équipe de France, il s'était tout de suite mis tout le monde dans la poche avec ses facéties lors du Mondial 2006. Mais aujourd'hui au sein des Bleus, le blagueur a passé un cap. Ses prestations sur les pelouses lui ont donné un statut de leader. Et Franck Ribéry assume. Il montre même le chemin à suivre aux jeunes. "J'essaie de parler, peut-être un peu plus avec Yoann (ndrl: Gourcuff) et Hatem (Ben Arfa)", explique-t-il.
Les temps ont changé. Le "Ti Franck" de 2006, petit nouveau du Mondial, a pris une nouvelle dimension. C'est désormais le patron qu'on écoute. Absent du groupe France depuis sa blessure à la cheville contre l'Italie lors du dernier match de l'Euro, "Kaiser Franck", tout juste élu joueur de l'année par ses pairs, ne fait d'ailleurs pas dans la langue de bois. A distance et au téléphone avec ses partenaires, il a senti l'atmosphère à couper au couteau après notamment la claque reçue en Autriche.
Et il ne s'en cache pas : "Je n'étais pas là la dernière fois mais de l'extérieur, j'ai senti que l'équipe avait passé dix jours très difficiles", avoue le numéro 22 des Bleus. Il se permet même de faire la comparaison avec la situation qu'il avait connue au Mondial 2006. "A la Coupe du monde, on était en pleine forme et en pleine confiance. Là, on a un nouveau groupe, et on s'est mis dans une situation difficile qu'on n'avait pas connue avant", explique l'ancien Marseillais. Mais si la France a vécu des heures pesantes sans lui, il compte désormais aider les Tricolores à passer à autre chose, à tourner la page.
Ne pas se poser de questions
Il donne d'ailleurs sa recette pour retrouver l'efficacité sur la pelouse : "Il ne faut pas cogiter. Avec la pression des médias, certains ont peut-être peur de tenter des choses. Mais il faut oser, jouer et tenter. Il ne faut pas se poser de questions. On est quand même l'équipe de France, on a de bons joueurs, on doit se faire plaisir", lance le Bavarois aux 30 sélections qui se dit prêt à jouer "soixante-dix minutes à fond" et qui se délecte déjà de sa possible association avec Yoann Gourcuff : "C'est un joueur qui joue intelligemment. Il pourrait me servir dans les une-deux, pour trouver des intervalles".
Preuve que son costume de leader des Bleus lui colle bien désormais à la peau, il montre aussi le chemin à suivre. Il se sert de sa situation personnelle pour donner l'exemple. "Le plus important c'est le groupe, le collectif. Si je dois jouer à droite, il n'y a pas de problème", annonce celui qui avait pourtant déclaré qu'il ne voulait plus évoluer à droite au Bayern. Mais voilà, Ribéry n'est plus seulement le boute-en-train de service. C'est devenu un cadre. Un cadre qui se montre aussi précieux hors que sur la pelouse... De quoi redonner le sourire aux Bleus ?



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