L'heure de vérité est arrivée pour les Bleuets. Après avoir facilement disposé de la Bosnie-Herzégovine (4-0) vendredi, les hommes de René Girard se déplacent en Roumanie pour la "finale" du groupe 10 des qualifications pour l'Euro Espoirs. Tenus en échec au match aller (1-1), les Tricolores doivent s'imposer pour écarter leur principal rival et rester maîtres de leur destin. Pour cela, ils compteront sur leur force de frappe offensive retrouvée, symbolisée par Yoann Gouffran, Jérémy Menez, Dimitri Payet... et Issiar Dia. Le Nancéen est peut-être le moins connu des quatre, mais c'est bien lui qui a fait la différence face aux Bosniaques en délivrant deux passes décisive. Sur son côté droit, il a confirmé avec les Bleuets sa montée en puissance au sein d'une équipe nancéienne en pleine confiance.
Sa saison n'avait pourtant pas commencé de la meilleure des façons. Victime d'un claquage lors du match nul de Nancy à Marseille (2-2) dès la 3e journée de Ligue 1, Dia avait dû observer une période de repos d'un mois. Pas idéal pour bien démarrer le nouvel exercice, mais l'attaquant d'origine sénégalaise n'avait pas manqué son retour en inscrivant un but face à Boulogne-sur-Mer pour contribuer à la qualification de son équipe pour les seizièmes de finale de la Coupe de la Ligue.
Un simple coup de semonce. Dix jours plus tard, Dia a remis ça lors de la victoire de l'ASNL à Monaco (1-3). Auteur du deuxième but, à la conclusion d'un contre rondement mené, l'attaquant nancéien a déjà égalé son total de la saison passée en Ligue 1 au sein d'une formation qui occupe actuellement la deuxième place du classement. Il ne s'en satisfait pas pour autant. "Je suis frustré malgré tout car j'ai eu quelques pépins physiques qui m'ont empêché de vraiment m'exprimer. Il faut que je fasse ce qu'il faut pour que cela ne m'arrive plus ou vraiment moins souvent. Je dois également encore progresser à tous les niveaux mais particulièrement face au but adverse. Je ne suis pas nécessairement maladroit mais je sens que je peux faire beaucoup mieux que ce que je propose aujourd'hui", a-t-il déclaré sur football.fr.
"Pas brûler les étapes"
La marge de progression existe, même si le joueur est déjà sur une trajectoire ascendante. Son temps de jeu à Nancy est supérieur par rapport à l'an passé, et son influence sur le jeu et les résultats de la formation lorraine ne cesse de grandir. Et sa performance avec les Espoirs face à la Bosnie-Herzégovine devrait également lui octroyer un rôle et des responsabilités plus importants au sein de la sélection de René Girard. Dia monte en puissance, et sa notoriété ne devrait pas tarder à dépasser le cadre hexagonal.
C'est même déjà le cas selon l'intéressé. "Je sais que les sollicitations existent mais je ne veux surtout pas brûler les étapes. Mes agents savent beaucoup de choses que je refuse d'apprendre pour ne pas me déconcentrer. Qu'on me laisse jouer au football comme je sais le faire car, si je me fixe un plan de carrière en me disant, par exemple, à 22 ans je quitte la Ligue 1 et que jusque là je suis nul... Tout est une question de maturité de jeu", explique-t-il. Grandir encore. Tel est l'objectif d'Issiar Dia, tant avec Nancy qu'au sein de l'équipe de France Espoirs. Avec ce match à fort enjeu en Roumanie, l'attaquant lorrain aura l'occasion d'acquérir l'expérience d'un grand rendez-vous. L'un des premiers à l'aube d'une carrière qui en comptera peut-être beaucoup.
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