Kimi Räikkönen a justifié ce pour quoi Ferrari l'a recruté - remplacer Michael Schumacher- en s'adjugeant la pole position du Grand Prix d'Australie, sur le circuit de l'Albert Park de Melbourne, de retour à la première place dans l'ordre protocolaire du calendrier du Mondial. L'impassible Finlandais, pas plus euphorique en rouge qu'en gris McLaren après son 12e exploit du genre, le premier depuis Monza 2006, a éconduit la concurrence alors qu'il restait encore cinq minutes dans la dernière partie de la qualification,samedi.
En 1:26.072, le vice-champion du monde 2003 et 2005 est parvenu à reproduire à 6 millièmes près son chrono du matin, que personne n'avait pu alors approcher. Et Fernando Alonso, qui a pris sa suite chez McLaren, a dû attendre le money time pour déloger Nick Heidfeld de la 1ère ligne, émargeant à 0.421 sec.
Pour la 187e pole de Ferrari, "Robot Räikkö" aurait certainement eu peur de Felipe Massa si la boîte de vitesses de la F2007 du Brésilien, le roi des essais hivernaux, n'était passée sur le mode ralenti au début de la 2e partie de qualification. Sans le moindre chrono, Massa a vu la 16e position sur la grille lui échoir. "Nous avons trouvé un bon set-up sur la voiture", a commenté le Nordique sur un ton monocorde. "Je n'ai pas été très rapide en 2e partie de qualification ; il fallait juste passer le cap et la voiture a été suffisamment rapide à ce moment. Elle était rapide dans la 3e et dernière partie. C'est un bon feeling d'être pilote Ferrari. Nous avons une bonne équipe et l'ambiance est bonne. Je savoure."
La fiabilité : le challenge de Ferrari
"Les paramètres clé pour la course sont maintenant réduits à trois - stratégie, fiabilité et performance- étant donné que tout le monde roule en Bridgestone", a inventorié Jean Todt, patron de la Scuderia et administrateur délégué du constructeur Ferrari. Fiabilité : ce mot est dans tous esprits depuis que Luca di Montezemolo, le grand patron, a décrété que "gagner le championnat de la fiabilité est nécessaire plus que tout autre chose." Dimanche, à partir de 04h00 françaises, Räikkönen se chargera de la performance et Ferrari de la stratégie pour le compte de Massa, enfermé dans le paquet, ce qui lui avait coûté très cher l'an dernier. Puisqu'on en est encore à planter le décor d'une saison de rupture, rappelons qu'une page se tourne sur le muret rouge, avec Luca Baldisseri installé dans le fauteuil de stratège de Ross Brawn, fatigué par la Formule 1.
Question plan de course, Fernando Alonso sera peut-être moins bien servir qu'autrefois chez Renault, mais quelques écueils sont déjà dans les rétros. "Il fallait que je m'habitue à ma nouvelle équipe, à son approche de la qualification", a souligné l'Espagnol, vainqueur en Australie en 2006. "L'équipe a fait un boulot fantastique tout l'hiver pour rendre la voiture compétitive. Nous ne devons pas oublier que McLaren n'était pas si compétitive que ça l'an passé", s'est encore gargarisé le pilote d'Oviedo.
Fisichalla 6e, Kovalainen 13e
Räikkönen-Alonso en 1ère ligne, c'est tout bon pour la promotion de la F1. Mais à voir la 2e ligne, le grand argentier Bernie Ecclestone se frotte aussi les mains : Nick Heidfeld et Lewis Hamilton, ça décape. BMW n'est plus très loin de sa première victoire, alors que le champion de GP2 apporte l'indispensable sang neuf.
Les deux rangées suivantes forment un aréopage diffus : si Robert Kubica (BMW) fait un brillant 5e pour son septième grand prix, Giancarlo Fisichella (Renault) rumine encore sa déception d'avoir été gêné par l'étonnant Takuma Sato (Super Aguri), 10e. Ce contretemps ajouté la 13e place de Heikki Kovalainen a fait dire à Denis Chevrier, responsable des équipes motoristes du Losange : "Comme nous l'avions prévu, nous nous situons davantage du côté des outsiders que des favoris."
Mark Webber (Red Bull) et Jarno Trulli (Toyota), 7e et 8e, sont plus sûrement contents d'être là. Des miraculés, mêmes. L'Australien qui roule à domicile a révélé que son équipe avait quatre semaines de retard dans sa préparation de saison. Quant aux Japonais, ils ont mis pas mal d'ordre dans leurs affaires après des entraînements calamiteux mais il reste encore à faire, comme l'a montré Trulli en traînant jusque sur la piste le lève-vite accroché à l'arrière de sa TF107.



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