Dans la touffeur de l'actualité rugbystique et d'une Coupe du monde qui est en train de sourire aux Bleus, les autres Bleus, ceux que les joueurs du XV de France aiment surnommer les Manchots, vont tenter de suivre la voie indiquée par leurs cousins de l'Ovalie. De retour sur le devant de la scène après un mois de septembre qui ne leur a pas vraiment souri, les hommes de Raymond Domenech ont au moins l'avantage de savoir ce qu'il leur reste à faire pour rallier la Suisse et l'Autriche en juin prochain. Mieux, l'équipe de France a encore son destin entre les mains : trois victoires lors de leurs trois dernières sorties et les Tricolores seront à l'Euro 2008.
A l'heure de se lancer dans l'avant-dernière ligne droite avec deux rencontres à venir aux Iles Féroé, samedi, et face à la Lituanie, mercredi prochain à Nantes, les Bleus pointent à la troisième place du Groupe B. Avec 19 points, les hommes de Raymond Domenech comptent une longueur de retard sur l'Ecosse et deux sur l'Italie. La position eut pu être plus favorable si, le 12 septembre dernier, un dénommé James McFadden n'avait pas eu l'idée de décocher une frappe improbable de trente-cinq mètres et de crucifier des Bleus bien pâlots (0-1).
La semaine qui s'ouvre est donc essentielle, voire cruciale, pour l'équipe de France. Aux Féroé et face à la Lituanie, pas d'alternative : il faut gagner. Les 23 joueurs sélectionnés, réunis dès aujourd'hui à Clairefontaine, en savent quelque chose. Si tel n'est pas le cas, Raymond Domenech sera là pour leur rappeler : "La situation n'est pas facile. C'est inconfortable car il n'y a pas de joker mais, en même temps, c'est motivant, excitant. A nous de faire le boulot avec le couteau sous la gorge. Mais c'est ce qui fait la force des grandes équipes. On n'a pas le droit de faillir. Tout le monde doit être présent pour cette qualification qui va se jouer sur un petit mois." Tout le monde sauf David Trezeguet, qui n'est définitivement pas dans les petits papiers du patron des Bleus, ni Patrick Vieira, blessé et logiquement laissé au repos.
"Nous passerons avec l'Ecosse"
Heureusement, l'équipe de France pourra faire avec William Gallas. Le porte-bonheur de Domenech, qui n'a pas disputé la moindre minute d'Arsenal - Sunderland (3-2) dimanche, est tout de même prêt à reprendre la compétition cette semaine. "Le coach a préféré me ménager (dimanche) mais j'aurais pu jouer. Physiquement, tout va bien. J'ai repris l'entraînement vendredi et je peux jouer samedi avec l'équipe de France." Sauf surprise, le Gunner sera donc aux côtés de Lilian Thuram sur la pelouse champêtre de Torshavn. Là où la France avait peiné en septembre 2004. En pleine reconstruction, les Français s'étaient imposés 2-0 dans la douleur et même à dix après l'expulsion de Patrick Vieira. C'était le temps des doutes.
Si les derniers résultats ont refroidi l'enthousiasme tricolore, on n'en est pas à trembler de peur avant de refaire le voyage vers les Iles Féroé. "Perdre face à l'Ecosse a été comme prendre un coup de poing au visage. Cela a été dur à digérer et encore plus difficile à accepter, confesse Frank Ribéry. Mais encore maintenant, je ne suis pas effrayé du tout. La France ne sera pas éliminée parce que je suis certain que nous passerons du Groupe B avec l'Ecosse au mois de novembre." Espérons que le milieu de terrain du Bayern Munich est aussi bon pronostiqueur que footballeur.
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