Ferrari - Räikkönen P1, Massa P3
La victoire de l'intelligence : le plus rapide des libres 1 à la Q2, Räikkönen a sacrifié la pole pour charger sa machine en essence, en vue d'un grand prix sous la pluie. Il a roulé avec le même jeu "intermédiaire" sur les deux premiers et en a fait un meilleur usage que Hamilton, ce qui a été déterminant. A partir du tour 18, il a été au bas mot 1 seconde plus vite que l'Anglais, parfois bien plus. Du discernement encore sous drapeau jaune, lorsqu'il s'est empêché de passer la McLaren. Dans le dernier relais, en "medium", il a contrôlé Alonso, qui était en "dur". Massa s'est battu pied à pied contre Alonso dans le premier tour : battu dans le virage 2, il a répliqué dans le 4, pour la 3e place. Alors que l'équipe savait une nouvelle averse imminente, (annonce au tour 22), elle lui a quand même donné des 'sec'. Donné pour mort avant d'arriver en Chine, Räikkönen jouera le titre au Brésil.
McLaren - Alonso P2, Hamilton Ab
THE gaffe ! Hamilton avait prévenu qu'il voulait gagner, et il était virtuellement champion du monde lorsqu'il a commis la bourde qui l'a conduit dans les graviers de voie d'accès à la pit lane, au tour 30. L'Anglais avait trop tapé dans ses pneus, et ce fût sa première faiblesse par rapport à Räikkönen, auquel il a lâché 1 sec au tour pendant 10 tours, avant de se faire croquer. Sa faute ultime fût de rentrer en survitesse dans la pit lane. Au passage, il sera intéressant de voir si l'an prochain des graviers borderont toujours l'entrée.
Mais face à l'inexpérience de Hamilton, voire son emballement, McLaren aurait dû le faire rentrer. L'erreur incombe plus à l'équipe, qui le voyait quand même agoniser depuis une dizaine de tours, au point de se faire passer par Trulli et de rouler aussi vite qu'une Spyker. On ne comprend pas cet attentisme, d'autant qu'elle a été en communication régulière avec son pilote. Pire, elle n'assume pas : Whitmarsh, P-DG de Team McLaren-Mercedes, a déclaré que l'équipe avait laissé l'Anglais un tour de trop et qu'après coup, c'est facile d'accuser. Dans tout ça, Alonso se frotte les mains. Après avoir copieusement allumé son patron et alimenté la thèse du complot après la qualif -étonné de sa 4e place- (on voudrait des preuves), l'Espagnol a récolté 8 points inespérés qui lui permettent une chance mondiale à Sao Paulo.
Toro Rosso - Vettel P4, Liuzzi P6
Quand on fait une énorme bévue, l'important est de pouvoir la réparer au plus vite. Vettel a fait oublier son strike de Fuji (à moitié en fait car Webber n'a toujours pas encaissé) en obtenant une magnifique 4e place. Assez miraculeuse quand on sait que stopper une fois n'est pas la meilleure chose à faire lorsque de la pluie est annoncée. En fait, l'équipe pensait que l'orage stationnerait au-dessus de Shanghai. Ce ne fut pas le cas mais le jeune allemand est passé entre les gouttes. 12e en qualif avant une rétrogradation de 5 places pour un blocage pas très clair, il a vite montré ce qu'il savait faire en passant Kovalainen. Il a su que la 4e place était pour lui lorsque Button a stoppé vers la fin. Liuzzi aurait pu espérer un meilleur résultat s'il n'avait été sur trois arrêts. La belle affaire au championnat : Toro Rosso bondit devant Spyker, Super Aguri et Honda !
Honda - Button P5, Barrichello P15
Comme à Fuji, l'équipe a testé son nouvel aileron avant puis l'a remballé. Button batailleur, Barrichello peu inspiré de rester en "intermédiaire" et au bout du compte insignifiant. Des accrochages avec les Super Aguri de Davidson et Sato. 4 points qui font passer Honda devant Super Aguri-Honda : l'essentiel est là !
