AVANT LA F1
Des débuts en kart à 13 ans, trop tardifs pour intégrer une équipe d'usine et briguer un titre européen ou mondial. Consacré champion de Suisse, il passe à la monoplace fin 2003, à 17 ans, pououler sur les traces de son père Christian, skieur de haut niveau qui exerce son coup de volant en Formule 3. Stéphane Guérin, qui l'a remarqué en karting, le titularise pour la saison 2004 dans son équipe de Formule Renault, SG Formula. Il est champion de France dès sa 2e saison, en 2005, et monte en Formule 3 Euro Series, avec Signature, une autre équipe française. Mais, en 2006, il s'aperçoit bien qu'il vaut mieux être dans le camp d'ASM (devenu ART), qui truste tous les titres continentaux (Green en 2004, Hamilton en 2005, Di Resta en 2006). Et, ça tombe bien, il a tapé dans l'oeil de Frédéric Vasseur, qui en fait son leader pour 2006. L'objectif du titre atteint, il enchaîne en GP2 Asie, dont il assomme le plateau. Mais l'Europe est le véritable but. Cependant, la couronne largement à sa portée lui échappe en raison de victoires qui se dérobent au dernier moment (Sanction à Montmelo, déclassement à Hockenheim, casse moteur à Magny-Cours…). Il remet le couvert en 2009, domine le championnat mais subit un coup d'arrêt lors d'un accident à Monte-Carlo, en mai. Mais Flavio Briatore en a assez vu pour lui faire confiance.
FORMULE 1
Essayeur en 2008, réserviste officiel en 2009, Romain Grosjean n'a effectué que trois journées de tests avec l'équipe F1, l'an passé, le 12 juin à Montmelo (60 tours, 8e temps), le 22 juillet (71 tours, 6e temps) et le 25 juillet (90 tours, 4e temps). Pendant l'hiver 2008/09, il n'y a pas de place pour lui dans le planning car il faut sauver le soldat Nelson Piquet. A part ça, il a surtout été utilisé pour des road-shows dans le cadre des Word Series by Renault ou des opérations promotionnelles. Il a aussi procédé à des tests en ligne droite, lors d'aller-retour sur des circuits spécifiques. C'est à travers ces seuls tests aéro qu'il connaît la R29.
QUALITES
"Romain a une 'bande passante' très large. Au volant, il ne fait pas que conduire : il est capable de gérer en même temps les nombreuses d'informations dans son environnement. Ça lui permet d'avoir une bonne lecture de la course, de prendre LA décision qu'il faut, très vite, lorsque les événements se précipitent. C'est aussi un bon metteur au point", juge Rob White, directeur technique moteur de Renault F1.
En Formule 3, en GP2, "RG" s'est toujours caractérisé par un haut niveau de performances quels que soient les circuits visités. Au volant, l'espoir du Losange est un prédateur type Lewis Hamilton qui aime le combat rapproché et qui a une très grande capacité à dépasser à des endroits peu communs. Il entretient un goût prononcé pour l'exercice de la qualif et a de grosses capacités sous la pluie.
Humainement ouvert. Un bon client pour les médias : il a toujours le souci de délivrer une information intéressante. Ne se plaint pas pour un oui ou pour un non.
DEFAUTS
Il peut sortir de la piste par impatience dans la bagarre lorsqu'il se sait plus rapide. Ça tient à son énorme capacité à doubler. Et il n'hésite pas non plus à ferrailler avec des individus peu fiables, comme Luca Filippi ou Andreas Zuber en GP2. Il l'a appris à ses dépens cette année à Nürburg et plus dangereusement à Monte-Carlo.
ENTOURAGE
Les pilotes traînent parfois tout un aréopage derrière eux, ce qui induit des risques de dispersion. Romain Grosjean n'a sur les circuits qu'un homme de confiance, son préparateur physique Jean-Pierre Frizon, qui est aussi le confident, à l'occasion. A l'aube de cette saison 2009, qui s'annonçait de toute façon charnière, du GP2 à la F1 tôt ou tard, il a ainsi allégé sa garde rapprochée car plusieurs personnes remplissaient cette fonction auparavant. Pour le reste, il n'a besoin de personne pour gérer sa carrière car Flavio Briatore s'occupe de tout !
RELATION AVEC ALONSO
"Romain, c'est le futur de la France", résume Fernando Alonso. "Fernando est vraiment un grand champion - certainement le meilleur pilote en Formule Un - et je me réjouis fortement de travailler avec lui. Nous nous entendons déjà bien, je sais que je vais pouvoir beaucoup apprendre de lui et de son expérience", lui retourne Romain Grosjean. On croirait entendre Lewis Hamilton début 2007 chez McLaren. En cela, l'avenir de l'association est imprévisible, tant l'Espagnol a été habitué à être tranquille chez Renault, aux côtés de Jarno Trulli, Jacques Villeneuve, Giancarlo Fisichella et Nelson Piquet.
GRAND PRIX D'EUROPE
Un circuit en ville était sûrement le dernier endroit pour se lancer dans le grand bain, sans test préalable avec la R29. Difficile de cerner les limites d'une voiture sur un tracé étroit de surcroît, qui pratique la tolérance zéro. Mais le pilote de la Renault N.8 aura quand même un atout important dans sa manche car il est accroc aux développements urbains, type Macao ou Monte-Carlo.
FRANÇAIS, FRANCO-SUISSE, HELVETICO-FRANÇAIS, SUISSE ?
Un vrai faux-débat. On parle de sport, et aux yeux de la FIA un compétiteur est avant tout porteur d'une licence sur laquelle doit être mentionnée une nationalité. Pour au moins deux raisons. D'une part, la FIA doit faire retentir un hymne en cas de victoire, et non deux ou plus pour un pilote qui aurait plusieurs passeports. D'autre part, elle ne peut accepter qu'un interlocuteur fédéral dans le suivi sportif et juridique d'un licencié. Romain Grosjean est inscrit comme compétiteur français par la FFSA auprès de la FIA depuis 2004, et la Marseillaise sera jouée s'il gagne, comme en Formule Renault, F3 et GP2. Par ailleurs, il est membre de l'équipe "circuit" FFSA. Voilà pour le volet sportif, car nul n'ignore maintenant que son père est suisse, que sa mère française et qu'il est né et vit à Genève. Bref, la Suisse est dans son c&oeligur et il courre avec le drapeau français. Une décision mûrement réfléchie avec son père et que son intégration dans le vivier Espoirs de Renault, le RDD, en 2006, a confortée. Certains journaux en France aiment rappeler cette double appartenance pour contenter le lectorat helvétique, ce qui se conçoit. Mais il faudrait alors en faire de même pour tous les pilotes ayant au moins deux passeports, il y en a beaucoup ! Ecrire que Romain Grosjean est franco-suisse exigerait par cohérence de mentionner à chaque fois que Nico Rosberg est germano-finlandais, et non juste allemand. Qui le fait ?



Renault F1 Limited - LAT























Une carrière sans accroCs, c'est quand-même mieux. Je croyais que pour être journaliste (même sportif), il fallait avoir quelques notions de français, apparement je me suis trompé...Le 19/08/2009 à 16:26
alors même si pour moi il est franco suisse, il est français en formule 1.mais rien n'empêche (à juste titre) nos amis suisses de fêter ses futures victoires :)
je comprend les suisses en général ! on est tellement chauvins nous, que même des joueurs étrangers on les annonce comme tel : exemple baghdatis le plus français des chypriotesLe 19/08/2009 à 16:08