Brawn - Button P1, Barrichello P5
Carton plein, et même mieux pour Jenson Button, qui a ajouté le meilleur tour à Sepang, ce qu'il n'était parvenu à faire à Melbourne. Pas spécialement fringante en essais libres, la BGP001 du Britannique est sortie du bois en qualification, en décrochant la pole, avec une quantité raisonnable de carburant à bord (poids total de la voiture : 660 kg). Encore une fois, le rôle de Ross Brawn a été déterminant car le stratège a su adapter le set-up ou le timing à une piste qui évoluait très vite. Auteur d'un mauvais départ pour avoir mal chauffé ses pneus, il s'est rangé derrière Nico Rosberg (Williams), Jarno Trulli (Toyota) et Fernando Alonso (Renault) puis a remonté grâce à la réactivité de son stand, qui l'a fait rentrer quatre fois en 15 tours.
"Je suis ravi de la façon dont la voiture s'est comportée sur le sec dans le premier relais", a dit Rubens Barrichello, avant d'être rattrapé par son côté Calimero puisqu'il a ajouté : "Lorsque les conditions ont commencé à se dégrader, nous avons perdu un peu trop de temps au pit stops, ce qui m'a coûté plusieurs places".
"Je suis ravi de la rapidité avec laquelle le team a réagi en fonction des conditions changeantes", s'est félicité Ross Brawn, P-DG et directeur technique.
BMW - Heidfeld P12, Kubica Ab
Huitième 2e place pour Nick "Poulidor" Heidfeld, qui a profité de la neutralisation, car à l'instant où la course a été arrêtée il était 3e. Recalé en Q2 (11e), l'Allemand a prouvé une fois de plus le côté "assurance tout risque" en ralliant l'arrivée pour la 30e fois de suite. Très content du KERS sur le mouillé, qu'il n'était pas sûr d'utiliser en arrivant à Sepang. Le dispositif contractait le chrono de 0.4 sec au tour.
"Lorsque j'ai débuté mon tour de formation, mon moteur a commencé à émettre des sons bizarres et il avait moins de puissance" , a expliqué Robert Kubica. "J'ai commencé la course mais ça n'était pas facile dans ces circonstances. J'ai appelé mon équipe pour demander quoi faire, mais avant même d'avoir eu la réponse la voiture était en feu".
Toyota - Glock P3, Trulli P4
Les "Toy boys" encore 3e et 4e, mais dans l'ordre inverse de Melbourne. Jarno Trulli, qui avait raté la pole pour 0.09 sec la veille, a chassé le leader Rosberg en début de course jusqu'à ce que l'équipe ne lui monte des "pluie" à la première averse. Glock avait des "intermédiaire" car le team voulait répartir les risques, et il en a plus profité.
Avec 16,5 points, Cologne s'installe solidement à la 2e place, loin devant BMW (4 points).
Red Bull - Webber P6, Vettel Ab
Mark Webber, plus léger mais sans KERS, a livré une belle bagarre à Alonso. La course a été stoppée alors qu'il visait le podium. Sebastien Vettel excellent 3e en qualif et malchanceux dimanche. En tête-à-queue après de l'aquaplanage, il n'a pu repartir.
McLaren - Hamilton P7, Kovalainen Ab
Le team manager Dave Ryan suspendu pour avoir demandé à Lewis Hamilton de mentir aux commissaires du GP d'Australie, le pilote anglais au confessionnal devant la presse internationale et le patron, Martin Whitmarsh mis sur la sellette par Mercedes-Benz pour des vacances familiales loin du tumulte : les Gris sont sortis affaiblis du week-end de Sepang. Des MP4 poussives et incapables d'aller en Q3, en toute logique selon les pilotes. Il n'en restait plus après moins d'un tour dominical : "Mon erreur" a tranché Kovalainen. Une course de survivant de Hamilton, qui s'attend à en disputer d'autres avant que n'arrive les évolutions au GP d'Espagne. Les stratèges ont bien découpé sa course et l'ont bien chaussé.
