Robert Kubica (BMW, vainqueur) : "Nous étions derrière la safety car et nous sommes rentrés au même tour. Le feu était rouge et a duré à la sortie, comme l'an dernier. Je me suis arrêté, Kimi [Räikkönen] aussi, nous étions côte à côte. Ce fût un gros choc (entre Hamilton et Räikkönen), j'ai vu la voiture de Kimi bouger et j'ai réalisé que c'était Lewis. Immédiatement, je suis resté concentré, à attendre le feu vert. De retour en piste, je suis resté bloqué derrière des voitures plus lentes que moi. Je ne pouvais esquisser la moindre manœuvre de dépassement. Quand la dernière voiture, celle de Glock (leader), est rentrée pour son premier pit, j'ai alors eu huit tours pour me constituer une marge de seize-dix sept secondes afin de revenir de mon pit stop devant Nick [Heidfeld]. Ce furent sept tours de qualification. Je me suis battu dans la voiture, j'ai attaqué dur pour avoir un écart de 21 secondes. Je suis parvenu à en avoir 23. Ce fût une course géniale.
Je n'ai pas eu de chance car j'ai raté l'ouverture de la pit lane pour trois secondes. En approchant la zone d'entrée, j'ai vu la lumière jaune commencer à clignoter et je n'ai pu rentrer. J'ai alors eu du mal en restant en piste derrière des voitures plus lentes, avec Alonso qui le pressait pour passer. Les pilotes devant moi se battaient entre eux, ce qui faisait que je perdais pas mal de temps sur les leaders. Je suis finalement arrivé à creuser un bon écart mais les derniers tours ont été très durs. Le team me disait : Reste calme, n'attaque pas trop', mais je n'attaquais déjà plus depuis 10-15 tours. C'était incroyable, dès que l'on était hors trajectoire, on roulait sur des morceaux de bitume. C'était comme conduire sur du sable ; C'était très dur.
C'est vraiment fantastique de gagner la première course pour BMW. Dès que j'ai rejoint l'équipe, nous avons grandi ensemble, en développant la voiture pour en faire une bonne voiture. Nous terminons premier et deuxième, peut-être que la vitesse n'est pas encore celle voulue lors de cette course, nous étions bien là. Dans le premier relais, je ne pouvais soutenir le rythme de Lewis [Hamilton] et j'avais des problèmes de pression de pneumatiques mais nous les avons ensuite modifiées et la voiture était très bien. Ce fut une course fantastique, c'est fantastique pour l'équipe, pour moi, pour mon pays et pour les supporters venus nous acclamer ici, au Canada. C'est encore mieux de gagner ici après mon gros accident de l'an dernier. Notre objectif cette année était de gagner une course, c'est maintenant fait. Je suis leader au championnat Pilotes et j'espère qu'avec l'équipe nous pourrons défendre cette place, peut-être jusqu'à la dernière course".
Nick Heidfeld (BMW, 2e) : "Bravo à Robert pour sa victoire, bien méritée ! J'ai fait un départ médiocre et perdu une position sur Rubens Barrichello. Par chance, j'ai pu le repasser, et à partir de là j'ai été l'une des voitures les plus rapides. Lorsque les autres sont rentrées ravitailler, je suis resté en piste car j'étais sur un long relais. J'ai attaqué dur à cet instant. Nous avons alors décidé de passer de deux à un arrêt, avec une quantité élevé d'essence et des pneus 'très tendre", ce qui était un réel défi. Cependant, j'ai pu garder Fernando Alonso derrière moi. Après son second pit stop, Robert [Kubica] est resté devant, j'ai donc assuré la 2e place. Finir à cette place après être parti 8e et un super résultat. Merci aux gars à Hinwil qui m'ont reconstruit un nouveau châssis après l'accident avec Alonso à Monaco! L'objectif pour cette saison était de remporter une course, nous l'avons fait. Notre prochain objectif est de remporter le championnat."
Mario Theissen (BMW Motorsport, directeur) : "C'est fantastique, je suis stupéfait. C'est difficile de trouver les mots. Aujourd'hui, tout a simplement bien marché. Nous espérions un nouveau podium ici mais nous n'aurions pas rêvé d'un doublé. Bravo à Robert et à Nick et à toutes les équipes à Munich et à Hinwil. Aujourd'hui, nous avons franchi un cap. Les deux pilotes n'ont fait aucune erreur et les stratégies ont payé".
