A Montréal, controverse autour du ePrix de Formule E

A Montréal, controverse autour du ePrix de Formule E
Par AFP

Le 25/07/2017 à 21:23Mis à jour

Le maire de Montréal a fait face mardi aux critiques sur l'organisation du ePrix de Formule E en plein centre-ville, enclavant plus d'un millier d'habitants et des dizaines de commerces tout au long du prochain week-end.

Le circuit de la dernière course du calendrier du Championnat FIA de Formule Electrique tracé en partie dans le Vieux Montréal et dans la principale artère du centre ville, occupe une zone plus densément habitée que lors des précédentes étapes à Paris ou Berlin.

"Je suis touché en tant que résident et en tant que commerçant", explique Frédéric Cormier, propriétaire d'une brasserie à proximité de l'évènement et habitant du quartier.

Il y a quelques semaines, la municipalité l'a avisé qu'il devrait fermer sa terrasse pour élargir la voie de circulation en raison de la déviation mise place pour l'événement.

En réponse à ses protestations, il a reçu 2.000 dollars (1.370 euros), ce qui "ne couvrira pas mes pertes, ni les coûts de réaménagement de la terrasse", selon lui.

"Fermer le centre-ville est une mauvaise idée", a estimé mardi en conférence de presse Valérie Plante, du parti d'opposition Projet Montréal, qui fustige un "manque de planification flagrant" et précise que "Montréal est la seule ville à dépenser de l'argent public" pour la course de Formule E.

Denis Coderre, maire de Montréal, s'est défendu en estimant que "la configuration du circuit ne s'y prête pas".

L'accueil de la Formule E permet, selon lui, de promouvoir les transports électriques et "d'amener du tourisme" dans la ville.

L'évènement, qui a déjà coûté près de 25 millions de dollars, a été vivement critiqué au cours des dernières semaines, notamment en raison des travaux engendrés, du prix élevé des billets, et du manque de communication de la municipalité avec les commerçants.

"Personne n'est informé", déplore Alexander Meletakos, dont la poissonnerie, en plein coeur du périmètre de la course, a dû fermer son parking pour l'installation de gradins.

Pour lui, l'évènement est un "cauchemar, une perte de temps et d'argent".

"Je suis pour ce genre d'évènement, mais cela doit être fait dans les règles", estime Frédéric Cormier.

Valérie Plante a promis, en cas de victoire aux municipales à l'automne, se déplacer la course sur le circuit Gilles Villeneuve, habituellement réservé à la Formule 1 sur une petite île en bordure du port de Montréal.

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