On dit de certaines rencontres qu'elles sont à oublier. Parfois, c'est très difficile. Surtout quand on doit les rejouer. Quatre mois après le terriblement ennuyeux Roumanie - France de l'Euro 2008, disputé sous la "canicule" zurichoise, les Bleus retrouvent la sélection de Victor Piturca, celle-là même qui avait contribué à fissurer l'attelage tricolore mis en place par Raymond Domenech. Durant quatre-vingt-dix minutes, les Tricolores avaient buté sur onze Roumains recroquevillés sur leur but. A l'arrivée, l'équipe de France avait commencé son Championnat d'Europe des Nations par un non-match (0-0). Le début de la fin.
Pour faire en sorte que le Roumanie - France de samedi, disputé à Constanta dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, ne ressemble pas à son prédécesseur, les Tricolores savent qu'il faudra procéder différemment. Faire en sorte également de se montrer un brin plus imaginatif et provocateur, dans le bon sens du terme. "On va là-bas pour gagner, lance Franck Ribéry. Si on doit prendre au moins un point, on prendra un point. C'est important de faire abstraction de ce qui s'est passé et de penser à l'avenir. Il faudra aller les chercher. Jouer haut pour essayer de les mettre en difficulté. Et marquer un but rapidement pour nous mettre à l'aise. A nous de rester concentrés." Aux Bleus également de ne pas faire n'importe quoi.
"A onze derrière"
Ce n'est pas parce que la tête de Raymond Domenech est en jeu, que les Bleus ont déjà besoin de récupérer le ou les points perdus en Autriche et d'effacer de la mémoire collective le Roumanie - France de l'Euro qu'il faudra se jeter à corps perdu dans la bataille et partir à l'abordage. "Ce n'est pas le même match qu'à l'Euro, renchérit Karim Benzema. On va là-bas pour ramener un résultat. Il ne faudra pas faire n'importe quoi. A nous de gérer le match et marquer un but ou deux." Facile à dire. Quant à le faire, c'est une autre histoire. D'autant que la quasi-majorité des joueurs est persuadée que les joueurs de Victor Piturca vont rester sur leur but.
"Ça ne va pas être facile car ils vont jouer à onze derrière. Même chez eux. En plus, on va jouer sur une pelouse pourrie", annonce Franck Ribéry. Une pelouse pourrie dans une enceinte de 12 000 places chauffée à blanc. Ça sent le traquenard à plein nez. Victor Piturca, par son vocabulaire, ne laisse pas entrevoir le contraire. "Nos joueurs doivent comprendre que nous ne pourrons obtenir un bon résultat contre la France qu'à travers un sacrifice énorme. Nous sommes prêts à défendre... mais aussi à attaquer. La défense des Bleus n'est plus aussi sûre et peut commettre à tout moment des fautes dont on pourrait tirer profit. De la même manière, ça peut être un avantage que leurs deux gardiens soient sans expérience..." Le match est lancé. Pourvu qu'il ne ressemble pas au précédent.



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