David Coulthard (Red Bull, 3e) : "Je suis aussi content aujourd'hui que lors de mon premier podium en 1994. Ce sont mes premiers points et je suis ravi pour toute l'équipe, qui ne ménage pas ses efforts. Je suis aussi très heureux pour Robert et BMW, qui méritaient de gagner cette course."
Mark Webber (Red Bull, 12e) : "J'étais sur deux arrêts, et David sur un. Nous étions un peu hors jeu après ce qui s'est passé en qualification (ndlr : accident après la Q2) et ce fût dur de s'en remettre. Néanmoins, le résultat de David apporte beaucoup de points à l'équipe, et c'est une très bonne chose".
Timo Glock (Toyota, 4e) : "C'est un jour fantastique, je suis ravi de ces premiers points de l'année. J'ai perdu trois places au départ, ce qui m'a laissé derrière Jarno [Trulli]. J'étais plus rapide mais quand je me rapprochais de lui, je détruisais mes pneus arrière. J'ai patienté car je savais que j'étais sur un relais plus long, qui me permettrait de le passer. Après ça, ce fût dur de garder la voiture sur la piste. J'ai commis une erreur, qui a fait perdre une place à Jarno (ndlr : au profit de Massa, à l'épingle). Je n'ai commis aucune faute et je suis resté devant Massa".
Jarno Trulli (Toyota, 6e) : "Nous savions que ce serait une course difficile et je voulais juste ramener la voiture à la maison"
Felipe Massa (Ferrari, 5e) : "D'un côté, je suis déçu car sans mon problème de ravitaillement (ndlr : au 19e tour), j'aurais pu me battre pour une place sur le podium. D'un autre côté, je suis content de rentrer avec quatre points à l'issue d'une course très difficile sur un revêtement médiocre. Au bout du compte, je me suis retrouvé derrière Glock, sans pouvoir le passer sous peine de risquer de me sortir. Je veux féliciter Kubica et BMW : ils ont très bien travaillé et méritent ce succès. Ils sont forts".
Kimi Räikkönen (Ferrari, abandon - accident) : "Pas grand chose à dire. Ma course a été ruinée par la faute de Hamilton. Bien sûr, tout le monde peut faire des erreurs, comme moi il y a deux semaines à Monaco, mais c'est une chose de faire une faute à 200 km/h et une autre de percuter une voiture arrêtée à un feu rouge. Je ne suis pas en colère car ça ne mène à rien et ça ne changera pas mon résultat ! Je suis mécontent car j'avais une grande chance de gagner. Une fois que le grainage était parti, la voiture était très bien. J'ai échoué à marquer lors des deux dernières courses et il est temps que je me remette à gagne".
Luca Baldisserri (Ferrari, directeur de la Gestion sportive) : "Je ne veux pas commenter la collision qui a impliqué Kimi [Räikkönen]. Je veux juste souligner que, sans cette faute qui n'était pas de notre fait, nous aurions eu une grande chance de gagner. Je préfère complimenter Felipe, qui a piloté de façon fantastique après son problème au ravitaillement. Tombé en queue de peloton, il a remonté jusqu'à la 5e place en réalisant de jolis dépassements".
Sébastien Bourdais (Toro Rosso, 13e) : "Un mauvais week-end à tout point de vue. Par rapport aux conditions de piste à mi-course, certains gars s'en sont bien sortis, comme Sebastian [Vettel], mais en ce qui me concerne je n'ai rien pu faire avec la voiture. Je suis allé légèrment hors trajectoire et j'ai ramené de la terre. Quand ça arrive une ou deux fois, on est inquiet que ça se reproduise et ce n'est pas bon, spécialement quand on est dernier. Pour moi, ce fût un désastre total, j'ai donc complètement oublié la possibilité d'essayer de piloter vite, et j'ai juste essayé de ramener la voiture à la maison... Et même ça a été un challenge. Ce fût la pire course, le pire week-end de toute ma carrière. Je n'ai jamais vécu un truc pareil. J'ai hâte de courir chez moi, sur un circuit qui ne part pas en morceau !"
