Après comptes d'apothicaires, les Bleuets sont toujours en vie. Près de l'hallali après leur défaite face au Pays de Galles (4-2), crépuscule de l'ère René Girard, les Bleuets version Erick Mombaerts ont réussi leur difficile pari: se qualifier pour les barrages de l'Euro 2009 les 11 et 15 octobre prochain. Un scénario plus fort que de jouer au bouchon. Ce succès tiré par les cheveux (1-0) à Sarajevo face à une formation bosniaque qui l'avait sauvé en arrachant le nul face à la Roumanie (1-1) aura suffi. Mais c'est passé à un fil...du rasoir! Précédé par le Pays de Galles, vainqueur sans discussion de la Roumanie (3-0) à Cluj, les Tricolores n'ont obtenu leur sésame qu'en finissant dans les quatre meilleurs deuxièmes. Un dénouement heureux lorsqu'on sait que cinq formations les précédaient aux points avant ce match couperet. Heureux mais courageux aussi.
Bien loin de l'image virevoltante et dévastatrice laissé face à Malte à Boulogne-sur--Mer, les Bleuets ont dû lutter bec et ongle face aux joueurs des Balkans, auteurs d'un pressing étouffant dans un stade déserté, à l'atmosphère anonyme. La vivacité de Mounier, qui avait fait merveille face à Malte sur son couloir gauche, n'a plus été qu'un lointain souvenir et les montées de Sissoko, préféré à Grandin, trop peu fréquentes sur la droite pour créer la brèche. Incapables d'envelopper son adversaire et d'offrir des opportunités à Nimani, laissé seul en pointe, les Bleuets s'en sont souvent remis aux pénétrations axiales.
Un sauveur nommé Bellaid
Sur un bon ballon de Rémi, Matuidi met une première fois Nurkovic à contribution (21e), avant que Mounier, à l'entrée de la surface, ne dévisse sa frappe (37e). Mais les errements défensifs des espoirs, à l'image de leurs aînés, auraient pu les condamner à une élimination précoce, comme en 2006. Mettant à profit un petit pont sur Kaboul, Mahmutovic est tout près d'une ouverture du score qui aurait tout changé (3e). Finalement, l'heure de jeu sera l'heure des Tricolores. Après une tentative de Matuidi renvoyé par le poteau (62e), les Bleuets trouvent la faille sur coup de pied arrêté. Une phase de jeu sur laquelle les Bleus ont été humiliés par l'Autriche, mais qui leur donne la rédemption.
Sur le corner de Mounier, le pied adroit de Cabaye trouve la tête victorieuse de Bellaid (0-1, 68e). Un coup de boule qui redonne de l'espoir et des sourires dans un match cadenassé à double tour. Mahmutovic donnera bien de nouvelles sueurs froides en trouvant le poteau de Ruffier (74e), mais les hommes de Mombaerts maîtres de la fin de match, à l'image de Monnet-Paquet, brillant renfort après la bévue de Gouffran, tiennent leur victoire. Une petite victoire par le plus petit des scores. Mais une victoire d'honneur. Au coup de sifflet final, Erick Mombaerts peut serrer le poing. Il n'a pas baissé la tête. Lui.
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