324 interminables minutes sans but. Vendredi en Finlande, Abou Diaby a mis fin à la disette offensive qui avait plongé les Bleus dans le brouillard lors du dernier Euro. Un but précieux et suffisant pour sceller le sort du match (0-1). Mais un but qui cache la misère offensive des hommes de Didier Deschamps en Finlande. Diaby a marqué sur la première occasion tricolore et il fut plutôt bien inspiré puisqu'il n'y en eut plus guère que deux autres jusqu'au terme de la rencontre. Deschamps ne s'est pas caché ce samedi en conférence de presse à Clairefontaine. Le débriefing a tourné à l'obsession avec un leitmotiv : "Le chantier, c'est l'animation offensive", a résumé le sélectionneur. "On a manqué de solution dans l'axe", a renchéri Rio Mavuba.
Les maux sont nombreux, Deschamps les a énumérés un à un : "manque de présence devant le but", "déchet dans les centres", "nombreux dézonages de Benzema non compensés", "manque de complémentarité dans les déplacements", "jeu qui penche à gauche". "On doit être plus présent dans l'axe avec au moins trois joueurs sur chaque offensive", a insisté Mavuba. Le système n'est pas forcément en cause selon DD. L'essentiel pour lui est la complémentarité et la relation technique entre ses joueurs offensifs. Vendredi à Helsinki, elles ne sautaient pas aux yeux. "L'animation offensive, ce n'est pas une question de nombre de joueurs offensifs mais de complémentarité dans les déplacements", a noté Deschamps.
Benzema délaisse trop souvent l'axe
Les déplacements de Benzema ont clairement posé un problème au onze tricolore. L'avant-centre du Real aime dézoner mais il déserte l'axe plombant ainsi une bonne partie des ambitions offensives de sa sélection : "Karim aime avoir de la liberté mais ses dézonages doivent être compensés", a justement rappelé Deschamps notant, en creux, que ce ne fut pas le cas vendredi. Pourrait-il dès lors être tenté de l'aligner sur un côté comme lors de ses années lyonnaises lorsque Fred occupait l'axe de l'attaque ? "Je n'ai pas envie de le dénaturer. Le laisser en point fixe devant, il n'aime pas. Pourquoi pas le voir sur un côté mais ça demande plus d'effort défensif", balaie Deschamps qui n'a pas semblé franchement emballé par l'idée.
La solution pourrait venir de son association avec Olivier Giroud en 4-4-2. "Ce pourrait être une option pour apporter plus de présence offensive", a noté Deschamps. Avant de tempérer : "Mais il demande plus d'efforts sur les côtés". Or, les couloirs ont montré de grosses limites à Helsinki. Le coeur du jeu autour du trio Mavuba-Diaby-Cabaye fut l'une des grandes satisfactions quand les défenseurs latéraux, Ribéry et Ménez ont étalé des lacunes offensives. "Ménez a participé au jeu, a fait beaucoup d'efforts. Il doit amener de la vitesse. Il n'est pas encore à son meilleur niveau. On aurait pu le voir plus", reconnait Deschamps. "Notre jeu penche beaucoup à gauche avec Franck et Karim qui aime aller à gauche. Il faut trouver un juste équilibre."
"Ribéry joue trop bas"
Quant à Ribéry, il s'est perdu "dans des courses inutiles" et joue "trop bas", selon son sélectionneur même s'il a montré beaucoup de "générosité". Deschamps n'a pas non plus épargné ses défenseurs latéraux : "Ils peuvent nous apporter plus dans l'animation offensive. Ce qui n'était pas le cas hier. On a eu 14 centres hier et aucun n'a été décisif." Dès lors, Deschamps pourrait être tenté de titulariser Gaël Clichy et Christophe Jallet, qui présentent des profils plus offensifs, face à la Biélorussie mardi. "Ça rentre dans ma réflexion", a-t-il lâché. Mardi au Stade de France, les Biélorusses ne seront pas plus audacieux que les Finlandais. Deschamps a émis quelques solutions possibles. Il lui reste à trancher.
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AFP

























