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Après Suède-France (2-1) : Cette fois, Didier Deschamps s’est trompé

Cette fois, Deschamps s’est trompé

Le 10/06/2017 à 14:39Mis à jour Le 10/06/2017 à 15:59

QUALIFICATIONS MONDIAL 2018 - Alors que l'Équipe de France peinait face à la Suède samedi soir (2-1), Didier Deschamps a tardé dans son coaching et n'a pas réussi à faire changer le cours du match. Si c’est le dégagement au pied d’Hugo Lloris qui met les Bleus en mauvaise posture, la responsabilité du sélectionneur dans ce faux-pas est assez nette.

C'était pourtant sa force numéro un : corriger ses erreurs. En l'espace de dix secondes, irréelles, matérialisées par un dégagement raté de son capitaine Hugo Lloris, c'est devenu un énorme caillou dans sa chaussure. De ceux qu'on traîne comme un boulet si l'objectif n'est pas atteint.

Si la France de Didier Deschamps a connu une telle épopée l'été dernier, elle le doit en grande partie à son sélectionneur. Point final. Pas pour avoir réinventé le jeu tricolore mais plutôt pour avoir su se dédire après certains mauvais choix. Le grand mérite de DD en 2016 est là : accepter de se tromper pour mieux redémarrer.

Savoir reconnaître ses erreurs

Antoine Griezmann utilisé à droite dans un 4-3-3 en phase de poules ? Revu et corrigé rapidement pour faire du joueur de l'Atlético la clé de voûte de son 4-2-3-1. L'utilisation de Blaise Matuidi à droite du milieu à trois contre l'Irlande ? Un test de 45 minutes aussitôt effacé pour le bien des Bleus. Les inattendus Moussa Sissoko et Samuel Umtiti plutôt que Kingsley Coman et Adil Rami ? Des choix d'hommes en pleine forme et sur une dynamique positive.

Non, vraiment, en 2016, Deschamps s'est trompé mais s'est immédiatement rattrapé. C'est à ça qu'on reconnaît les grands. Les fameux pragmatiques, terme qui colle à la peau du sélectionneur bleu. La méthode passe après tant que les résultats suivent. José Mourinho ne dira pas l'inverse. Qu’importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Au lendemain de France-Suède, l'ivresse semble loin mais la gueule de bois, elle, est bien réelle. Pour le match le plus important des qualifications, le patron des Bleus s'est trompé. Un sacré coup de canif dans la cote d'amour d'un sélectionneur, auteur d’un quasi sans-faute depuis sa prise de fonction en 2012.

Didier Deschamps face à l'Allemagne lors de l'Euro 2016

Didier Deschamps face à l'Allemagne lors de l'Euro 2016AFP

CV versus dynamique

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L’autre décision qui fait mal, c’est N’Golo Kanté. Là encore, le vécu en équipe de France a pris le pas sur la dynamique actuelle. Deschamps l’avait même reconnu à mots couverts en conférence de presse. Sauf que se priver du meilleur joueur de Premier League alors que ses deux milieux titulaires, Blaise Matuidi et Paul Pogba pour ne pas les citer, ne sortent pas forcément d’une saison pleine, c’est compliqué. Deschamps aurait pu trancher dans le vif, quitte à mettre en danger l’un des deux. Il ne l’a pas fait, pour le bien de son groupe, probablement. Mais, pour colmater des brèches en fin de match ou venir gratter des ballons dans des pieds adverses, difficile d’imaginer plus efficace que le joueur de Chelsea.

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Le dernier problème que la défaite a mis en perspective est le temps qu’a mis Deschamps à réagir. Ses Bleus étaient empruntés, manquant de liant et surtout d’allant. Dimitri Payet n’avait pas sorti ses habits de lumière et Antoine Griezmann manquait clairement de jus. Forcément, l’idée d’associer Thomas Lemar à son compère Benjamin Mendy à gauche coulait de source. Tout comme faire entrer le phénomène Mbappé, même diminué. Mais Deschamps a tardé. Il a hésité entre préserver le score nul, qui aurait été un bon point, et aller chercher un succès que les Bleus avaient largement sous les crampons. Et ses changements, qui auraient pu (dû) intervenir dès l’heure de jeu, n’ont été faits que pour le dernier quart d’heure. On a connu plus audacieux.

Dimitri Payet face à la Suède

Dimitri Payet face à la SuèdeGetty Images

" Un scénario catastrophe"

Après match, le patron des Bleus a tenté d’apporter un semblant de réponse au "scénario catastrophe" : "Thomas (Lemar) et Kylian (Mbappé) ont apporté du dynamisme et de la vivacité. La Suède fatiguait, reculait plus. On n'a pas été trop en difficulté, beaucoup moins en deuxième mi-temps. Il restait un gros quart d'heure, l'idée était de mettre de la vivacité dans cette fin de match". Sauf qu’une fin de match ne se résume pas seulement aux quinze dernières minutes. Tout comme un mandat de sélectionneur ne se résume pas à une simple défaite, aussi douloureuse et délicate soit-elle.

Il en faudra plus pour que Deschamps vacille. Et c’est normal. Mais la débâcle de la Friends Arena pourrait laisser des traces. Et engendrer des conséquences. Car, désormais, le "groupe" France si cher à son sélectionneur sort de deux défaites marquantes (Espagne et Suède) où l’audace aura fait défaut. Ni la manière ni le résultat en somme. Et c’est bien tout le problème de Deschamps aujourd’hui.

Didier Deschamps pendant France-Portugal

Didier Deschamps pendant France-PortugalPanoramic

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