KARIM BENZEMA, à deux jours de la rencontre face à la Roumanie, comment vous sentez-vous ? Mercredi soir, vous avez été aligné avec les remplaçants lors de l'entraînement...
K.B. : Je suis au service de l'équipe de France et il y a des choix. Lors de l'opposition, j'étais dans le groupe des remplaçants. Si le sélectionneur pense que je dois être remplaçant en Roumanie, il n'y a pas de problème. Je suis là pour apprendre et prendre du volume.
Vous êtes sans doute le meilleur joueur de Ligue 1. Que vous manque-t-il encore pour devenir l'un des joueurs les plus importants de l'équipe de France ?
K.B : Je travaille. Après, le temps d'adaptation est peut-être plus long en équipe de France. Mais je n'ai que 20 ans aujourd'hui et je joue avec des grands joueurs. J'ai la chance d'avoir déjà participé à un Euro. Je gagne en maturité. Après, dire qu'il me manque encore quelque chose... Il manque toujours quelque chose. C'est pour cela que je travaille et je ne me prends pas la tête. Un jour ou l'autre viendra mon heure.
Avez-vous l'impression que l'on attend trop de vous en équipe de France ?
K.B. : C'est normal que l'on attende beaucoup de moi. A Lyon, je réalise de bonnes performances. En Ligue des Champions, je joue de bons matches. En équipe de France, ce n'est pas pareil. Le temps d'adaptation est un petit peu plus long mais ça va venir. J'ai confiance en moi.
Quelle est la différence entre la Ligue des Champions et l'équipe de France sur le terrain ?
K.B. : Il n'y a pas une grande différence. C'est le très haut niveau à chaque fois. Comparé à la Ligue 1, c'est un cran au-dessus. A moi de m'adapter, de travailler encore plus. Si je veux devenir un très très grand joueur, je dois faire de bons matches en équipe de France.
Selon vous, votre quotidien en Ligue 1 est-il un frein à votre évolution ?
K.B. : Non, je ne pense pas car j'arrive à enchaîner les matches en Ligue des Champions. C'est vraiment une question d'adaptation.
Sir Alex Ferguson dit que vous êtes un buteur né mais que ressemblez sous certains aspects à Zinédine Zidane, au niveau de la lecture du jeu notamment. Ce genre de comparaisons ne vous mettent-elles pas un peu de pression supplémentaire ?
K.B. : Non, je n'ai rien à voir avec Zidane. Zidane est un très grand joueur, je ne suis qu'un jeune qui arrive et qui est au service de l'équipe de France. Ça fait toujours plaisir d'entendre cela, venant d'un grand entraîneur, mais comme je vous le dis, j'ai encore beaucoup de travail. Maintenant, on doute de mes capacités en équipe de France mais j'ai confiance en moi.
Vous parlez d'adaptation en équipe de France. Mais c'est une adaptation par rapport à quoi ? Aux joueurs, à l'environnement ?
K.B. : C'est un tout, un mélange. Ce n'est pas spécialement sur le terrain car je peux m'adapter à n'importe quel joueur. On attend aussi beaucoup de moi mais petit à petit, ça va venir.
Votre adaptation n'est pas si longue que cela cependant. Vous en êtes déjà à quatre buts avec les Bleus...
K.B. : C'est peu... Mais que voulez-vous que je vous dise, je suis un jeune joueur, je n'ai que 20 ans...
Ne pensez-vous pas que le fait de vous exiler sur le côté gauche à Lyon ou en équipe de France nuise à vos prestations ?
K.B. : Je ne me prends plus la tête là-dessus. Si on me met à gauche, je ferai le travail d'un joueur qui est sur le côté. Je joue différemment. Quand je suis dans l'axe, j'ai plus de possibilités pour marquer.
Il y a encore quelques mois, vous affirmiez que votre préférence était d'évoluer dans l'axe. Vous avez changé ?
K.B. : Mon poste est avant-centre, attaquant. Je ne vais pas discuter à chaque fois. Si le sélectionneur ou l'entraîneur pense que je peux plus apporter à gauche, je joue à gauche.
Avez-vous digéré le fait d'avoir été remplacé à la pause face à la Serbie ?
K.B. : Le sélectionneur a pensé que j'avais loupé ma mi-temps. Il m'a sorti. Ça va, derrière on a marqué... Je ne vais pas polémiquer. Dire : "Il n'a pas le niveau", c'est n'importe quoi. Tout le monde a le droit de louper une mi-temps ! Ça fait partie du boulot. Après, j'ai regardé le match. J'ai vu ce qui allait, ce qui n'allait pas. Ça arrive. J'espère que cela ne se reproduira pas. J'ai manqué d'automatismes avec Gourcuff. Je partais dans la profondeur, le ballon était derrière. Mais j'ai oublié et je me concentre sur le match de samedi.
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