Le règlement 2009 a définitivement tourné la page des années Jean Todt et Ross Brawn chez Ferrari. Suite au départ du Français, parvenu au poste de directeur général, l'Anglais n'avait pas reçu la proposition espérée car, c'est tout bête, mais les Italiens voulaient reprendre le pouvoir au sein de la Scuderia, comme jusque dans les années 80. Fin 2006, le cerveau anglais avait quitté Maranello en même temps que Michael Schumacher. Aujourd'hui, sa voiture gagne avec un budget famélique et son moteur embarrasse Mercedes Benz. Quant au manager français, il avait l'oeil à tout.
L'époque où le Cavalino rampante était infaillible semble révolue. Le staff de Stefano Domenicali, directeur de la Scuderia, tombe aujourd'hui dans des pièges triviaux. Samedi, les Rouges n'ont pas compris que la piste évoluait, nécessitant des retouches constantes au set-up. Et que la hiérarchie resserrée engendrerait des erreurs qui se paieraient cash. "Il y avait un risque réel de pluie, nous sommes sortis tôt en Q1 pour tourner en pneus pour le sec, et à partir de là ce fut une séance très chargée car la piste évoluait incroyablement vite", a remarqué Ross Brawn, après la nouvelle pole position de Jenson Button.
"Nous avons vu nos pilotes rétrograder, rétrograder"
Mais chez Ferrari, il manquait peut-être quelqu'un pour faire le même constat, et on n'a pas tilté... "Nous avons choisi de faire juste un run avec un set de 'tendre' en Q1 pour les économiser pour les séances suivantes, et nous l'avons fait en début de session par crainte de la pluie", a commenté Luca Baldisseri, responsable de l'Activité piste. "Puis, nous n'avons pas réalisé assez rapidement que la piste évoluait plus vite que nous pensions et nous avons vu nos pilotes rétrograder, rétrograder dans la hiérarchie, au point que Felipe n'aille pas en Q2".
La Q2 a effectivement tourné au désastre. Détenteur du 11e temps au baissé du damier, Felipe Massa pensait avoir de la marge lorsqu'il a vu ses rivaux se précipiter pour un dernier run, en "tendre". Lorsque l'équipe a réalisé son excès de confiance, il était déjà bien trop tard. Le 16e chrono attendait le Brésilien.
"Pas assez de grip"
"Je suis très déçu", a confié le vice-champion du monde 2008. "Si j'avais terminé 16e à cause d'un manque de performance, je l'aurais accepté, mais là, ça fait encore plus mal. La piste s'améliorait beaucoup d'un tour sur l'autre et mon premier run n'a pas été parfait ou n'était pas assez bon. Nous n'avons pas réagi à temps et perdu l'opportunité d'accomplir un autre tour. Personne n'est à blâmer : nous sommes une équipe et nous gagnons et perdons ensemble. Nous devons changer notre approche et traiter la qualification d'une façon différente du passé. Il n'y a pas de place pour l'erreur et nous devons tout bien faire, dès la Q1" . Pourtant, il avait assuré avant le début de la saison que Ferrari avait passé son hiver à analyser ses nombreuses erreurs de 2008, tant en termes de stratégie que d'organisation, de discipline d'équipe. Bref, de réactivité et de rigueur.
Et pour ne rien arranger, la F60 n'a rien d'exceptionnel. La faute au règlement 2009 qui l'a dépouillée de tous les appuis aéro qui faisait de sa devancière un exemple d'efficacité. Jusqu'à remporter le titre Constructeurs. Sortie sans point de Melbourne, l'équipe n'a même pas une assurance raisonnable de marquer en conditions normales, dimanche. Poussif 9e en Q3, Kimi Räikkönen a expliqué la nature du mal. "Honnêtement, le problème actuel est que nous ne sommes pas assez rapides pour nous battre devant", a dit le champion du monde 2007. "La voiture ne manque de rien en particulier, mais nous n'avons pas assez de grip pour finir devant ceux mieux placés que nous aujourd'hui. Dimanche, nous allons faire le maximum au départ (ndlr : avec le KERS). En Australie, mon départ a été très bon mais je n'avais nulle part où aller. Là, la ligne droite est longue et la piste large. Nous devons améliorer notre performance mais c'est important d'avoir des règles clarifiées assez vite (ndlr : sur la légalité des diffuseurs) pour comprendre dans quelle direction avancer. Les deux types de pneus fonctionnent bien sur la distance d'un relais".



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"Ses deux titres l'ont été face à un Schumacher vieillissant, et sur un coup de Trafalgar pour le dernier, un quitte ou double, l'abandon de Schum' au Japon, pas de quoi en faire un plat"Le 06/04/2009 à 06:21