Avec Abou Diaby, c'est toujours la même histoire. Soit il soit blessé, soit il est de retour et les espoirs sont légion. Voilà quelques années maintenant que cela dure. Aujourd'hui, le milieu de terrain est dans la deuxième phase et espère bien ne pas revivre la première. Comme souvent quand sa longiligne carcasse parcourt à nouveau les travées de Clairefontaine, on parle déjà de lui comme un messie alors qu'il n'a plus joué en bleu depuis le 9 juin 2011 et un amical en Pologne (1-0). "Je suis conscient de l'attente et mes responsabilités. A moi de les assumer", lance-t-il sans se cacher. Il pourrait difficilement faire autrement. Car s'il n'a joué que trois matches avec Arsenal en 2012/2013, il a déjà montré pourquoi Laurent Blanc se mordait les doigts de ne pas pouvoir compter sur ses longs compas plus souvent et regrettait amèrement son forfait à l'Euro.
Dimanche face à Liverpool (0-2), l'ancien Auxerrois a été élu homme du match grâce sa capacité à ressortir des ballons propres et se projeter vers l'avant. Didier Deschamps se frotte les mains de pouvoir compter sur lui. "Pour un sélectionneur, c'est une très bonne chose d'avoir Abou dans cette forme", avoue le patron des Bleus, qui compte bien s'appuyer sur les qualités du Gunner, comme ses deux prédécesseurs. Car Diaby possède un profil qui manque cruellement au milieu de terrain français : de la percussion, cette capacité à franchir les lignes. "S'il est à son meilleur niveau comme ce week-end, il va être incontournable ou le devenir", lâche déjà l'ancien entraîneur de Marseille.
90 minutes pour la première fois depuis le 10 avril 2011
Habitué aux louanges et aux attentes de ses sélectionneurs, Abou Diaby ne s'y attarde pas trop. La pression, les responsabilités, l'espoir qu'il génère, cela fait maintenant quelques années qu'il connaît, que ce soit en club ou en sélection. Aujourd'hui, il veut se concentrer sur son physique. La saison passée, il n'a pu se mettre sous les crampons que quatre petits matches de Premier League, dont aucun comme titulaire. S'il martèle qu'il "n'est pas fragile" même s'il "se blesse beaucoup", il a tout fait pendant l'été pour pourvoir parler de ses soucis physiques au passé. Au mois de juin, au lieu d'aller se reposer sur une plage au soleil, il a préféré venir à l'INSEP pour travailler avec Renaud Longuèvre, le coach de Ladji Doucouré. Au menu : rééducation et renforcement musculaire. Il en voit les fruits.
Pour la première fois depuis longtemps, il a pu participer à une préparation complète avec son club. S'il n'est pas "encore à 100%", il n'a "pu d'appréhension", ni "d'arrière-pensées" à l'heure de s'engager dans les duels. A tel point qu'il n'arrive plus à souvenir la dernière fois qu'il se "sentait aussi bien physiquement". Pour illustrer ce retour en forme : il rappelle que dimanche, il a joué 90 minutes pour la première fois depuis un match... face à Blackpool. Il faut chercher pour trouver ce fameux match, qui date du 10 avril 2011... Une autre époque. Désormais, il ne pense qu'à une chose : "Essayer de rattraper le temps perdu".



AFP
























