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Romain Grosjean, ce n'est pas encore l'Amérique

Grosjean, ce n'est pas encore l'Amérique

Le 22/10/2016 à 00:44Mis à jour Le 22/10/2016 à 01:13

GRAND PRIX DES ETATS-UNIS D'AMERIQUE - Après de beaux débuts avec Haas, Romain Grosjean marque le pas. Et le décor US de son centième Grand Prix ne doit pas le détourner de résultats qu'il devra obtenir pour aller plus haut. Ailleurs.

C'est l'heure des grands sourires pour Romain Grosjean, emporté dans un gentil folklore. Ce Grand Prix des Etats-Unis d'Amérique sera dimanche son centième départ en Formule 1. Sous la bannière nationale de Haas, la coïncidence est heureuse. Haas est une écurie comme on les aime outre-Atlantique : sortie de nulle part en un rien de temps pour montrer que tout est décidément possible.

Là, le cliché s'étale évidemment, parce que la monoplace US n'est qu'une déclinaison de la Ferrari dont elle emprunte à peu près tout techniquement, sans les avantages d'un développement qui commence à faire défaut. Après un départ en fanfare, les Américains ont en effet atteint un palier jusqu'à susciter quelques inquiétudes : ni Romain Grosjean ni Esteban Gutiérrez n'ont marqué depuis huit courses. Cependant, l'espoir reste permis vu que le Français et son coéquipier mexicain, sans point en 2016, ont échoué pendant cette période à quatre reprises à la 11e place.

Romain Grosjean (Haas) au Grand Prix des Etats-Unis d'Amérique 2016

Il ne faut pas s'y tromper, Gene Haas est tout sauf un leurre et son pragmatisme en fait aujourd'hui un acteur essentiel dans le paddock pour sa capacité à amener ses compatriotes à saisir ce qu'est la F1 et l'apprécier dans tout ce qu'elle a de select.

On sait qu'il sera probablement servi dans les années à venir par un second Grand Prix - sans doute urbain - qui renforcera la notoriété du sport aux Etats-Unis. Mais d'ici là, il devra consolider son projet et s'inscrire dans la durée, ce qui est loin d'être gagné.

Devenir une évidence pour un top team en quête de leadership technique

Il faut être clair, Romain Grosjean devra également réaliser une saison plus consistante en 2017 pour s'ouvrir les portes d'un top team. Parce qu'à trente ans, s'il n'est pas vieux le temps commence à jouer contre lui. Encore deux ou trois ans et il saura de quoi sera faite sa carrière ; s'il ne reste qu'un éternel espoir ou s'il entre dans la classe des vainqueurs...

En 2017, il s'en remettra d'abord à sa monoplace, qui bénéficiera peut-être un coup de fouet du nouveau règlement (pneus larges, aéro diminuée). Mais l'inconvénient sera peut-être de s'en remettre à un projet Ferrari bouclé sans directeur technique de métier depuis le départ de James Allison cet été. Et puis, pour être franc, notre Tricolore devra passer l'ultime cap de la maturité technique. Celui qui lui permettra d'offrir à son équipe des résultats qu'elle n'a pas aujourd'hui en toutes circonstances. Pour une écurie, c'est toujours rassurant de savoir qu'un pilote va faire performer une monoplace sur des circuits aussi variés que Monaco et Monza, par 25°C au sol comme 50°C. Ceci en toute sérénité, sans lâcher des jugements aussi lapidaires qu'improductifs.

Il faut le dire : cette année le Français a alterné le bon et le moins bon, parfois dans la perplexité voire l'agacement le plus total, en donnant le sentiment que les choses lui échappaient. Rendement des freins, exploitation des pneus, réglages du châssis... : il s'est trop souvent retrouvé dans des impasses qui au-delà de Haas ne pouvaient séduire des top teams en quête de leadership technique. C'est ce à quoi il devra veiller spécialement pour donner ce sentiment imperturbable qui habitent les plus grands.

Romain Grosjean (Haas) au Grand Prix des Etats-Unis d'Amérique 2016
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