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Bleus - A gauche, c'est le grand flou devant comme derrière

A gauche, c'est le grand flou devant comme derrière

Le 04/10/2017 à 19:30Mis à jour Le 04/10/2017 à 19:46

QUALIFICATIONS COUPE DU MONDE 2018 – Qui jouera sur l'aile gauche de l'équipe de France ? Aucune évidence ne se dégage en défense comme au milieu. Didier Deschamps a trois possibilités pour chacun des deux postes. Mais aucune ne semble idéale.

Didier Deschamps aura beau chercher, il n'existe aucune solution parfaite pour peupler son côté gauche à Sofia. L'absence de Benjamin Mendy et les prestations irrégulières de Thomas Lemar et Dimitri Payet en club fragilisent une aile qui s'était trouvée une identité face aux Pays-Bas. Le sélectionneur doit tout reprendre à zéro ou presque. Quel sera le casting ? Tentative de réponse.

Défenseur gauche : Un gros problème de temps de jeu ou d'expérience

  • L'évidence : Lucas Digne

Digne part favori parce qu'avec 17 sélections, il a un vécu international que ne possède pas Amavi. Une expérience en trompe-l'œil puisque l'ancien Lillois n'a disputé qu'un match de compétition officielle, France-Equateur à la Coupe du monde 2014 alors que les Bleus étaient déjà qualifiés pour les 8es, et 16 matches amicaux ! Si, après le Mondial, Deschamps voyait en lui le futur du poste chez les Bleus, Digne n'a jamais confirmé, servant le plus souvent de recours. Il n'a jamais convaincu avec l'équipe de France et son départ au FC Barcelone a fait fondre son temps de jeu. Cette saison, il n'a débuté qu'une rencontre et n'a plus joué depuis le 19 septembre. A-t-il 90 minutes dans les jambes ? C'est une vraie interrogation.

Amavi vs Digne
  • L'alternative plus que crédible : Jordan Amavi

Sa montée en puissance est réelle. Jordan Amavi, qui jouait l'an passé en Championship, retrouve peu à peu son niveau. Son début de saison reste inégal mais ses dernières sorties rassurent, elles ont poussé Patrice Evra sur le banc marseillais. Amavi n'est pas encore à son meilleur niveau, question de rythme. Il arrive chez les Bleus plus tôt que prévu. Les forfaits de Mendy et Kurzawa n'ont pas laissé le choix à Deschamps. Sur la forme du moment, il fait le match avec Digne et a déjà joué cinq fois plus que le Barcelonais cette saison. Problème, à 23 ans, il n'a aucune expérience du haut niveau. Il découvre l'équipe de France, n'a jamais joué la Ligue des champions et son expérience internationale se résume à deux matches de Ligue Europa. Est-ce bien raisonnable de le lancer à Sofia dans un match aussi important ?

Jordan Amavi et Patrice Evra lors d'un entrainement de l'OM

Jordan Amavi et Patrice Evra lors d'un entrainement de l'OMGetty Images

  • Les surprises du chef : Christophe Jallet et Samuel Umtiti

Avec 14 sélections en équipe de France et déjà dix matches disputés cette saison, Christophe Jallet réunit expérience et temps de jeu. Sa grosse limite : il n'est pas arrière gauche même si Lucien Favre a décidé de lui faire confiance à ce poste. Il n'a plus ses jambes de 20 ans et ses performances s'en ressentent. Difficile d'imaginer Deschamps lui faire confiance à un poste qu'il découvre depuis quelques semaines. Samuel Umtiti a lui aussi déjà joué à gauche mais, en l’absence de Laurent Koscielny, les Bleus ont plus que jamais besoin de lui dans l’axe.

Christophe Jallet avec les Bleus en match amical contre le Danemark

Christophe Jallet avec les Bleus en match amical contre le DanemarkAFP

Notre avis : Digne à l'expérience. Difficile de lancer à Sofia un Amavi inexpérimenté, un Jallet et un Umtiti qui ne maîtrisent pas le poste.

Milieu gauche : A la recherche de leur meilleur niveau

  • L'évidence : Dimitri Payet

Blessé lors du dernier rassemblement, Dimitri Payet retrouve les Bleus à défaut de sa forme optimale. Indispensable à l'équipe de France en 2016, il a vu sa cote décliner à force de chercher son meilleur niveau. Avec l'OM, il retrouve peu à peu ses sensations dans un 4-2-3-1 et en soutien de l'attaquant. Ses statistiques (4 passes décisives, 0 but) ne sont pas à la hauteur des attentes et le Réunionnais a du mal à peser sur les matches. Ce n'est pas du grand Payet, loin de là et il doit commencer à trouver le temps long. Mais il connaît l'odeur des matches couperets en équipe de France. Il ne faut jamais oublier que c'est grâce à lui qu'elle s'en est sortie face à la Roumanie (2-1) et a parfaitement lancé son Euro à la maison.

Lemar vs Payet
  • L'alternative plus que crédible : Thomas Lemar

Il aurait dû faire de l'ombre à Payet. Son début de saison canon et sa prestation étincelante, assortie d'un doublé, face aux Pays-Bas (4-0) le 31 août dessinaient une passation de pouvoir. Mais Thomas Lemar s'est blessé et a vécu une semaine très difficile face à Porto (0-3) et Montpellier (1-1) pour son retour à la compétition. Lemar tire la langue. Avec 2 passes décisives et aucun but, sa saison à Monaco souffre de la comparaison avec la précédente. Une grosse incertitude entoure sa forme du moment.

Thomas Lemar (Monaco) dépité face à Montpellier

Thomas Lemar (Monaco) dépité face à MontpellierGetty Images

  • La surprise du chef : Moussa Sissoko

On le sait dans un 4-4-2, Deschamps a toujours la tentation Sissoko dans un coin de la tête. Si Kylian Mbappé devait débuter à droite, le sélectionneur pourrait rééquilibrer son onze avec le colosse de Tottenham. L'ancien Toulousain s'est enfin fait une place chez les Spurs et il est plutôt convaincant depuis le début de saison. Le meilleur joueur français de la finale de l'Euro possède un profil que le sélectionneur apprécie particulièrement : Sissoko amène du muscle, de la stabilité et de la rigueur dans un onze porté vers l'avant. Mais cette alternative reste très peu probable. D'abord parce que Sissoko à gauche, ce serait inédit. Ensuite, parce que les Bleus auront besoin de Payet ou Lemar pour tirer les coups de pied arrêtés indirects.

Moussa Sissoko dominateur contre la Bulgarie

Moussa Sissoko dominateur contre la BulgarieAFP

Notre avis : Dimitri Payet. Lemar traverse une mauvaise passe et Sissoko est un recours trop baroque à gauche.

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