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Jusqu’où l’exigence du tifoso peut-elle être tolérée ?

Jusqu’où l’exigence du tifoso peut-elle être tolérée ?

Le 10/07/2017 à 10:32

SERIE A - Faire part de son mécontentement est un des droits sacrosaints du supporter qui est avant tout un consommateur. Or, il ne doit pas perdre de vue le produit qu’il a choisi. Ainsi, certains coups de gueule sont parfois difficiles à comprendre.

Cela a commencé par des banderoles de contestation, un classique en Italie, et cela s’est conclu, pour le moment, par une mini-manifestation organisée par une partie des ultras de la Fiorentina. Le contenu du cahier des charges ? Saison décevante, direction absente et tout le toutim. Le 26 Juin, un communiqué publié sur le site officiel de la Viola récitait ces mots : « Les propriétaires de l’ACF Fiorentina annoncent être absolument disponibles, vue l’insatisfaction d’une partie des supporters, à s’écarter et mettre le club à disposition de ceux qui veulent l’acheter pour pouvoir le gérer comme bon leur semble. » Les frères Della Valle en ont leur claque d’être régulièrement remis en cause alors que le club se porte bien. Une situation à la limite du paradoxal que vivent les propriétaires d’autres équipes renommées.

La Fiorentina est bien à sa place

2017, Borja Valero, Fiorentina, Getty Images

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La contrariété des supporters découle également de la vente imminente de plusieurs cadres de l’équipe. Concernant Borja Valero, les torts sont encore à attribuer, mais les cas Kalinic et Bernardeschi sont limpides. L’attaquant croate a clairement annoncé vouloir être transféré au Milan, tandis que l’ailier a refusé une prolongation de contrat avec une jolie hausse de salaire à la clé pour tenter de finir à la Juve. Quelle est la faute des dirigeants ? De ne pas faire miroiter des objectifs illusoires à leurs joueurs ? De rester dans les clous de leur budget afin de ne pas risquer une nouvelle banqueroute ? En 15 ans, Diego et Andrea Della Valle ont injecté 220 millions pour compenser les pertes tout en ramenant rapidement le club à sa place (8 qualifications européennes en 13 tentatives). Que peuvent-ils faire de plus ?

Eux aussi font quasiment le maximum

2017, Kostas Manolas, Roma, Getty Images

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Même topo pour la Lazio, européenne six fois en dix ans et donc elle aussi dans les cordes. C’est vrai, on parle de clubs capables de remporter le scudetto au début de ce millénaire, mais à quel prix ? La faillite était assurée sans la bienveillance de l’état italien. Même du côté de Naples, les reproches ne sont pas rares alors que le Napoli est devenu un modèle de gestion économique, et propose une qualité de jeu que tout le monde loue, sans oublier les huit qualifications européennes consécutives.

Combattre la frustration par la trahison ?

Diego Della Valle, Andrea Della Valle, Fiorentina, 2013 (Getty Images)

Diego Della Valle, Andrea Della Valle, Fiorentina, 2013 (Getty Images)Getty Images

Alors, l’esprit contestataire a aussi pour utilité de maintenir les dirigeants en alerte, mais parallèlement, il serait souhaitable de savourer un peu mieux une finale de coupe, une seconde place, une campagne européenne, une gestion financière saine ou un bon mercato. Dans le cas contraire, il ne reste qu’une solution, retourner sa veste et se mettre à supporter la Juve, le Milan ou l’Inter où les instincts primaires du tifoso ont plus de chances d’être assouvis.

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