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La F1 peut pavoiser : Hamilton - Vettel, c'est le duel rêvé

La F1 peut pavoiser : Hamilton - Vettel, c'est le duel rêvé

Le 13/04/2017 à 11:23Mis à jour Le 13/04/2017 à 13:04

GRAND PRIX DE BAHREÏN - Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) arrivent à Sakhir à égalité parfaite en tête du championnat. Deux Grands Prix leur auront suffi pour nous promettre cette saison l'un des plus grands duels de l'histoire de la Formule 1.

Pauvre Nico Rosberg ! Lewis Hamilton l'a déjà oublié, en désormais "fan" de Sebastian Vettel qu'il est. Dans l'euphorie de la victoire à Shanghai, le Britannique en a fait l'aveu. Il a sûrement réalisé que l'Allemand et Ferrari seraient sa meilleure publicité dans l'optique d'un nouveau titre mondial. Que ses joutes tournaient depuis trois ans en circuit fermé et que la démission de son ennemi préféré lui offrait un nouvel horizon. Qu'il n'y avait rien de mieux pour avoir la paix chez soi qu'une menace venue de l'extérieur, incarnée par un champion 4 étoiles armé par la plus prestigieuse des écuries.

Voilà donc cette saison, que l'on redoutait de transition en attendant qu'Hamilton ait un coéquipier huppé, lancée sur des bases inespérées. Statistiquement l'une des plus extraordinaires. Tout est en place pour vivre un duel à sept titres mondiaux que seuls Michael Schumacher et Fernando Alonso avaient surpassé en mettant plus de couronnes sur la piste en 2006.

En deux Grands Prix, on a compris qu'il n'y en aurait que pour Hamilton et Vettel, que les autres n'étaient que des faire-valoir. Y compris ce jeune loup aux dents longues qu'est Max Verstappen, contraint à la patience sans que son talent ne soit en cause. Y compris ce sympathique Daniel Ricciardo, qui se fait grignoter de l'autorité chez Red Bull à chaque occasion.

Mercedes' British driver Lewis Hamilton celebrates on the podium

Mercedes' British driver Lewis Hamilton celebrates on the podiumAFP

Cette égalité parfaite (à 43 points) est un fait rare. La dernière remontait à 2012, entre Vettel et Alonso. Au passage, on peut relever que Vettel et Hamilton restent impossible à départager. Même aux yeux de la FIA. Dans l'article 7 de son règlement sportif, l'instance expose les critères pour sortir deux pilotes ou deux constructeurs d'un "dead heat". La discrimination est logiquement fondée sur la qualité des places. Ensuite ? "Si cette procédure échoue à produire un résultat, la FIA désignera le champion selon un critère qu'elle pense adéquate." On aimerait savoir lequel avant que le cas d'égalité, extraordinaire il faut en convenir, ne se présente.

L'influence nouvelle d'Hamilton chez Mercedes

Voilà pour cette étrangeté. Mais on ne saurait s'arrêter là car Hamilton et Vettel ont secoué le paddock comme jamais en l'espace de deux courses. Ils ont aujourd'hui une importance qu'ils n'avaient jamais eu dans leurs équipes et les conséquences vont jusqu'au marché des transferts. A commencer par Lewis Hamilton, contesté cet hiver chez les Gris pour son comportement vis-à-vis de Nico Rosberg à Abou Dabi, et conforté dans un rôle de leader.

Meilleur que jamais, selon son patron Toto Wolff, il s'est permis de refermer officiellement la piste Fernando Alonso sans se faire reprendre. Sur un sujet aussi sensible, il ne s'est pas avancé gratuitement. Après le clash de Montmelo l'an dernier, il avait été proche de tout plaquer, et sa fidélité à l'Etoile vaut aujourd'hui tranquillité. Lui qui se déclarait prêt à accueillir n'importe qui en 2017 émet soudain une préférence pour 2018. Bottas, évidemment…

Sebastian Vettel (Ferrari) lors des essais libres du Grand Prix du Chine 2017

Sebastian Vettel (Ferrari) lors des essais libres du Grand Prix du Chine 2017AFP

On n'aura pas rêvé longtemps au sulfureux tandem reconstitué. "Nando" a assuré sa promo comme jamais en Chine ("deuxième miracle", "attaque d'animal", "performance inouïe"…) pour attirer l'attention de Mercedes en Chine. Pour rien. Dorénavant, il n'a plus que deux options : rester chez McLaren à condition d'avoir une Mercedes dans sa version ultime, ou retourner une fois de plus chez Renault.

Allison et Binotto, ou comment développer une voiture "étrangère"

Chez Ferrari, on a aussi clairement un n°1 et un n°2. Sebastian Vettel s'est remis en mode "on" après avoir un peu balancé sa saison 2016 façon Red Bull en 2014. Autre conséquence de son bon début de saison, Maranello est redevenue une solution naturelle pour lui en 2018, alors que Mercedes tenait la corde jusque dans un passé récent.

L'autre effet des performances de l'Allemand est la mise en cause de Kimi Räikkönen, dont l'irrégularité est forcément devenue plus visible. Iceman s'est fait rabrouer par son président Sergio Marchionne mais son principal problème reste la qualification. La rumeur Daniel Ricciardo a donc commencé à circuler. Helmut Marko l'a curieusement démentie sans avancer son argument préféré, à savoir un contrat bien verrouillé. Räikkönen a donc tout pour se réveiller, une fois de plus.

Alors, qu'est-ce qui va faire la différence entre Mercedes et Ferrari ? La vitesse de développement, une fois encore. Avec la même difficulté du côté de Brackley comme de Maranello, car ni James Allison ni Mattia Binotto n'ont conçu la voiture dont ils ont la charge. Comprendre une monoplace sans mode d'emploi n'est jamais facile. Le premier qui y parviendra saura dans quelle direction avancer le plus efficacement. Mais dans tout ça, James Allison pourra regarder la Ferrari avec un oeil intéressé. Puisque c'est lui qui l'a dessinée.

Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix d'Australie 2017

Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix d'Australie 2017Daimler AG

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