Le titre n'est pas encore en jeu, mais l'avantage psychologique si. Et depuis quinze jours, l'ensemble de la presse sportive italienne met en scène le match entre les deux leaders, au point de délaisser l'équipe nationale, victorieuse en Arménie et contre le Danemark (3-1 chaque fois), ce qui a agacé le très placide sélectionneur, Cesare Prandelli. Les deux équipes abordent le match fortes de six victoires et un nul en Serie A mais la Juve reste favorite. Elle est tenante du titre, invaincue depuis 45 matches en Serie A, détient 28 titres de champion, contre 2 pour Naples, et son effectif est constellé d'internationaux.
Mais le Napoli de Walter Mazzarri ne déteste pas ce rôle d'outsider. Les supporters napolitains évoquent à l'envi sur les forums internet l'historique victoire 3-1 remportée par la bande à Maradona dans les mêmes conditions la saison de leur premier titre (1986-87). Cette fois aussi la Juve était favorite, et menait 1-0... Naples est également la seule équipe au monde à avoir battu la Juve depuis le mois de mai 2011, 2-0 lors de la dernière finale de Coupe d'Italie.
Fiat contre Midi
Enfin si Antonio Conte, l'entraîneur (suspendu jusqu'en décembre) de la Juve, s'appuie sur la défense de l'équipe d'Italie et le génie d'Andrea Pirlo, Mazzarri aussi possède quelques grands joueurs, Marek Hamsik et Edinson Cavani en tête. L'attaquant uruguayen est sans doute le seul joueur que la Juve peut envier au Napoli, un buteur de classe internationale qu'elle ne possède pas dans ses rangs. La différence de qualité réside surtout en défense, où le trio Salvatore Aronica-Paolo Cannavaro-Hugo Campagnaro ne peut pas rivaliser avec la triplette azzurra Andrea Barzagli-Leonardo Bonucci-Giorgio Chiellini de la Juve. Mais le gardien international Gianluigi Buffon, touché aux adducteurs, pourrait être forfait.
La géopolitique de la Botte achève de pimenter ce match entre les deux premiers, synthèse de la rivalité Nord-Sud de l'Italie. Juve-Naples, c'est aussi les chansons hostiles des tifosi, ceux de la Juve insultant les "pauvres" du "Mezzogiorno" (le Midi), les Napolitains traitant en retour les Turinois d'esclaves de la Fiat (le constructeur automobile). Seuls 2000 Napolitains ont reçu un billet pour le Juventus Stadium, mais l'ambiance promet d'être électrique.
Après ce choc, la Lazio Rome, troisième, recevra le Milan AC en perdition (11e), où Massimiliano Allegri joue gros, malgré l'assurance d'Adriano Galliani et de Silvio Berlusconi sur la stabilité de son poste. Si le Milan ne décolle pas, l'entraîneur finira par perdre la confiance des dirigeants "rossoneri". Robinho est à nouveau blessé, Pato pas encore prêt, le Milan compte beaucoup encore une fois sur les 19 ans de Stephan El Shaarawy, décevant lors du derby perdu contre l'Inter (1-0).
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