Le mois de juin réussit décidément bien à Franck Ribéry. En 2006, il lui avait permis de se révéler au niveau international en réussissant une bonne Coupe du monde, dans la foulée de son excellente saison marseillaise. Malgré son inexpérience à ce niveau, le natif de Boulogne-sur-Mer s'était montré décisif, notamment en inscrivant un but face à l'Espagne en huitième de finale, et avait largement contribué au bon parcours des Bleus jusqu'en finale du Mondial allemand. Comme la majorité des Bleus inscrits dans cette compétition, Ribéry a connu une suite plus délicate. Discret en début de saison malgré quelques coups d'éclats avec Marseille, l'Olympien s'était blessé à la mi-novembre. De retour sur les terrains à la trêve, il a eu une reprise poussive avant de retrouver son niveau de jeu au à l'arrivée du printemps.
Jusqu'à ce fameux mois de juin. S'il était sous les feux des projecteurs avant les deux rencontres capitales de l'équipe de France contre l'Ukraine et la Gérogie, c'était surtout par rapport à son actualité sur le marché des transferts. Dans le jeu, c'est plutôt Samir Nasri et Djibril Cissé qui lui ont volé la vedette en menant l'OM vers la Ligue des Champions. Ribéry a remis les pendules à l'heure sous ce maillot bleu qui lui avait tant réussi il y a un peu moins d'un an, à quelques jours d'un Mondial allemand qui lui a fait prendre une autre dimension.
Cela ne s'est pas joué à grand chose. Face à l'Ukraine, celui qui sera certainement au Bayern Munich la saison prochaine a connu une partie inégale, avec notamment beaucoup de ballons perdus en première période. Face à des Ukrainiens très regroupés, il a eu du mal à faire parler son pouvoir d'accélération et sa qualité de passe. A tel point que Raymond Domenech comptait le remplacer par Djibril Cissé en cours de deuxième période. Nul ne sait si le choix du sélectionneur national a pesé sur l'attitude de Ribéry. Mais c'est en tout cas le moment qu'il a choisi pour sortir de sa boîte. Bien servi par Claude Makelele, le milieu offensif des Bleus a ouvert la marque après avoir éliminé le gardien, débloquant ainsi une situation délicate pour son équipe. Et il n'est sorti que dans le temps additionnel de la rencontre.
La complicité avec Nasri
Remis en confiance, le Marseillais a réussi un match plein contre une équipe géorgienne ultra-défensive. Plein de jus, il a multiplié les appels et les tentatives de dribbles, faisant preuve d'une grande disponibilité sur le front de l'attaque. Son entente avec Samir Nasri a fait merveille, à l'image du but inscrit par les Bleus. Après avoir pris le ballon sur le côté droit, éliminé plusieurs défenseurs pour rentrer dans la surface avant de donner un très bon centre en retrait, légèrement dévié, repris victorieusement par son futur ex-coéquipier.
Plus discret en seconde période, Ribéry n'en reste pas moins le joueur qui a fait la différence sur ces deux rencontres si capitales dans la course à la qualification pour l'Euro-2008. Si elles n'étaient pas les plus délicates sur le papier, leur placement dans le calendrier, synonyme de manque de fraîcheur physique, et la perspective de jouer contre des formations n'ayant d'autre ambition que de ramener un point plaçaient les Bleus dans une situation délicate. Ils ont d'ailleurs éprouvé les pires difficultés à se défaire de l'Ukraine et de la Géorgien, et la fatigue s'est clairement fait sentir dans le dernier geste chez les hommes de Raymond Domenech. Dans ce contexte, les performances de Franck Ribéry ont été d'autant plus précieuses pour l'équipe de France. Elles sont venues rappeler non seulement qu'il faut des joueurs capables de briller au mois de juin, si mal placé soit-il dans le calendrier du football, et que le milieu offensif des Bleus en faisaient partie.
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