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Mondial 2018 - Suède-France : Benjamin Mendy n’est pas encore indispensable, mais il fait tout pour

Mendy n’est pas encore indispensable, mais il fait tout pour

Le 07/06/2017 à 23:31Mis à jour Le 08/06/2017 à 08:47

EQUIPE DE FRANCE - Du haut de ses deux sélections, Benjamin Mendy a encore tout à découvrir du monde des Bleus. Le joueur de 22 ans, qui sera sans nul doute titulaire en Suède vendredi (20h45), a toutefois offert de nouvelles perspectives à Didier Deschamps.

Les passionnés de football en général et de l’équipe de France en particulier en connaissent un rayon sur le culte des grands espoirs déchus : ces joueurs promis à un bel avenir et qui manquent finalement le rendez-vous avec leur destin. Loin de nous l’idée de présager du pire pour Benjamin Mendy, ni même de jouer les oiseaux de mauvais augure, mais il serait maladroit d’affirmer ici, à ce stade de son parcours, qu’il est déjà un joueur accompli.

Celui qui fêtera ses 23 ans dans un mois a bien plus de rencontres à faire et à disputer dans un futur proche que d’histoires à raconter sur son début de carrière. On peut espérer pour lui qu’il découvre et comprenne à terme les nombreuses facettes de ce jeu, qu’il continue de voyager à travers le monde en vivant des émotions fortes, qu’il parvienne à se sublimer au sein de ses différents collectifs : qu’il s’épanouisse totalement, en somme, lors de ces dix prochaines années (au moins).

Remuant, puissant et décomplexé

A ce jour, il est vrai, Benjamin Mendy est déjà un footballeur de grand talent. Le latéral gauche progresse sans cesse depuis ses débuts havrais en pro en 2011 et il vient en prime de connaître une saison assez folle à Monaco sur le plan des résultats (un championnat de France glané et une demi-finale de Ligue des champions atteinte). Sans surprise, son arrivée en équipe de France est venue donner du relief à ce contexte positif. Mieux, l’ancien Marseillais a fêté ses deux premières sélections avec beaucoup d’envie et d’audace, avec beaucoup de plaisir.

Sur le plan du jeu, Mendy a profité du faible niveau des adversaires tricolores pour se concentrer sur ce qu’il fait de mieux : aller de l’avant. Très remuant pendant une grosse heure lors du carton en amical contre le Paraguay vendredi (5-0), à la faveur (entre autres) d’une impressionnante capacité athlétique, le Monégasque avait signé sa première cape en Bleu avec une passe décisive en éliminatoires du Mondial 2018 au Luxembourg (1-3) en mars. Plus globalement, il a réussi à lâcher les chevaux, au grand bonheur de Didier Deschamps.

Là encore, de nombreux footballeurs ont connu pareille réussite avant de se voir privés de ces nouvelles responsabilités. Pour faire écho au sujet Benjamin Mendy, on peut par exemple citer le parcours de Layvin Kurzawa en Bleu. Auteur de bons débuts et d’un match remarqué en Italie en septembre dernier (1-3, un but et une passe), le Parisien est aujourd’hui absent du groupe France, handicapé par les blessures et fortement concurrencé par Mendy et Lucas Digne. Preuve, s’il en fallait, que rien n’est jamais vraiment acquis.

Le centre, l'arme essentielle

Avec l’absence de Kurzawa (et celle plus durable de Patrice Evra), Benjamin Mendy a donc crevé l’écran lors de ses deux premières, au point de susciter un certain emballement et beaucoup d’espoir. Si la prudence doit servir à contrebalancer le premier point, l’analyse permet de légitimer le second.

Le footballeur très courtisé de Monaco a tout du latéral moderne : il court vite, il frappe fort, il est solide dans les duels, il est technique et peut se targuer d’une excellente qualité de centre. C’est sûrement ce dernier point qui fait la particularité du joueur et son attrait. Auteur de neuf passes décisives cette saison (5 en L1, 3 en C1, 1 en Bleu), Mendy dispose en prime d’une palette complète dans cet exercice. Il a fait briller Guido Carrillo, Valère Germain, Djibril Sidibé ou Olivier Giroud de la tête, il a su trouver Radamel Falcao lors de centres au ras du sol et s’est en outre fendu d’une belle ouverture en profondeur pour Kylian Mbappé à Montpellier.

Quel que soit le profil de l’attaquant tricolore, en résumé, la présence de Mendy renforce les chances de recevoir des balles de but au cours d’une rencontre. Et pour un buteur comme Giroud, en l’occurrence, cette donnée est loin d’être anodine. "Je n'avais jamais joué avec des latéraux aussi offensifs, a d'ailleurs lâché le Gunner mardi en conférence de presse à son propos ainsi qu'à l'attention de Djibril Sidibé. Cela apporte plus de cordes à mon arc, pour réceptionner les bons centres des latéraux."

Benjamin Mendy, le 2 juin 2017, lors d'un centre face au Paraguay.

Benjamin Mendy, le 2 juin 2017, lors d'un centre face au Paraguay.Getty Images

Un vrai binôme à gauche

"Il est bien, il est très bien, a pour sa part commenté Didier Deschamps lundi dans le même exercice. Il est performant, il dégage beaucoup de puissance et il fait, je trouve, un peu plus attention à la phase défensive." Même si l'on peut avoir certaines réserves sur cette dernière idée, le Monégasque commettant encore quelques erreurs de placement et d'inattention, on comprend aisément ses facilités d’intégration au sein d’un collectif. Et c’est d’autant plus évident quand il y retrouve des connaissances dans son couloir gauche.

Comme avec Thomas Lemar, son partenaire en club qui a réussi des entrées intéressantes en Bleu en tant que joker, Mendy forme avec Dimitri Payet un vrai binôme sur l’aile gauche : celui qui avait œuvré à l’OM en 2013-2014 et en 2014-2015 sous Marcelo Bielsa. Que ce soit contre le Luxembourg ou le Paraguay, des automatismes et une belle entente ont sauté aux yeux, permettant des sorties de balles plus rapides après les phases défensives ou des actions plus spontanées à l’autre bout du terrain. A défaut d’avoir son nouveau taulier dans le couloir gauche, Didier Deschamps peut se réjouir d’une telle actualité.

Payet, Sidibé, Mendy et Lemar (de g. à d.) à l'entraînement des Bleus.

Payet, Sidibé, Mendy et Lemar (de g. à d.) à l'entraînement des Bleus.Getty Images

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