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Wolff, Lauda, Lowe et Ross : ces hommes qui ont accompagné Rosberg sur le chemin de la gloire

Wolff, Lauda, Lowe et Ross : ces hommes qui ont accompagné Rosberg sur le chemin de la gloire

Le 28/11/2016 à 09:46

GRAND PRIX D'ABOU DABI - Si Nico Rosberg (Mercedes) est champion du monde, Toto Wolff, Niki Lauda, Paddy Lowe et Tony Ross y sont pour quelque chose, à différents degrés. Voici pourquoi.

Toto Wolff : le boss magnanime

Directeur de la compétition chez Mercedes, l'Autrichien a toujours essayé d'agir en Monsieur Loyal dans la gestion ô combien difficile de ses deux champions du monde et a veillé à ne jamais employer de formule définitive lorsque l'un ou l'autre était fautif.

Son action a spécialement été importante dans le soutien qu'il a apporté à Nico Rosberg après la perte des titres en 2014 et 2015, même s'il a sévi après l'accrochage de Spa-Francorchamps en sanctionnant financièrement Rosberg.

Son but a toujours été le même : offrir un duel équilibré et une liberté d'action en piste, dans un fonctionnement transparent en interne notamment à propos des données télémétriques. Pour Toto Wolff, le tout était de ne montrer aucune préférence pour l'un ou l'autre, avec d'un côté Lewis Hamilton et son salaire mirobolant, et de l'autre Nico Rosberg, vu comme un porte-drapeau par le public outre-Rhin. Pas évident de les traiter d'égal à égal sur le plan médiatique mais Toto Wolff y est jusque-là parvenu sans que tout n'explose.

Toto Wolff (Mercedes) au Grand Prix d'Australie 2016

Toto Wolff (Mercedes) au Grand Prix d'Australie 2016Eurosport

Niki Lauda : le libre arbitre

L'Autrichien a été à l'origine du recrutement de Lewis Hamilton chez Mercedes en 2013, et après avoir dominé Michael Schumacher pendant trois saisons, Nico Rosberg a pu voir ça comme un doute sur ses capacités à porter les espoirs de l'écurie. C'est vrai, le champion du monde 1975, 1977 et 1984 a mis du temps à reconnaître l'envergure de l'Allemand et il ne l'a jamais épargné dans la défaite.

Niki Lauda peut être vu comme l'œil de l'ancien pilote chez Mercedes, celui qui juge les faits de course sans que ni Toto Wolff ni personne d'autre ne puisse envisager le contester. Cette année, celui qui était surnommé "L'ordinateur" a jugé Hamilton responsable du crash du premier tour à Montmelo et Rosberg pour ce qui était du dernier tour en Autriche.

Niki Lauda (Mercedes) au Grand Prix de Belgique 2016

Niki Lauda (Mercedes) au Grand Prix de Belgique 2016AFP

Paddy Lowe : le directeur technique magicien

Le Britannique officiait chez McLaren avant que Mercedes n'en fasse son directeur technique, courant 2013. En 2008, il était le directeur de l'ingénierie (une sorte de n°2) quand Lewis Hamilton a été champion du monde et son transfert à Brackley n'est pas totalement étranger à celui de l'Anglais, qu'il a été heureux de retrouver.

Chef de projet des Flèches d'argent reines des années 2014, 2015 et 2016, Paddy Lowe a néanmoins loué l'éthique de travail et les progrès de Nico Rosberg cette année en affirmant : "Nico est un pilote incroyablement rapide et je pense que nous avons vu lors des trois dernières années qu'il peut que se qualifier extrêmement bien. Le palier qu'il a franchi cette année concerne sa vitesse en course, qu'il a considérablement améliorée."

Pour lui, le nouveau champion du monde s'est révélé aussi dans la solidité mentale : "Il est beaucoup plus capable de se battre pour gagner des places. Il a surmonté plusieurs écueils, notamment lors d'incidents qui n'ont tourné comme il voulait mais en fin de compte, c'est là qu'il a passé un cap."

Paddy Lowe et Nico Rosberg (Mercedes) lors des tests hirvernaux à Montmelo en 2016

Paddy Lowe et Nico Rosberg (Mercedes) lors des tests hirvernaux à Montmelo en 2016Daimler AG

Tony Ross : l'ingénieur mentor

Nico Rosberg a débuté en Formule 1 en 2006 avec Tony Ross comme l'ingénieur responsable de sa voiture chez Williams et il l'a toujours été depuis, sauf lors de son passage chez Mercedes 2010. En effet, le binôme fonctionnait tellement bien que l'Allemand a obtenu qu'il vienne chez Mercedes en 2011. Ce transfert a sans doute été déterminant dans le volume technique pris par le pilote au fil des années.

Le technicien a toujours été convaincu que son pilote était un futur grand : dès 2008, il martelait que son protégé n'avait rien à envier à Lewis Hamilton. Ingénieur de la W07 n°6, Ross est la personne la plus essentielle dans le travail de tous les jours et ce n'est pas un hasard si c'est lui qui est monté recevoir le trophée du constructeur vainqueur, dimanche à Abou Dabi.

"On est constructif dans la critique l'un envers l'autre quand il le faut. En terme de personnalité, ça fonctionne", souligne-t-il. "Nous parlons au quotidien de ce qu'il faut améliorer sur la voiture. Nico devient très concentré lors des week-ends de course et il s'applique à décider de la meilleure direction de travail."

"Nico est très intelligent, il n'y a pas qu'un ingénieur dans l'équipe", ajoute le complice du 33e couronné de l'Histoire. "Il y a toute une batterie d'ingénieurs, il les connait chacun et sait qui aller voir en fonction de ce que ça concerne sur la voiture. A partir de là, il maximise la performance de la voiture."

De son côté, Rosberg a ainsi rendu cette année hommage à son implication sans faille : "En avion, son ordinateur est ouvert du début à la fin du vol quand tout le monde dort plus ou moins. Il est compétent et la F1 est si complexe : toutes les deux semaines il y a de nouvelles pièces sur la voiture qui réclament des réglages totalement différents qu'il faut comprendre et adapter selon les circuits qui changent. Il est très bon dans ça."

Tony Ross, c'est vraiment l'assurance tout risque. "Tony arrive avec une liste de choses à faire extrêmement longue avant un week-end de course", explique le champion du monde 2016. "Il y a toutes les choses nouvelles sur la voiture, tout ce dont il faut se souvenir, un domaine qu'il connait très bien. Il me dit : 'Rappelle-toi de faire ceci, de faire cela…' Tout passe par la radio et c'est important."

Mais il n'y a pas que la piste, comme il le précise : "Avec Tony, on travaille aussi tout le temps ensemble au simulateur pour développer la voiture et préparer la prochaine course. Ce simulateur se trouve dans une salle remplie d'ingénieurs et d'ordinateurs, un truc énorme..."

Nico Rosberg, Tony Ross, Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix d'Abou Dabi 2016

Nico Rosberg, Tony Ross, Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix d'Abou Dabi 2016AFP

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