Singapour lance le sprint

Singapour lance le sprint - Formule 1 - Grand Prix de SingapourEurosport

A Singapour, Fernando Alonso (Ferrari) se présente en leader du Mondial. Mais derrière, on compte sur la tournée asiatique pour revenir.

Les pilotes se plaignent parfois des circuits en ville. Trop lisses, manquant de piquant. Mais ils ne citent jamais Singapour dans cette liste. Peut-être parce que le Grand Prix se dispute de nuit, et qu'il possède à ce titre sa singularité. En quatre ans d'existence, il a en tout cas déjà acquis un statut particulier. "Ça ressemble plus à un film de Hollywood qu'à du sport international et c'est fantastique", a même osé Martin Whitmarsh, le directeur de McLaren. Pour que le scenario soit parfait, la pluie pourrait même s'inviter dimanche à l'heure du GP. Pourtant, aux deux tiers de la saison, le championnat n'a pas besoin d'un tel aléa pour être intéressant. Au sortir d'un été européen dominé par Ferrari dans un premier temps puis McLaren dans un second, cinq pilotes sont encore en lice pour le titre mondial au moment d'aborder la tournée asiatique qui les verra jouer à Singapour donc puis au Japon, en Corée et en Inde.

Au sommet de la troupe, Fernando Alonso (Ferrari) trône avec ses 179 points. Mais derrière, ils sont quatre de Lewis Hamilton (McLaren) à Mark Webber (Red Bull) à pouvoir encore supplanter le leader. Vainqueur de deux des trois derniers Grands Prix en Hongrie et en Italie, le Britannique représente la menace la plus sérieuse pour l'Espagnol. "C'est un des pilotes dont je me méfie le plus parce que je sais ce qu'il est capable de faire au volant de bonnes et mauvaises voitures, a confié Alonso qui devance Hamilton de 37 unités au classement pilotes. En terme de stratégie, il est impossible de les surveiller tous, je vais faire attention à mon dauphin, Lewis donc."

"Ça commence à devenir excitant"

Au moment d'arriver à Singapour, Hamilton alimente lui autant les chroniques quant à son futur que sur ses chances d'être titré en fin de saison. "Nous nous rapprochons de la ligne d'arrivée et ça commence à devenir excitant", a souri le natif de Stevenage, qui se dit "plein d'optimisme" avant ce nouvel acte. Vainqueur sur le tracé de Marina Bay en 2009, le Britannique reste sur deux désillusions en 2010 (crevaison) et 2011 (accrochage). Mais il compte sur la compétitivité actuelle de sa monoplace pour récolter les lauriers une quatrième fois en 2012.

Chez Red Bull, les récents déboires ont relégué Sebastian Vettel et Mark Webber aux quatrième et cinquième rang. Mais la confiance reste de mise. "C'est sûr que ce problème d'alternateur, que nous avons connus à deux reprises, ne nous aide pas, a reconnu le double champion du monde. Mais nous travaillons dessus. Nous avons quelques idées et la suite devrait être meilleure." Facile vainqueur l'an dernier, Vettel verrait arriver d'un bon oeil son deuxième succès en 2012, histoire de combler une partie de ses 39 points de retard sur Alonso.

Un autre pilote, Kimi Räikkönen (Lotus), se contenterait bien d'un premier succès au volant de la Lotus E20. Mais le Finlandais, troisième du championnat à 38 points d'Alonso, n'en fait pas une obsession. "De toute façon, celui qui a le plus de points en fin de saison mérite d'être sacré. Si j'y parviens, ce sera une bonne chose. Mais que ce soit avec ou sans victoire, je m'en fou", a lancé Kimi Räikkönen, par ailleurs énigmatique concernant son avenir. "Il y a pleins de belles choses à faire autre que la Formule 1, a-t-il conclu. Nous avons plusieurs options, nous verrons bien." En attendant, c'est à Singapour et de nuit que son avenir s'écrit pour les prochains jours. Au sein du club des cinq, il s'apprête à écrire une nouvelle page de ce scenario rempli d'inconnu.