Fernando Alonso aime jouer les Cassandre, et c'est pour cela qu'on avait eu du mal à le croire lorsqu'il avait affirmé que Brawn était irrattrapable après la victoire australienne de Jenson Button, lors du coup d'envoi de la saison, le 29 mars. Le troisième succès -limpide- en quatre courses du Britannique, à Sakhir, a crédité les propos du double-champion du monde, dont la Renault n'a pas été métamorphosée par l'adjonction d'un double diffuseur, dispositif pensé de longue date pour la machine de Brackey.
Car Jenson Button s'est plutôt promené dimanche dans le décor désertique bahreïni, qui a consommé la faillite des grandes équipes ou réputées telles. McLaren a limité les dégâts en hissant Lewis Hamilton au 5e rang, Ferrari a débloqué son compteur grâce à la 6e place de Kimi Räikkönen, tandis que Fernando Alonso a échoué au 8e rang, victime d'un malaise après une course entière sans boire. Pour le reste, BMW a été ridicule, auteur de la course la plus calamiteuse depuis son entrée en Formule 1, en 2006. Robert Kubica et Nick Heidfeld ont continuellement râclé les bas fonds du classement et n'ont évité les deux dernières places qu'au retrait tardif de Kazuki Nakajima (Williams).
Et puis, il y avait Toyota. Rivé en 1ère ligne, pour une première japonaise du genre. L'équipe de Cologne s'est presque battue elle-même. Tout d'abord par le départ moyen du poleman Jarno Trulli, débordé par son coéquipier Timo Glock et vite obligé de défendre sa position contre Lewis Hamilton, bientôt surpris par Jenson Button. Puis, à l'heure des premiers pit stops, la firme nippone n'a surpris personne en faisant entrer ses machines en premier, dès le 12e des 57 tours pour Glock, qui cédait les commandes à Trulli, pour un sursis de deux boucles. Jenson Button héritait alors du leadership et Sebastian Vettel (Red Bull) puis Kimi Räikkönen ne faisaient que des meneurs de circonstances.
Une fois la première vague de ravitaillements effectuée, le bilan était sans équivoque : Button, en gomme "très tendre", avait pris la main et pouvait s'échapper avec la complicité de… Trulli, seul avec Glock converti au "medium". Deuxième, le Pescaran ruinait en effet les espoirs de victoire de Vettel et bloquait aussi l'évolution de Hamilton. Barrichello échappait à ce scenario catastrophe en passant trois fois à son stand, suivant une stratégie erronée.
"Ce fut une course rude pour nous", a déclaré Button, victorieux pour la 4e fois de sa carrière. "On peut peut-être dire que j'ai mené la plupart du temps mais nous n'avions pas exactement la vitesse des premières courses. Je ne sais pas ce qui nous a manqué. Je suppose que nos rivaux nous ont tout simplement rattrapés et passé. Les premiers tours ont été très importants car Sebastian [Vettel] avait plus d'autonomie. Ça a marché, j'ai pointé en 3e position à la fin du premier tour du 1er tour. De là, ça s'est bien passé. Ce fut dur mais appréciable".
Voilà donc refermée la campagne des quatre Grands Prix exotiques qui lançait la saison. La Formule 1 va maitenant investir l'Europe, les 8, 9 et 10 mai à Montmelo, en présentant un visage bien différent des années passées, sans les incontournables McLaren et Ferrari comme tête d'affiche. Seules des écuries qui n'avaient jamais été en pole ou en haut d'un podium se sont imposées les samedis et dimanches après-midi. Figurants en 2008, Jenson Button et Rubens Barrichello sont 1er et 2e au classement de la série, avec respectivement 31 et 19 points, et Brawn trône loin devant la meute avec 50 points, devant Red Bull (27,5 pts) et Toyota (26,5 pts).



DPPI























J'espère que Button va continuer à faire des bonnes courses malgré une concurrence acrrue. Je suis sa carrière depuis le début. Ca serait génial de le voir champion du monde.Le 28/04/2009 à 19:28
continuezLe 26/04/2009 à 20:20