Heikki Kovalainen (McLaren, 9e) : "En début de course, j'ai eu la sensation que j'avais le potentiel pour faire un super résultat mais j'ai commencé à avoir beaucoup de grainage avec mon premier train. Changer de pneus n'a rien résolu et je n'ai dès lors pas pu attaquer jusqu'à la fin".
Lewis Hamilton (McLaren, abandon 19e tour - accident) : "Ce ne fût pas un super pit stop et, en ressortant, j'ai vu deux voitures se battre pour une position devant moi dans la pit lane. Evidemment, je ne voulais pas être impliqué dans leur bagarre, et j'essayais de ne pas l'être, et d'un seul coup ils se sont arrêtés. Et à partir du moment où je m'en suis rendu compte c'était trop tard pour que je m'arrête. C'est malheureux quand des choses comme ça arrivent mais je n'ai eu aucun problème avec les commissaires (ndlr : qui l'ont jugé responsable de l'accident et qui l'ont sanctionné d'un recul de dix places sur la grille du GP de France)".
Ron Dennis (McLaren Group, P-DG) : "La collision qui a éliminé Lewis (ndlr : et Räikkönen) fait partie de ces choses qui peuvent arriver. Aucun pilote ne mettrait un autre dehors délibérément, et le fait est que Lewis n'a pas réalisé que les voitures devant lui allaient s'arrêter, avant qu'il ne soit trop tard. C'est difficile pour un pilote de décider de se focaliser sur le feu ou sur les voitures devant dans une situation comme ça. Cela étant dit, nous acceptons la décision des commissaires".
Norbert Haug (Mercedes-Benz Motorsport, vice-président) : "Bravo à BMW pour son doublé. Bien joué !"
Nico Rosberg (Williams, 10e) : "J'ai fait un départ fantastique en passant Alonso au virage 1. Je me suis alors échappé. Puis, il y a eu cet incident dans la pit lane, vraiment malchanceux (ndlr : accident avec Hamilton et Räikkönen). Plus tard, j'ai essayé de passer Vettel car je devais absolument le passer. Mais je suis sorti de la trajectoire et je suis allé large et Heikki Kovalainen m'a passé".
Kazuki Nakajima (Williams, abandon - accident) : "Je suivais Jenson [Button] et il a apparemment roulé sur des débris au milieu de l'épingle et a perdu de la traction. Je n'ai pu l'éviter. J'ai endommagé mon aileron avant et, en rentrant, dans la pit lane, mon aileron s'est détaché complètement et est resté coincé sous le châssis. Je n'ai pas pu prendre le virage et c'en était fini pour moi".
Fernando Alonso (Renault, abandon - accident) : "C'est une terrible occasion manquée. Je suis forcément très déçu comme l'équipe. Notre stratégie n'était apparemment pas la plus adaptée et cela nous montre qu'il nous faut encore travailler pour pouvoir nous positionner en tant que challengers et viser de gros points".
Nelson Piquet (Renault, abandon - freins) : "Je conclus ce week-end sur un abandon, ce qui est une fois encore décevant mais je veux positiver. La voiture réagissait bien, l'équipe a fait du bon boulot et notre stratégie semblait prometteuse. Le début de course a été plutôt agité, ce à quoi je m'étais préparé mais j'ai finalement eu un problème de freins et j'ai dû abandonner. C'est dommage car je pense que j'aurais pu me battre pour entrer dans les points".
Flavio Briatore (Renault F1 team, directeur général) : "Après un très bon niveau de performances en qualifications, nous nourrissions d'autres espoirs pour la course. L'entrée de la voiture de sécurité en début de course nous a ensuite obligés à revoir notre stratégie et nous a grandement pénalisés avec Fernando notamment. Il a ensuite été coincé derrière la BMW (ndlr : de Heidfeld) et nous avons alors perdu tout espoir avant de devoir finalement abandonner".
Pat Symonds (Renault, directeur exécutif de l'Ingénierie) : "Nelson a dû abandonner cet après-midi en raison d'un problème de freins et nous cherchons maintenant à savoir ce qui a causé cette usure anormale. Avec Fernando nous avons opté pour la même stratégie que Kubica au premier arrêt mais malheureusement, nous sommes restés coincés derrière Heidfeld, ce qui a rendu notre course plus compliquée avant de finalement devoir abandonner".
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