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Cette saison, Bonucci a déjà réussi un double exploit : pénaliser le Milan et la Juve

Bonucci a déjà réussi un double exploit : pénaliser le Milan et la Juve

Le 26/10/2017 à 12:48Mis à jour Le 26/10/2017 à 17:06

SERIE A - Transfert phare du dernier mercato de Serie A, le défenseur italien a vu son niveau chuter depuis son arrivée au sein de sa nouvelle équipe, mais son ancienne le regrette.

L’ascenseur émotionnel est en train de sacrément secouer Leonardo Bonucci. Déjà fortement critiqué pour ses prestations décevantes sous ses nouvelles couleurs, il a porté lui-même le coup de grâce en décochant un coup de coude à Rosi lors de Milan-Genoa (0-0). Volontaire ou pas, le geste est dangereux et traduit surtout une extrême nervosité. Rouge mérité au bout de 25 minutes de jeu. Un jour plus tard, le défenseur italien assistait aux FIFA Football Awards à Londres pour y recevoir le trophée récompensant sa présence dans l’onze-type de la saison passée. Rarement un lauréat aura vécu une situation aussi contrastée, il faut dire que tout est allé très vite.

Le tapis rouge déroulé trop vite

"Le fond a été touché avec l’expulsion, maintenant il y aura une renaissance. Ce bain d’humilité lui a fait du bien, l’accueil au Milan a expédié son ego au 50e niveau d’un gratte-ciel". Celui du "Bosco Verticale" de Milan, plusieurs fois élus plus beau gratte-ciel du monde, serions-nous tentés d’ajouter. Ces propos ont été tenus par la personne qui connait probablement le mieux Leonardo Bonucci. Il s’agit d’Alberto Ferrarini, profession "mental coach", un motivateur avec des recettes bien à lui (comme les bonbons à l’ail !). Une des clés de la réussite de l’international italien.

Les rapports se seraient tendus entre les deux dernièrement, d’ailleurs - et via un post Facebook - Bonucci a de suite tenu à se dissocier des propos de son ancien mentor. Pourtant, ce dernier a vu juste, la source du malaise vient bien de ce 14 Juillet lorsqu’une foule de supporters en délire accueillit un joueur détesté encore quelques heures plus tôt. Cela a continué avec la présentation au public de San Siro avant Milan-Craoiva début aout et une Curva Sud aux anges. Un véritable tapis rouge. L’enthousiasme est compréhensible après des années de vaches maigres, mais reste que le défenseur est arrivé en terrain conquis et n’a eu aucun effort à fournir pour conquérir son nouveau peuple.

La direction du Milan y a mis également du sien en offrant le brassard de capitaine à Bonucci, un des symboles de la dictature de la Juve. Ferrarini en a remis une couche à ce sujet : "Quand il été quelquefois capitaine à Turin, ses prestations n’étaient pas terribles." L’effectif et le onze de départ ayant été profondément renouvelés, il restait peu de prétendants légitimes (Abate et Montolivo sont remplaçants), mais cette nomination était à double-tranchant. Bonucci a été désigné tête de gondole du nouveau Milan, que les choses aillent bien ou mal. Beaucoup de pression pour une recrue qui n’était même pas prévue dans le plan de relance du club.

El Once Ideal de 2017 de la FIFA, formado por: Gianlugi Buffon (Juventus de Turín); Dani Alves (PSG), Sergio Ramos (Real Madrid), Leonardo Bonucci (Milán), Marcelo (Real Madrid); Luka Modric (Real Madrid), Toni Kroos (Real Madrid), Andrés Iniesta (Barcelo

El Once Ideal de 2017 de la FIFA, formado por: Gianlugi Buffon (Juventus de Turín); Dani Alves (PSG), Sergio Ramos (Real Madrid), Leonardo Bonucci (Milán), Marcelo (Real Madrid); Luka Modric (Real Madrid), Toni Kroos (Real Madrid), Andrés Iniesta (BarceloGetty Images

Le faux débat de la défense à 3

Il faut le rappeler, le transfert du juventino a été une occasion saisie au vol. A la base, Montella devait se contenter de Musacchio (arrivé de Villarreal pour 18 millions d’euros) et continuer avec la défense à 4 instaurée l’an passé. C’est lui qui a poussé pour concrétiser l’opportunité Bonucci, mais cela a forcément conditionné ses plans. Quand un des meilleurs joueurs du monde à son poste débarque dans une équipe tombée en disgrâce, il devient automatiquement le joueur autour duquel construire le onze-type. De fait, après trois matches de Serie A en 4-3-3, le technicien napolitain est passé à 3 derrière, schéma dans lequel Bonucci a le plus souvent brillé dans sa carrière. Un revirement qui a anéanti les fragiles certitudes d’une formation en construction. Dans un contexte aussi délicat, le numéro 19 rossonero n’a pas eu le mental pour tirer ses nouveaux coéquipiers vers le haut, tandis que ses lacunes défensives déjà connues ont émergé.

Les stats sont sans appel, moins de ballons interceptés, de duels gagnés, de longues ouvertures par rapport à sa précédente expérience. Mauvais quand il s'agit de défendre, et pis, anonyme lorsqu'il s'agit de construire (sa qualité première). Des erreurs de précision, de marquage, de placement avec le carton rouge en bouquet final. En voulant faciliter l’adaptation de sa recrue phare, Montella a obtenu l’effet inverse oubliant que son capitaine s’en était très bien sorti dans la défense à 4 adoptée par Allegri lors de la seconde partie de la saison passée. Un premier test réussi quant à la capacité de Bonucci à jouer sans ses fidèles gardes du corps.

Vidéo - Allegri : "Bonucci ? Il a fait son choix, le transfert s'est fait en un jour"

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La Juve fait semblant de ne pas le regretter

On a parlé d’un bref échange de politesses lundi dernier à Londres entre Bonucci et Allegri (nommé dans la catégorie entraineur de l’année). Les deux hommes ne se supportaient plus et se sont quittés en mauvais termes. D'aucuns diront que les prestations actuelles du défenseur ne provoquent aucune nostalgie chez les tifosi juventini, plutôt contents de le voir se planter chez l’ennemi. Or, ils n’ont pas de quoi se réjouir. En le vendant, la Juve s’est séparée du plus jeune des trois membres de la fameuse BBC : Bonucci a 30 ans, Chiellini 33 et Barzagli 36.

En attendant l’arrivée de Caldara de l’Atalanta prévue pour l’été prochain, l’Allemand Höwedes a été engagé pour le remplacer numériquement, mais n’a pas encore effectué ses débuts à cause d’une blessure aux adducteurs. Ainsi, Mehdi Benatia et Daniele Rugani ont pu bénéficier d’une promotion dans la hiérarchie mais ils alternent les prestations en dents de scie, bien loin des standards de leur prédécesseur. Résultat, déjà 17 buts encaissés en 14 rencontres TCC, seulement 5 clean-sheet,et un manque d’automatismes, de points de repères, d’assurance. Tout simplement, si Bonucci est orphelin de la Vieille Dame, l’inverse est également valable.

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