Renault - Alonso P11, Piquet P13
Les R29 étaient meilleures qu'à Melbourne, mais pas encore au niveau espéré pour jouer les premiers rôles. Pas encore débarrassé d'une otite vendredi, Fernando Alonso a laissé le travail de comparaison des pneus et de set-up à Neslon Piquet vendredi. Tout juste admis en Q3, l'équipe a choisi de le charger en essence en prévision d'une pluie précoce dimanche. Paris à moitié réussi : l'averse a tardé et le double champion du monde a fait de la résistance. Il aurait rentabilisé sa citerne s'il n'avait perdu de précieuses secondes, et quelques places, en sortant de la piste alors qu'il allait voir ses mécaniciens. Piquet fidèle à lui-même (éliminé en Q1) et assez anonyme. Au moins n'a-t-il pas été affaibli par une faute de pilotage.
Williams - Rosberg P8, Nakajima P12
On voyait Nico Rosberg dans les gros points et il ne repart qu'avec une demi-unité. Il a perdu son invincibilité en essais libres vendredi après-midi avant de se remettre en haut des moniteurs de chronométrage samedi matin. Sa FW31 a subi une baisse de régime en Q1 et Q2 mais a repris de la vitesse lorsqu'il le fallait une fois chargée pour la Q3. "Elle était très agréable", a commenté l'Allemand, qui a fait un festival en début de Grand Prix. "J'ai pris la tête au départ et ça faisait longtemps qu'une Williams n'avait pas été en tête par le simple fait de la performance pure et je dois remercier les ingénieurs pour ça. La voiture marchait très bien et j'ai montré ce que j'étais capable de faire. Puis, la pluie est arrivée et malheureusement, les choses n'ont pas tourné en notre faveur", a-t-il dit, pour la version officielle. En coulisses, il était furieux après la lecture pas très inspirée que son équipe a faite de la météo. Il se voyait 3e.
Kazuki Nakajima honorable 12e en Q2 et coincé un bon moment derrière Nelson Piquet.
Toro Rosso - Bourdais P10, Buemi Ab
Devancé par son coéquipier à Melbourne, Sébastien Bourdais a régi en hissant sa SRT en Q2. "Il a fait du bon boulot", a relevé Giorgio Ascanelli, le directeur technique. Le Français aurait aimé que la course reprenne pour "ramasser quelques points, ne serait-ce qu'un demi". Sébastien Buemi assez malheureux en Q1, mortifié même d'être sorti alors qu'il possédait 0.35 sec d'avance sur le chrono cible après le secteur 2. Passé au stand au tour 2 dimanche à cause aileron avant cassé et sorti encore au plus mauvais moment, un tour avant le drapeau rouge. Une bonne nouvelle globalement : la voiture est bonne en conditions de piste variables.
Ferrari : Massa P9, Räikkönen P14
Un Désastre. L'équipe a été présomptueuse en Q1 en estimant que Felipe Massa pouvait se contenter de son chrono pour aller en Q2. Le Brésilien était 11e au baisser du drapeau à damier et 16e une fois le dernier concurrent passé. "Nous avons choisi de faire juste un run avec un set de 'tendre' en Q1 pour les économiser pour les séances suivantes, et nous l'avons fait en début de session par crainte de la pluie. Puis, nous n'avons pas réalisé assez rapidement que la piste évoluait plus vite que nous pensions", a reconnu Luca Baldisseri, responsable de l'Activité piste. Kimi Räikkönen piégé par un scenario encore plus ridicule en course. 5e mais en "pluie" incongrus au 18e tour. Le temps que le ciel ne se déverse, ses gommes étaient fichues. Sa F60 était rangée depuis longtemps dans le garage, officiellement suite à un doute sur son KERS (batterie explosé en libres 1), lorsque la course a été stoppée. Baldisseri a parlé d'une "nouvelle course désastreuse". Réunions chaudes en perspectives à Maranello pour établir les responsabilités de chacun. Une énigme parmi d'autre qui fait resurgir le spectre de l'armée mexicaine des années 80 : Michael Schumacher suivait les opérations sous le auvent rouge, comme à Melbourne, mais personne ne sait dire quel rôle occupe aujourd'hui l'ancien conseillé spécial de Jean Todt. Une curiosité : les Rouges sont derniers au Mondial Constructeurs.
Force India - Sutil P17, Fisichella Ab
La VJ02 était à son maxi. "Nous avons fait du bon boulot aujourd'hui, nous n'avons pas eu de problèmes et nous roulions à notre rythme, nous ne pouvions pas vraiment faire mieux" , a expliqué Adrian Sutil, 19e de la qualification, une position derrière Giancarlo Fisichella, handicapé par son accélérateur. L'Allemand voulait voir l'arrivée : mission accomplie. Au contraire de l'Italien, parti en aquaplanage en pneus usés.



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