Les absents ont toujours tort, dit-on. Ce n'est pas toujours vrai. Ce qui s'est passé mardi soir à Madrid pourrait être du genre à contrarier les joueurs qui n'étaient pas sur la pelouse de Vincente-Calderon quand l'équipe de France est allée mettre fin à l'exceptionnelle série de victoires espagnoles en matches de qualification (24). Pour autant, le nul des Bleus, aussi beau et convaincant soit-il, n'a pas dissipé quelques doutes individuels et pas non plus forcément fait émerger le onze type qui pourrait être celui qui remettra le couvert face à l'Espagne, le 26 mars prochain au Stade de France.
Des onze joueurs présents au coup d'envoi, on peut imaginer que Didier Deschamps compte à coup sûr sur une bonne partie d'entre eux. Sauf accident, cataclysme ou blessure, ils seront couchés sur la feuille de match, rayon onze de départ, quand les éliminatoires reprendront. L'Italie et l'Allemagne, prochains adversaires, étant des cas à part en raison du caractère amical de ces rencontres. Lloris, Debuchy, Sakho, Evra, Cabaye, Ribéry et Benzema sont plus que concernés. Parce qu'ils ont été bons, pour certains. Parce que Deschamps ne se passera pas d’eux, pour les autres. Reste plusieurs cas, plus ou moins épineux, qui concernent les quatre autres postes occupés par Koscielny (défense centrale), Gonalons (milieu défensif axial), Matuidi (milieu relayeur gauche) et Ménez (milieu offensif droit).
Il faut du temps
Des quatre, Blaise Matuidi est évidemment celui qui a fait la meilleure impression et marqué de gros points. Néanmoins, une ombre plane au-dessus de la tête du Parisien, elle s'appelle Abou Diaby. Si - un gros si -, le joueur d'Arsenal arrive à être frais et dispo dès le prochain rassemblement, il retrouvera possiblement son poste car il jouit d'une image intacte aux yeux de Deschamps. Même constat, à plus long terme pour Rio Mavuba, actuellement sur le flanc et appelé à reprendre sa place de sentinelle, devant Maxime Gonalons et tous les autres. Quant à Jérémy Ménez et Laurent Koscielny, la question se posera forcement. A cause de Valbuena, très bon après son entrée en jeu mardi, et peut-être un jour de Rémy. A cause de Yanga Mbiwa, qui avait joué tous les matches de l'ère Deschamps avant de prendre un jaune de trop face à la Biélorussie. Ajoutez à cela que les deux hommes n'ont pas crevé l'écran, mardi. Loin de là.
L'histoire plus ou moins récente de l'équipe de France ajoute à ces incertitudes le fait qu'une équipe-type s'est rarement dégagée d'un match, dit fondateur ou présumé comme tel. De ces rencontres, on gagne des certitudes collectives, une idée directrice, pas toujours un onze, qui se construit au fil du temps, au gré des explosions, des blessures, des pics de forme des uns et des autres. On peut remonter à la Roumanie en 1995, qui avait lancé la génération ZZ. Match gagné avec une défense qui ne ressemblait en rien au Fab Four qui allait conquérir la planète et l'Europe un peu plus tard, puisque seul Marcel Desailly était là au coup d'envoi. Les autres n’avaient pas forcément eu tort. En équipe nationale, le temps fait son œuvre et, plus qu'ailleurs, les cartes sont constamment rebattues. Une bonne raison de ne pas s'asseoir sur les lauriers madrilènes.
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