Face à l'Espagne, Laurent Koscielny joue gros. Titulaire en charnière centrale avec Mamadou Sakho, en raison de la suspension de Mapou Yanga-Mbiwa, le défenseur des Gunners a l'opportunité de revenir sur le devant de la scène après un début de saison mitigé. Cela peut paraître paradoxal, tant il avait été l'un des rares à surnager lors du dernier rendez-vous avec la Roja à l'Euro 2012. L'ancien Lorientais semblait alors promis à une place de titulaire durable au sein d'une défense centrale tricolore qui peine à trouver sa hiérarchie. Mais les choses ne se sont pas exactement passées comme prévues depuis.
Koscielny a connu un début de saison délicat. Victime d'une blessure à un mollet au mois d'août, il a connu une préparation perturbée. Derrière, il a assisté à l'émergence de deux charnières, Vermaelen-Mertesacker à Arsenal, et Sakho-Yanga-Mbiwa en équipe de France, qui constituent une menace pour son statut en club comme en équipe de France. Entre les pépins physiques et la concurrence, il n'a été titulaire qu'à trois reprises avec les Gunners et a connu des fortunes diverses. Auteur d'un but décisif face à Manchester City (1-1), il a aussi commis deux erreurs lourdes de conséquence lors de la défaite concédée à domicile face à Chelsea (1-2). Et son retour en Bleu, face au Japon, s'est soldé par la première défaite de l'ère Deschamps (0-1).
L'entame de saison de Koscielny est un peu à l'image de cette rencontre face aux Japonais : frustrante. Au terme d'une prestation plutôt aboutie aux côtés de Mamadou Sakho, le défenseur d'Arsenal, monté sur un corner, a assisté, impuissant, au contre assassin mené par les Japonais et conclu par Shinji Kagawa. Dans la perspective du rendez-vous face à l'Espagne, Koscielny se serait bien passé d'un tel scénario. Comme de ce début d'exercice un peu poussif, même s'il ne s'alarme pas. "Difficile ? Non. J'ai fait une préparation un peu différente avec ma blessure, j'ai mis du temps. Par rapport au match de Chelsea, ça arrive à tout le monde de faire des erreurs. J'essaie de tourner la page et faire mieux", avance l'ex-Tourangeau.
"On préfère avoir un attaquant fixe"
Pour tourner la page, un match face à l'Espagne ressemble autant à une occasion en or qu'à un cadeau empoisonné. Face à une équipe qui possède autant le ballon, les Bleus devront redoubler de concentration, notamment leurs défenseurs centraux. Laurent Koscielny et Mamadou Sakho auront un rôle clé, et c'est d'ailleurs dans cette optique que Didier Deschamps les a alignés ensemble face au Japon. Une première plutôt encourageante malgré le résultat. "Ça s'est bien passé. On connaît nos qualités. On se connait depuis quelques temps, on avait déjà pu s'entraîner ensemble. La communication est importante et on s'est attaché à beaucoup parler. On a été sereins dans la relance. C'est toujours mieux d'avoir un vécu avant l'Espagne", souligne le défenseur tricolore.
Le vécu face aux Espagnols, Koscielny n'en manque pas. Avant la rencontre face à l'Espagne à l'Euro, il avait croisé la route du FC Barcelone, où évoluent de nombreux joueurs de la Roja, en huitième de finale de la Ligue des champions 2010/2011. Et lors du dernier Euro, il a eu l'occasion d'être confronté à ce système sans avant-centre mis en place par Vicente del Bosque au sein de la Seleccion. "C'est vrai qu'on préfère avoir un attaquant fixe, reconnaît le Gunner. C'est beaucoup de communication. Cesc aime décrocher et aller chercher le ballon avant de prendre la profondeur. Si tout le monde fait le travail défensif, il n'y aura pas de souci." Koscielny aura forcément sa part de responsabilité si les Bleus réalisent un exploit à Madrid. Pour lui, c'est l'opportunité idéale d'inverser la tendance d'un début de saison délicat.
DPPI