BMW - Heidfeld P7, Kubica Ab
Trois boîtes de vitesses cassées pendant le week-end et une panne hydraulique qui coûte une victoire à Kubica. Fuji l'avait montré : loin de ses bases, BMW n'a aucun moyen de réaction. "Vendredi et samedi, nous avons essuyé trois soucis hydrauliques. Mais au contraire des courses européennes, nous n'avons pas l'opportunité d'analyser un tel problème et prendre les mesures nécessaires. Avant la course, nous savions que ça pouvait casser" , a expliqué Mario Theissen, directeur de BMW Motorsport. Explication supplémentaire : BMW met toutes ses ressources sur le développement de la transmission de 2008, qui devra supporter quatre week-ends de course. BMW a admis un mauvais timing de pit stop pour Heidfeld.
Red Bull - Coulthard P8, Webber P10
Une belle 5e place pour Coulthard sur la grille mais un point seulement, juste devant la Renault de Kovalainen. Webber, otage d'un "énorme sous-virage" en 'intermédiaire' dans le premier relais, sur les virages 1 à 12, a été le premier à parier sur les 'sec', au tour 24, avant l'averse (annoncée) qui l'a mis en difficulté. L'équipe n'est plus qu'à 4 points de Williams, qu'elle a l'obsession de "taper" au championnat.
Renault - Kovalainen P9, Fisichella P11
Premier zéro pointé de la saison. En termes de set-up, l'écurie avait misé sur le tout pluie. Mais les essais n'ont pas été brillants car Fisichella avait été éliminé dès la Q1 et Kovalainen s'était fourvoyé dans le dernier virage, en Q2. En course, l'Italien a été effacé, mises à part ses manoeuvres sur Button et Vettel. Le Finlandais a souffert d'une pression de pneus avant mal ajustée. "Ça ne tourne pas!", s'est-il de suite plaint. Il a ainsi vu défiler Vettel, Trulli et Rosberg, sur une faute personnelle (tour 17). Il en a commise encore une au tour 40.
Williams - Würz P12, Rosberg P16
L'équipe n'a jamais résolu ses problèmes de pneus. "Parfois, la voiture perdait le grip et glissait de l'avant, parfois c'était l'arrière", avouait Rosberg, samedi. Mais l'Allemand n'aimerait-il pas la pluie ? Mal qualifié, il a passé Kovalainen (tour 17) mais s'est fait déborder par Schumacher (tour 23)... Une crevaison l'a définitivement rangé en fond de peloton. Würz a été l'un des premiers à passer des 'sec'. L'Autrichien a annoncé le lundi son retrait immédiat de la F1.
Toyota - Trulli P13, Schumacher Ab
Les derniers spasmes sont les plus beaux... Cinq jours après l'annonce de son départ de Toyota, autant dire sa retraite de la F1, Schumacher a signé sa meilleure qualif 2007 (6e). Une perf qu'il s'est empêché d'anéantir dans un tête-à-queue au 1er tournant. Des dépassements agressifs (sur Button, Fisichella, Kovalainen) parfois en forme d'ultimatum qui ont fini par lui jouer un mauvais tour car Liuzzi n'a pas cédé (tour 24) et il a perdu 7 places. Abandon dans une grande glissade au dernier virage (tour 27). Trulli roulait avec le nouveau fond plat. Pas très à l'aise -comme souvent- sous la pluie.
Super Aguri - Sato P14, Davidson Ab
Comme d'habitude, Sato s'est bien marré dans ces conditions difficiles. Mais il a été gêné par un "problème mécanique" qui a transformé sa RA106 en cabri. Davidson en tête-à-queue au tour 2, dans les roues de Barrichello, qui s'en prit plus tard à Sato. L'accrochage a endommagé une écope de frein arrière droite et le disque est monté en température. Ne se sentant pas en sécurité avec ses seuls freins de devant, il a préféré stopper. Au championnat, ça ne rigole plus pour Super Aguri, doublée d'un coup par Honda et Toro Rosso.
Spyker - Yamamoto P17, Sutil Ab
Deuxième arrivée en une semaine pour Yamamoto dans des conditions particulièrement difficiles, au contraire de Sutil, déjà parti dans un magistral tête-à-queue avant de taper fort lorsque la pluie est revenue, au tour 24.



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