McLaren - Hamilton P1, Kovalainen Ab
Première victoire de McLaren en Chine mais l'équipe de Ron Dennis y a peut-être laissé ses derniers espoirs raisonnables de titre Constructeurs. Lewis Hamilton a survolé toutes les séances à part les libres 3, où Nick Heidfeld (BMW) l'a battu. "Lewis a probablement signé la plus importante de ses sept pole positions de la saison", avait déclaré Norbert Haug, samedi. Le vice-président de Mercedes-Benz Motorsport se réjouissait de la forme de la MP4-23 N.22, respectivement 0.3 sec et 0.5 sec devant les Ferrari de Kimi Räikkönen et Felipe Massa. Il a été soulagé de voir le Britannique ne pas s'embarquer dans un nouveau duel sujet à polémique puisqu'il a fait un cavalier seul. "Dès vendredi nous savions que nous avions un meilleur rythme qu'eux sur les longs runs. J'étais très content de l'équilibre de ma voiture et j'ai pu prendre grand soin de mes pneus, en tirer le meilleur parti et les faire durer (…) La voiture était un rêve à piloter" , a-t-il déclaré après sa 5e victoire de la saison, la première depuis le GP d'Allemagne, le 20 juillet. Il abordera donc le dernier gp avec 7 points d'avance sur Massa, 2e. Lors de la finale au Brésil, le 2 novembre, son problème sera peut-être l'impossibilité de Heikki Kovalainen de lui venir en aide. Battu par Alonso (Renault) et 5e sur la grille, le Finlandais a crevé puis a été stoppé par un problème pneumatique sur son V8 Mercedes. McLaren se contente des 10 points d'Hamilton et en perd donc 4 sur Ferrari, qui arrivera à Interlagos avec 11 longueurs d'avance.
Ferrari - Massa P2, Räikkönen P3
Un énorme coup sur la tête : la Scuderia était habituée à être dans son jardin à Shanghai et il n'y avait qu'à voir la mine de Felipe Massa après la qualif pour comprendre l'étendue des dégâts. Le Brésilien venait d'encaisser 0.5 sec sur la McLaren d'Hamilton avec 5 tours d'essence de moins. "Notre principal rival a montré sa supériorité en termes de performance, à la fois sur un tour de qualif et en rythme de course", a reconnu Stefano Domenicali, directeur de la Gestion sportive. "Nous avons souffert d'un manque chronique de traction, avec les deux types de pneus", a ajouté Luca Baldisseri, responsable de l'Activité piste. En fait, la F2008 roule à son pic de forme sur une fenêtre bien plus étroite que la MP4, ce qui rend impossible l'exploitation correcte des pneus. Le malaise était tel que les "dur" étaient mieux que les "medium". On l'a vu en début de course : les F2008 en "medium" cravachaient pour ne pas céder plus de 0.3 sec au tour à la McLaren, chaussée de "dur"…
Massa a donc passé un sale dimanche et Räikkönen a rampé en fin de course pour lui donner sa 2e place. La polémique n'a pas place ici puisqu'il ne s'agit pas d'une consigne d'équipe mais d'un simple jeu d'équipe. On regrettera juste que Massa se soit caché derrière son petit doigt en évoquant son "dépassement" sur Räikkönen.
Renault - Alonso P4, Piquet P8
Objectif atteint : Renault sera classée 4e place du Mondial Constructeurs 2008. 4e aux essais et en course, Fernando Alonso a apporté les derniers points nécessaires, et Nelson Piquet en a rajouté un. Le Losange termine même en trombe cette saison, comme l'a souligén Flavio Briatore. "Nous sommes plus forts que les BMW et désormais très proches des Ferrari", s'est réjoui le directeur général, qui attend la réponse (positive de son champion pour 2009). Confirmation probable de Piquet pour 2009 à Interlagos.
BMW - Heidfeld P5, Kubica P6
La firme bavaroise a fini de rêver : elle ne décrochera pas de titre cette saison. Robert Kubica sature sérieusement en cette fin d'exercice et le tir groupé des deux F1.08 n'a pas suffi à moins de 18 points de Ferrari chez les Constructeurs. Le Polonais n'a pas vraiment de regret : il a joué pendant trois jours à cache-cache avec les réglages sans les trouver. Au point de faire ses deux premiers relais (41 tours) en "dur". Nick Heidfeld bien dans son rôle de son couteau-ramasseur de miettes. La sanction de trois places pour avoir gêné Coulthard en Q1 n'a pas affecté son résultat.
Toro Rosso - Vettel P9, Bourdais P13
Sebastien Vettel a été perdu dans les réglages jusqu'à un coup de poker payant avant la qualif : 8e, et finalement 6e après les rétrogradations de Webber et Heidfeld. "J'ai fait un premier relais clair mais j'ai eu un problème au premier pit stop avec la roue avant gauche qui ne voulait pas se détacher. Je pense que ça m'a coûté une arrivée dans les points", a dit l'Allemand.
