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France - Espagne (0-2) - La jeunesse au pouvoir ? Patience…

La jeunesse au pouvoir ? Patience…

Le 30/03/2017 à 07:31Mis à jour Le 30/03/2017 à 13:06

EQUIPE DE FRANCE – Si le réservoir des Bleus est rempli de talents, la leçon infligée par l'Espagne (0-2) rappelle qu'il ne faut pas brûler les étapes. Le lifting intégral, ce n'est pas pour tout de suite. L'équipe de France a construit ses succès récents sur une base solide. La révolution attendra.

Sergio Ramos, Gerard Piqué, Sergio Busquets et Andrés Iniesta ont rappelé ce mardi une règle qu'on avait eu tendance à oublier cette semaine alors que Clairefontaine plongeait en plein bain de jouvence. La trentaine n'est pas forcément un naufrage. Si les Espagnols ont marché sur les Bleus au Stade de France, c'est d'abord parce qu'ils ont su enrayer la fougue tricolore avec expérience et maîtrise. Durant ce rassemblement, la France a semé des promesses. Elle a aussi exposé les limites de son jeune âge.

Face à l'Espagne, Adrien Rabiot (21 ans), Layvin Kurzawa (24 ans), Corentin Tolisso (22 ans) et Tiémoué Bakayoko (22 ans) ont soudain fait leur jeunesse. Après leur début de saison déroutant, leur démonstration en Ligue 1 et en Coupe d'Europe, le quatuor a souffert face aux champions du monde 2010 et d'Europe 2012. Ils ont mesuré le chemin qui les éloigne encore du plus haut niveau : "J'ai pu me rendre compte que le niveau international, c'était autre chose", a confié Tiémoué Bakayoko. "Même par rapport à la Ligue des champions ou à la L1." Didier Deschamps avait prévenu. L'équipe de France, ce n'est pas anodin. Même pour ces pépites sur lesquelles tout semble glisser, même pour ces talents qui dévorent chaque compétition avec appétit.

Adrien Rabiot lors de France - Espagne

Adrien Rabiot lors de France - EspagnePanoramic

Matuidi, Pogba, Sagna et Evra en sortent renforcés

Pour ceux, et ils sont nombreux sur les réseaux sociaux, qui appelaient à une révolution et aux promotions express de Rabiot au milieu, Kurzawa à gauche ou Mbappé en pointe, le match face à l'Espagne a rappelé que l'expérience est un bien précieux à ce niveau. Les absences de Paul Pogba, Blaise Matuidi, Bacary Sagna et même de Patrice Evra, les tauliers, ont fini par peser lourd mardi à Saint-Denis. Alors que Giroud, auteur d'un doublé au Luxembourg, a rappelé qu'il faudrait encore et toujours compter sur lui.

Mais la jeunesse, c'est aussi le temps des échecs. "Ils ont le droit à l'erreur", a répété Didier Deschamps à Clairefontaine. Ousmane Dembélé a prouvé entre novembre et mars qu'une première ratée n'est pas une fatalité. Complètement transparent pour sa toute première titularisation face à la Côte d'Ivoire en novembre, sans doute crispé par le poids du maillot, l'ailier aux jambes de feu a rendu fou le Luxembourg et son entrée en jeu pleine de panache face à la Roja a confirmé que ses hésitations étaient derrière lui. Parmi le vivier des moins de 23 ans, il fut le plus séduisant lors de ce double rendez-vous.

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Deux têtes qui dépassent : Dembélé et Mbappé

Reste le phénomène. Celui qui ne fait rien comme les autres : Kylian Mbappé. Lui "absorbe la pression", comme le définit parfaitement son équipier à Monaco, Tiémoué Bakayoko. Très à l'aise pour les quelques minutes face au Luxembourg, comme un poisson dans l'eau à la pointe des Bleus mardi, Mbappé a montré que le stress des grandes premières n’avait aucune emprise sur lui. Il n'est pas du genre à avoir le pied qui tremble et a déjà pris rendez-vous pour la suite des évènements. Le Monégasque est l'exception qui confirme la règle. Avec lui, il n'est pas nécessaire d'être patient.

Kylian Mbappé lors de France - Espagne

Kylian Mbappé lors de France - EspagneAFP

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