Une rumeur a circulé cet hiver comme quoi votre présence chez Toyota n'était pas assurée en 2008, alors que vous aviez resigné l'été dernier. Comment avez-vous interprété cette rumeur ?
J.T. : Je n'ai pas interprétée. J'ai entendu cette rumeur mais j'avais un contrat et personne en interne ne m'a parlé de ça. J'ai continué à travailler avec l'équipe, à venir à l'usine (à Cologne). Pour moi, ce n'était qu'une rumeur.
Vous avez un contrat ferme pour 2008. Qu'en est-il de 2009 ?
J.T. : 2009 est un contrat avec une certaine option, suivant des conditions dont ni moi ni l'équipe ne voulons parler.
Vous êtes venu en Formule 1 pour être champion du monde, et vous ne pouvez pour l'instant pas revendiquer cet objectif. Quelles sont vos perspectives de résultats ?
J.T. : J'ai toujours l'espoir de gagner avec Toyota. J'ai débuté avec l'équipe en 2005 et j'ai été le premier pilote à leur donner une pole position et un podium. Je veux donc leur offrir leur première victoire, et pourquoi pas le championnat. Mais évidemment, ça va prendre du temps, surtout au niveau où nous sommes actuellement. De façon réaliste, je dirais que je serai très content si nous faisions un bon pas en avant, si nous nous battions régulièrement pour les points cette année.
Toyota est passée aux pneus Bridgestone dès 2006 mais cette année d'expérience n'a visiblement pas été bénéfique en 2007, lorsque toutes les équipes sont passées au manufacturier unique…
J.T. : J'ignore la raison pour laquelle nous sommes passés aux Bridgestone en 2006, mais j'ai toujours dit que les pneus de 2007 n'avaient rien à voir avec ceux de 2006. Le fait d'avoir travaillé avec Bridgestone en 2006 ne nous a procuré aucun avantage. Certaines équipes ont eu du mal à passer de Michelin à Bridgestone, et nous en faisions partie.
Toyota n'a pas exploité les pneus de façon optimale l'an passé, mais pour autant les performances en qualification étaient plutôt correctes. D'où venait le problème ?
J.T. : En qualification, on est souvent entrés dans le top 10, mais faire partie des dix ne signifie pas marquer des points. Souvent, j'étais 9e ou 10e sur la grille. En fait, on aurait pu marquer plus de points mais notre gros problème a été les départs : on perdait des places. Et c'était très difficile de récupérer ces places car la bataille du milieu de plateau était très dure (ndlr : avec Renault, Williams et Red Bull). Et puis, surtout, ce n'est pas vrai que notre voiture ne marchait pas en course : en fait, nous étions aussi rapides en course qu'en qualification. Mais quand on perd des places au départ et qu'on se bat au dixième de seconde près avec les autres, c'est difficile de les récupérer.
Toyota a eu des difficultés en terme de stratégie l'an passé…
J.T. : Non. Comme tout le monde nous n'avons pas été bien à 100 pour cent, mais la bataille du milieu de plateau a toujours été très difficile. Nous visions les 7e et 8e places pour entrer dans les points. C'était très difficile de dépasser, surtout en tournant dans le même dixième de seconde que nos rivaux. Nous en gagnions une ou deux et, parfois, ce n'était même pas suffisant pour marquer.
Que fallait-il changer sur la voiture pour obtenir de meilleurs résultats en 2008 ?
J.T. : Il n'y avait pas qu'un problème l'an dernier. On a eu des tout petits problèmes autour de la voiture qui faisaient qu'on n'était pas confortables, pas assez vite. Quand je regarde la nouvelle voiture, je trouve qu'elle est bien née. Maintenant, on espère que les données des ingénieurs vont être confirmées sur la piste.
Les assistantes électroniques ont été abolies...
J.T. : Oui, et je suis content que l'on n'ait plus d'anti patinage car ça donne un peu plus au pilote la possibilité d'influencer la performance de l'auto. Cependant, je ne pense pas que ça va changer les choses, les vraies valeurs de performances de la voiture. Mais on va s'amuser un peu plus. On va travailler un peu plus dans le cockpit.
Un grand prix de nuit, ça vous plaît ?
J.T. : C'est un nouveau challenge. On verra ça à Singapour. Je pense que les gens sont très intéressés mais pour nous, les pilotes, le plus important est de tenir compte de la sécurité. C'est le seul problème que nous pourrions rencontrer.
En quoi la collaboration avec Timo Glock va-t-elle changer de celle avec Ralf Schumacher ?
J.T. : Je me suis très bien entendu avec Ralf. Timo est assez différent de Ralf, mais on s'entend déjà très bien. C'est un pilote rapide, il peut faire une très bonne saison. J'espère qu'il va bien m'aider à développer la voiture.
Le retour d'Alonso va-t-il booster Renault ?
J.T. : Il peut en revenir au niveau de 2005 et 2006 mais ça dépendra surtout de la performance de la voiture et de toute l'équipe.
Avec Sébastien Bourdais, la France retrouve un titulaire en Formule 1. Pensez-vous qu'il va bien s'adapter ?
J.T. : Il a fait de très bonnes choses aux Etats-Unis. C'est une nouvelle aventure qui commence pour lui, très différente. On a souvent vu des gens avoir du mal mais je ne pense que ce n'est qu'une question de temps et qu'il va bien s'adapter.
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