Football - Qualifications Euro 2008
13/10/2007 - 03:00Gallas, le grand frère
Enfin apte après deux mois d'absence sur blessure, William Gallas a hâte de retrouver son rôle de cadre de la défense de l'équipe de France. Le Gunner servira de guide pour ses jeunes coéquipiers d'Arsenal, appelés pour le match aux Iles Féroé, crucial dans la course à l'Euro 2008, samedi.
Deux mois qu'on ne l'avait plus vu sur un terrain. Cette longue indisponibilité a paru une éternité pour le joueur d'Arsenal, sur le flanc depuis le 19 août pour des soucis aux adducteurs. D'autant que sans son habituel porte-bonheur, les Français se sont singulièrement compliqués la tâche en butant pour la deuxième fois sur l'obstacle écossais. A croire que l'absence de Gallas, invaincu sous l'ère Domenech, est le petit grain de sable capable à lui seul d'enrayer la mécanique bleue.
Mais le N. 5 des Bleus ne veut pas entendre parler de cette étiquette - "c'est un hasard", confie-t-il - et rumine plutôt son impatience d'en découdre. "J'ai des fourmis dans les jambes, indique Gallas. Cela fait sept semaines que je suis blessé et c'est la deuxième en un an. J'ai envie d'être sur le terrain avec mes coéquipiers, prendre du plaisir. J'ai tout fait pour ne pas refaire les mêmes erreurs que la saison dernière. J'espère que tout ira bien."
Gallas est devenu, bien malgré lui, un habitué de l'infirmerie. Avant de renoncer aux trois premières rencontres de la saison contre la Slovaquie (1-0), l'Italie (0-0) et l'Ecosse (0-1), en raison d'adducteurs douloureux, c'est une cuisse meurtrie qui l'avait déjà privé de l'aller à Glasgow le 7 octobre 2006, première défaite des Bleus en qualification à l'Euro, et du premier match amical de 2007 face à l'Argentine (0-1), le 7 février. Il connaît ainsi à merveille les écueils à éviter et les difficultés dans "le positionnement, les réflexes" qui risquent de le handicaper lors de son retour. "Au poste auquel je joue, cela demande pas mal de boulot, il faut regarder à gauche, à droite, ne pas être focalisé que par le ballon, explique-t-il. Au début ce n'est pas évident."
"Des fourmis dans les jambes"
Face à l'une des équipes les plus faibles de la planète (193e au classement Fifa), William Gallas est conscient qu'une large partie de son travail devrait consister à encadrer ses troupes plutôt qu'à défendre une cage française qui ne devrait guère être sollicitée par les attaquants féringiens. Même s'il accueille son nouveau statut avec circonspection. "Cela me fait bizarre, affirme-t-il. Cela montre que c'est allé très vite. Il y a quelques années, j'étais un petit jeune et maintenant je suis l'un des plus anciens, avec de nouvelles responsabilités comme Lilian, Patrick, Titi (Henry)."
La présence de quatre jeunes pousses d'Arsenal (Flamini, Lassana Diarra, Diaby, Sagna) incite pourtant davantage Gallas, du haut de ses 56 sélections, à se faire violence et à jouer les grands frères. "On discute beaucoup, que ce soit ici (à Clairefontaine, ndlr) ou en Angleterre, avoue-t-il. Mais c'est plutôt eux qui viennent me voir. A eux d'être plus matures. Ce sont des joueurs qui vont apprendre à chaque match, qui ont beaucoup de qualités pour leur âge. Il leur manque encore des choses mais ils vont l'acquérir vite et prendre des responsabilités." L'autorité naturelle de Gallas et sa stature de patron de la défense, aux côtés de Lilian Thuram, devraient forcément les y aider.

















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