Durant des années, il y a rarement eu plus épais qu'une feuille de papier à cigarette entre Didier Deschamps et Laurent Blanc. C'était à l'époque où le libéro et le milieu de terrain étaient coéquipiers en équipe de France. Après, leurs routes se sont séparées. Les deux hommes se sont parfois croisés. Et finalement succédé, puisque Blanc a laissé sa place sur le banc des Bleus à Deschamps. C'était au début de l'été. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Et si DD n'est pas reparti d'aussi loin que son prédécesseur, le chantier entrepris par Blanc a pris quelques coups de pioche. Au niveau de la colonne vertébrale, notamment.
Constituée durant deux ans d'un quintet allant d'Hugo Lloris à Karim Benzema, en passant par la doublette Adil Rami - Philippe Mexès et Yann M'Vila, plaque tournante du milieu de terrain, la colonne vertébrale a grandi tant bien que mal. A ces cinq joueurs, Laurent Blanc en aurait bien ajouté un supplémentaire, en la personne de Yoann Gourcuff ou de Samir Nasri. Mais les deux hommes n'ont pas offert les garanties espérées par le sélectionneur des Bleus. Didier Deschamps, lui, a changé son fusil d'épaule, après sa prise de pouvoir et un Euro où la plupart des cadres bleus ont déçu. Un seul a réussi un Championnat d'Europe honnête, Hugo Lloris. Benzema est passé à côté, M'Vila a eu le malheur d'arriver blessé et l'association Rami - Mexès n'a jamais su évoluer sur la même longueur d'ondes, le premier ne réussissant pas à se hisser au niveau escompté, le second montant en puissance mais n'entrainant jamais son alter ego dans son sillage.
Lloris et Benzema, drôle de situation
Sur la route du Brésil, Didier Deschamps a pour le moment laissé deux hommes sur le bord de la chaussée. Il s'agit de Philippe Mexès et de Yann M'Vila. Le Milanais, qui n'est même plus en odeur de sainteté dans son club, a peu de chance de revenir. Le Rennais traverse lui une mauvaise passe. "Il est dans le groupe" mais "n'est pas à son meilleur niveau", juge DD, qui reste en contact avec le joueur. "A ce poste, il y a de la concurrence, relève une bonne connaissance de Didier Deschamps. Il faut une qualité de passe. Il faut aussi des qualités dans la récupération et la présence dans les points chauds. Aujourd'hui, peut-être que Mavuba et Capoue incarnent mieux cette synthèse."
Que reste-t-il alors à Deschamps ? Adil Rami, qui a perdu une partie de son crédit en Ukraine. Hugo Lloris, qui se retrouve dans une situation d'éventuel numéro 2 à Tottenham, et Karim Benzema, qui évolue dans l'ombre de Gonzalo Higuain depuis le début de saison. Pour le moment, Didier Deschamps n'est pas inquiet. "Karim a confiance. Il reste un attaquant de haut niveau", a-t-il lancé mercredi au sujet de son buteur. Concernant son portier, même son de cloche, à une nuance près : "Je ne vais pas me créer un problème que je n'ai pas aujourd'hui. Mais si ça arrive, ça méritera réflexion."
Quoi qu'il en soit, la reconstruction passera par une colonne vertébrale revue et corrigée. A terme, on peut imaginer que les choses rentreront dans l'ordre pour Lloris et Benzema. Mais entre le gardien et l'avant-centre, il manque quelques vertèbres. En défense, la situation reste floue même si Laurent Koscielny semble candidat. Au milieu, Yohan Cabaye, auteur d'un Euro réussi, sera peut-être l'une de têtes d'affiche de cette nouvelle équipe de France : "Je ne sais pas. Je n'ai pas eu l'opportunité de discuter avec le coach, révèle le principal intéressé. Je suis assez satisfait de ce que j'ai fait l'été dernier. Mais c'est une nouvelle saison qui commence. Avec un nouveau staff, tout est remis à zéro." C'est là tout le problème des Bleus et de Didier Deschamps. Le sélectionneur sait où il veut aller. Mais pas encore exactement comment.
- Plus d'infos



DPPI

























