Eurosport

Formule E – Technologie, marketing… Les 4 enjeux de la 2e saison selon Alain Prost

Formule E – Technologie, marketing… Les 4 enjeux de la 2e saison selon Alain Prost

Le 30/10/2015 à 17:12Mis à jour Le 06/11/2015 à 17:17

Alors que la saison de Formule 1 s’achève fin novembre, la Formule E prend le relais : la deuxième saison a repris fin octobre en Chine. Ce relais, Alain Prost l’a aussi saisi, en fondant avec Jean-Paul Driot et Renault, l’écurie Renault e.dams. Quels sont les enjeux de la FE, tant sur le plan technologique que logistique ? L’ancien champion du monde répond à nos questions.

Alain Prost and Jean Paul Driot co-founders of E.DAMS RENAULT TEAM during the 2015 Formula E championship, at Monaco, France

Alain Prost and Jean Paul Driot co-founders of E.DAMS RENAULT TEAM during the 2015 Formula E championship, at Monaco, FranceEurosport

1. Une 2e saison marquée par des progrès technologiques

L’avis d’Alain Prost : "Gagner est toujours important. En sport automobile, on aime dominer. Il faut relativiser le titre obtenu lors de la première année, puisqu’il y avait peu de développement, les voitures étaient toutes des Spark-Renault SRT01E. On est très heureux d’avoir gagné le premier titre, pour nous comme pour Renault, notre partenaire. Mais la saison à venir sera différente. C’est ‘l’année 2’. On va énormément développer : d’abord le moteur, puis l’inverseur, la boîte de vitesses, et surtout les batteries."

Pour marquer l’histoire du sport automobile, il faut bâtir une hégémonie. Ferrari et Porsche ou Renault, par exemple, ont utilisé leurs succès en F1 et Endurance pour asseoir leur popularité. En Formule E, l’importance du titre écurie est renforcée par la prépondérance de la technologie. Déjà perceptible lors de la première saison, elle devrait l’être encore plus cette année.

2. Des constructeurs concurrents sur le circuit… et le marché de série

L’avis d’Alain Prost : "La Formule E permet au constructeur de développer constamment de nouvelles technologies transmissibles aux voitures de série. On ne va pas se voiler la face : on dispute une compétition avec d’autres constructeurs, dont un autre français, Citroën. Il y a évidemment un aspect marketing très important pour les marques. "

Contrairement à la saison passée, où toutes les monoplaces étaient similaires, chaque écurie va maintenant disposer de son propre constructeur. Et pourra donc modifier son moteur, ses batteries, ou sa boîte de vitesse. A ce petit jeu, le championnat va opposer plusieurs marques s’affrontant déjà sur le marché de l’automobile de série. Pour elles, la Formule E cumule à la fois prestige et visibilité sur les innovations qui pourront être retransmises sur la voiture de monsieur Tout-le-monde. S’incliner face à un concurrent risque de faire tâche.

Alain Prost co-founder of E.DAMS RENAULT TEAM and Nicolas Prost,  TEAM E.DAMS RENAULT during the 2015 Formula E championship, at Berlin, Germany.

Alain Prost co-founder of E.DAMS RENAULT TEAM and Nicolas Prost, TEAM E.DAMS RENAULT during the 2015 Formula E championship, at Berlin, Germany.Eurosport

3. Des contraintes budgétaires qui boostent les stratégies

L’avis d’Alain Prost : "En Formule E, les coûts ne sont pas comparables à ceux d’autres disciplines, parce que les budgets ne sont pas les mêmes. En comparaison avec la F1, les investissements se situent à des années-lumière. En FE, il faut mettre l’argent au bon endroit. Pour les gros investissements, on privilégie surtout la technologie électrique. On injecte des sommes moins importantes pour les pneus, les freins ou l’aérodynamique, qui sont très coûteux. Chaque écurie fait des choix techniques différents. Renault e.dams a penché pour un seul moteur, d’autres équipes ont opté pour deux. Si on fait un mauvais calcul, on va le payer toute l’année. "

Alors que le budget d’une écurie de F1 peut dépasser les 400 millions d’euros, en FE, les équipe disposent d’une enveloppe maximale de 4 millions d’euros. Si la réduction des investissements pourrait atténuer la bagarre pour le sacre constructeur, elle est finalement compensée par la peur de l’échec. Avec un règlement très ouvert, où les possibilités de motorisations sont multiples, opter pour un mauvais choix avant le premier ePrix ruinerait l’ensemble de la saison d’une écurie. Puisqu’avec un budget si réduit, les équipes ne peuvent pas tester plusieurs options de développement. L’erreur n’est pas permise !

Nicolas Prost, TEAM E.DAMS RENAULT during the 2015 Formula E championship, at Berlin, Germany

Nicolas Prost, TEAM E.DAMS RENAULT during the 2015 Formula E championship, at Berlin, GermanyEurosport

4. Des relations bon enfant entre pilotes

L’avis d’Alain Prost : "C’est l’état d’esprit général. Il ne se commande pas et est naturel. La Formule E est effectivement assez ouverte, plus cool. Nos infrastructures sont relativement basiques. L’ambiance du championnat joue beaucoup. Les pilotes s’entendent bien et se connaissent depuis longtemps. Personne ne s’enferme, il y a plus de convivialité. "

En FE, malgré une première saison relevée, où Nelson Piquet a été sacré avec un seul point d’avance sur Sébastien Buémi, et de nombreux accrochages en piste, aucune tension n’a éclaté. "En tant que pilotes, nous entretenons une très bonne relation", confirme Nicolas Prost, officiel de l’équipe Renault e.dams. "On essaie de tirer l’équipe vers le haut, et que le meilleur gagne. En F1, on essaie souvent d’instaurer une ambiance qui n’est pas forcément nécessaire ». Cet apaisement laisse la rivalité entre les constructeurs au premier plan.

0
0