Fernando Alonso a roulé comme un prince dimanche à Monaco, laissant encore pour un temps son équipier Lewis Hamilton à son statut de futur héritier. De sa pole position, l'Espagnol a trôné sur les 78 tours de la 5e manche du championnat du monde, mises à part les séquences de ravitaillements. Au bout du parcours, une deuxième victoire consécutive sur le Rocher, une deuxième personnelle aussi depuis son arrivée chez McLaren, la 150e aussi pour l'écurie de Woking, qui affiche désormais un record de 14 succès dans la ville.
Pour Alonso, les 10 points de la victoire sont aussi synonymes de leadership au Mondial, car si Hamilton a également amassé 38 unités, l'Anglais ne s'est toujours pas imposé. Au championnat Constructeurs, les Gris, auteurs de leur premier doublé à Monaco depuis Ayrton Senna et Alain Prost, en 1989, en profitent pour consolider leur 1ère place, avec 76 points contre 56 à Ferrari. Dimanche, comme samedi et jeudi, les Rouges n'ont pas vu le jour. Tout juste Felipe Massa, 3e, a-t-il été le seul à boucler la distance réglementaire, Giancarlo Fisichella, 4e sur Renault, ayant encaissé un tour.
"Cela a été une très agréable surprise de voir la compétitivité de l'équipe ce week-end", a commenté Alonso. "J'ai remporté 16 grands prix dans ma carrière mais je n'avais jamais gagné avec plus d'une minute sur le 3e. Cela a été la victoire la plus facile et probablement la plus sympa jusqu'à présent pour moi."
Massa résigné
Accidenté jeudi lors des essais libres 2, Hamilton a vité lâché prise, un peu plus chargé en essence que son équipier, sans pour autant capituler. Il est revenu au contact à 15 tours de la fin. Dans un pilotage qui a tutoyé les limites. "J'ai touché plusieurs fois les rails dans cette course mais nous avons assurément une voiture solide", s'est félicité le Britannique. "C'était dur, j'ai essayé de le suivre du plus près mais je savais qu'une fois juste derrière, ce serait très difficile de passer. J'ai donc fait en sorte de maintenir une pression suffisante. La prochaine fois, peut-être..."
En revanche, Felipe Massa n'a jamais eu l'ombre d'une illusion. "McLaren a imprimé un rythme incroyable", a constaté le Brésilien. "Même si j'avais attaqué à 150 pour cent, cela aurait été la même chose. Il n'y avait rien à faire contre eux. J'ai juste pensé à finir 3e."
Voilà pour l'essentiel d'une course rébarbative qui n'a offert aucun dépassement digne de ce nom passé le festival Räikkönen (Ferrari), qui a mis dans ses retros au 1er virage Kovalainen (Renault), Trulli (Toyota), Coulthard (Red Bull) et Liuzzi (Toro Rosso). Tout ça pour se morfondre un après-midi derrière Button et Heidfeld.
Les autres incidents ont été anecdotiques : Liuzzi (Toro Rosso) et Sutil (Spyker) dans le rail de la montée vers le Casino, Webber (Red Bull) en panne de boîte de vitesses, Albers (Spyker) au garage et Davidson (Super Aguri) sanctionné pour obstruction...
Stéphane VRIGNAUD



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