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La Juve a encore la gueule de bois et son mercato estival pourrait être délicat

La Juve a encore la gueule de bois et son mercato estival pourrait être délicat

Le 23/06/2017 à 09:14Mis à jour Le 23/06/2017 à 13:44

SERIE A - Largement battue en finale de la Ligue des champions par le Real Madrid (4-1), la Juve peine à reprendre ses esprits et s’apprête à affronter un mercato plus mouvementé que prévu.

"Vincere non è importante, è l'unica cosa che conta". Gagner n’est pas important, c’est la seule chose qui compte. Un adage un poil pompeux mais retranscrivant bien la soif de victoire de la Juve. Or, pas d’exception, on doit également l'appliquer à la dernière finale de Ligue des champions conclue par une défaite aussi cinglante qu’inattendue. L'épilogue douloureux (revers 4-1) d’une nouvelle saison triomphale. Joueurs, entraineur et dirigeants ont pu se rendre compte du fossé qui sépare le statut de finaliste de celui de vainqueur. Voilà trois semaines que le "monde Juve" rumine sur cette seconde période complètement loupée. Pas d'alarmisme inutile ? Pas cette fois, car des effets secondaires sont à craindre.

Les alibis, c'est fini

Quelle est la seule équipe à avoir éliminé le Real Madrid en Ligue des champions ces quatre dernières saisons ? La Juve, en demi-finale, il y a deux ans. Un lot de consolation qui montre que la formation turinoise est bien dans le coup sur la scène européenne, mais ça ne suffit pas ou plus. L'alibi de la puissance économique convainc de moins en moins. La Juve occupe la 10e position de la Money League et une présence en quart de finale signifie un résultat déjà en phase avec ses moyens.

2017, Gigi Buffon, Juventus, Getty Images

2017, Gigi Buffon, Juventus, Getty ImagesGetty Images

Mais on ne peut raisonner de la sorte, tout comme le sempiternel conte de fées du club qui renaît de ses cendres après l'ouragan de l'été 2006 (relégation administrative) est désormais de l'histoire ancienne. Sous tous les aspects, les bianconeri se sont mis dans les conditions d’être un prétendant légitime à la victoire en Ligue des champions. Il n'y a plus d'excuse, il ne faut plus minimiser. La malédiction des finales perdues ne sert qu’à faire de jolis titres dans les journaux. Cette rencontre a été un échec cuisant d’un point de vue physique, technique et mental. De prétendant à favori, il y a encore un cap à franchir.

L’effet domino ?

Un élément en particulier n’a pas apprécié le dénouement final. Arrivé l'an passé, Dani Alves a été ultra-décisif dans la dernière ligne droite (tous les buts contre Monaco viennent de ses pieds) mais il est déjà prêt à plier bagages. Les conditions de son départ - il est plus ou moins allé au clash - sont particulières et ressemblent à un caprice pour rejoindre Pep Guardiola à Manchester City.

Mais il faut savoir analyser ce comportement en filigrane. Lire entre les lignes. Et si l'ancien blaugrana avait vu une équipe incapable de pouvoir faire mieux ? De se hisser au niveau des tout meilleurs sur le plan psychologique ? "Pour être numéro un, vous devez avoir la tête libre", récite Gigi Buffon à la télé italienne dans une publicité pour un célèbre shampoing antipelliculaire. Savoir évoluer à 100% de son potentiel dans toutes les conditions et en toutes circonstances, la Juve n’y arrive pas encore.

Dani Alves

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La perplexité du Brésilien, qui s'était vite imposé comme un des points de repère du vestiaire, pourrait entraîner d’autres départs. Nous ne sommes qu'au mois de juin et le mercato est constitué de rumeurs, mais il est absolument certain que des joueurs-clés se posent des questions sur leur avenir. C'est le cas de Bonucci et Alex Sandro extrêmement courtisés en Premier League. "Ce qui est certain, c’est que nous ne retenons personne contre son gré, ce n’est pas une philosophie gagnante", a récemment déclaré Giuseppe Marotta directeur général de la Juve. Et se séparer de trois des quatre titulaires en défense, mais surtout trois joueurs parmi les meilleurs à leur poste au monde, quel genre de philosophie est-ce ?

Augmenter le degré d’exigence

La direction turinoise pourrait avoir beaucoup plus de travail que prévu cet été. A la base, elle partait pour conserver tous ses meilleurs éléments, confirmer son équipe-type et renforcer un banc de touche qui a montré ses limites en finale de la Ligue des champions. Un endroit où doivent s'asseoir des joueurs précédemment titulaires indiscutables dans des top clubs afin de créer une vraie concurrence, de mettre la pression sur les habituels titulaires.

Massimiliano Allegri

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Autrement dit, inutile de continuer d'empiler des Lemina, Cuadrado et autres Rincon. Ce dernier fut l’unique et inutile recrue de la dernière session de mercato hivernal. Il faut viser haut, sortir le chéquier mais aussi faire exploser la masse salariale. Le budget le permet.

L’alternative est de miser sur des prospects à la Patrik Schick. L’attaquant tchèque de la Sampdoria a déjà signé, il a été une des révélations de la dernière saison de Serie A mais doit encore découvrir le haut niveau. On a vu comment un talent comme Marko Pjaca a eu du mal à se mettre dans le bain ou combien Dybala a souffert de la pression d’un événement aussi important que celui du 3 juin dernier.

Enfin, il reste le cas clinique d'Higuain, allergique aux finales. En plus de veiller à combler correctement les départs et à renforcer son effectif, le coach Allegri va devoir récupérer moralement les écopés de Cardiff. Le programme est chargé mais il ne faudra rien négliger pour repartir à l’assaut d’un trophée devenu plus que jamais une véritable obsession.

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