On a vraiment le sentiment que Sébastien Bourdais a raté une belle occasion de marquer. A écouter sa version -et plus encore celle de Trulli-, il porte une grosse part de responsabilité dans son accrochage avec la Toyota, au virage N.1 : "Je ne suis pas sûr de ce qui s'est passé avec Trulli", a dit le Français. "Je pense qu'il ne m'a pas vu. J'étais arrivé à mi-longueur à côté de lui et il a braqué. J'étais calé dans l'aileron de Sebastian [Vettel] et nous étions tous très près les uns des autres dans le virage N.1. Nous nous sommes touchés, il est parti en tête-à-queue et je suis allé large, tombant dans les profondeurs du classement et de là ma course fût faussée. Finir 13e après avoir été dernier n'est pas un mauvais résultat mais c'est décevant étant donné que je suis parti 8e avec une voiture capable de marquer". Du positif moins perceptible mais bien réel : Giorgio Ascanelli, directeur technique, a loué son travail sur les réglages durant tout le week-end. Son manager, Nicolas Todt, a confié après l'arrivée sa confiance dans le renouvellement de son contrat pour 2009. Gerhard Berger, co-propriétaire, maintient la pression sur le Manceau mais il le place toujours en première position sur sa liste...
Toyota - Glock P7, Trulli Ab
Timo Glock pilotait une citerne. Malheureusement, il ne pu profiter de la légèreté de sa TF108 avant de stopper au 33e tour, bloqué par Heidfeld. Sinon, il pense qu'il aurait disputé la 6e place à Kubica. Toyota n'avait aucune chance de faire peur à Renault après l'accrochage dont fût victime Trulli. "Au départ, j'étais à côté de Vettel et j'ai cédé car il était à l'intérieur. Puis Bourdais a soudain heurté le côté droit de ma voiture, à l'arrière, et l'a endommagé. C'est frustrant car il l'avait déjà fait à Spa, où il avait aussi ruiné ma course au premier virage", a regretté l'Italien.
Red Bull - Coulthard P10, Webber P14
"Oncle" Coulthard n'a pas compris à quel jeu jouait Heidfeld en fin de Q1 et a vivement protesté lorsque l'Allemand s'est mis en travers de son chemin, lui coupant l'accès à la Q2. L'Ecossais a fait preuve de pugnacité pour son avant-dernier grand prix. Il était sur un arrêt, comme Glock, Nakajima et Fisichella. Un top 10 qui l'a satisfait. Mark Webber est tombé sur un mur nommé Kazuki Nakajima (Williams).
Honda - Barrichello P11, Button P16
Presque honorable. "Cette course a été meilleure que les dernières en dates mais c'est décevant de ne pas marquer" , a commenté Rubens Barrichello. "J'ai passé trois voitures au départ pour pointer 10e et j'ai fait le reste de la course à fond. Notre 11e position reflète de quoi la voiture est capable".
"La course a été plus excitante que les deux dernières et au moins me suis-je amusé à dépasser Sutil et Nakajima dans l'épingle au départ", a raconté Jenson Button. "Après ça, je me suis vraiment battu avec la voiture et j'ai fait la plupart de la course derrière Coulthard".
Williams - Nakajima P12, Rosberg P15
Shanghai a encore relevé les difficultés de la FW30 dans les virages rapides… Peu ou prou la même chose qu'à Fuji. "La voiture est fiable mais le problème reste que sur ce type de circuit elle n'est tout simplement pas assez rapide", a résumé Patrick Head, directeur de l'Ingénierie. Nakajima, sur un arrêt, a fait un peu mieux que Rosberg, dont la stratégie à deux stops était l'expérimentation de la dernière chance.
Force India - Fisichella P17, Sutil Ab
La voiture indienne était affublée de tous les maux. "L'équilibre de la voiture a pas mal changé en qualification. Le niveau de grip était bas, j'avais beaucoup de sous-virage au freinage, je bloquais les roues arrière et la traction était très mauvaise partout", avait pesté Adrian Sutil, samedi. "J'avais un sous-virage gigantesque dans le secteur 2, où j'ai perdu 0.4 sec, puis au virage 8 où j'ai encore perdu du temps", avait ajouté Giancarlo Fisichella. Perdu pour perdu, l'Italien a tenté un arrêt dimanche. L'Allemand a été stoppé par sa mécanique : "Très tôt, ma voiture a développé un problème : je ne pouvais sélectionner les vitesses et j'ai du me garer juste avant la grande ligne droite. Jusque là, j'étais content de la voiture, même si la traction et le grip était faibles".



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