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Plus spectaculaire, plus de suspense… 5 bonnes raisons de suivre la Formule E cette saison

Plus spectaculaire, plus de suspense… 5 bonnes raisons de suivre la Formule E cette saison

Le 20/11/2015 à 20:17

FORMULE E - Sur les circuits, ces bolides de 800 kg pointent à 225 km/h. Signe particulier : ils sont 100 % électriques. Avant la troisième course du championnat, le 19 décembre à Punta Del Este, en Uruguay, Vincent Gaillardot, responsable du développement technique du projet Formula E chez Renault Sport F1, nous en montre tout le côté tout autant technologique que spectaculaire.

1) Une plus âpre bataille de constructeurs

PROST Nicolas during the 2015 Formula E championship at Long Beach, California

PROST Nicolas during the 2015 Formula E championship at Long Beach, CaliforniaEurosport

Pourquoi c’est une bonne raison : Pour la première saison de Formule E, les monoplaces étaient quasiment identiques. Cette année, changement de règle : les huit constructeurs sont libres de modifier les éléments qui se situent derrière la batterie. Stratégiquement, l’objectif est donc de trouver le bon équilibre, par exemple en améliorant l’autonomie des monoplaces au détriment de la vitesse de pointe. Pour exploiter au mieux les 170kw de puissance, certaines équipes ont installé deux moteurs. D’autres ont choisi une boîte à un seul rapport, afin de ne pas interrompre la régénération de la batterie.

L’avis de Vincent Gaillardot : "Les critères qui conduisent au choix de l’architecture sont ceux qui font le succès d’une voiture de course. La masse et le centre de gravité sont les plus importants. Chez Renault e.dams, nous avons énormément travaillé sur la masse des composants et leur installation dans la monoplace, avant de s’attarder sur l’efficience de la chaîne de traction. Ce rendement est une particularité de la monoplace électrique."

2) Un spectacle sonore plus impressionnant

Motor Formula FE

Motor Formula FEEurosport

Pourquoi c’est une bonne raison : La pluralité technologique tord le cou à l’un des arguments fétiches des détracteurs de la FE : son manque de bruit. Chaque monoplace dispose désormais d’un son perceptible, propre et identifiable, lié notamment aux différentes options de motorisation et de rapports choisies par les écuries. Evidemment, les technologies électriques n’abîment pas les tympans. Une Formule E dégage 80 décibels (soit 50 de moins qu’une Formule 1).

L’avis de Vincent Gaillardot : "Il est vrai qu’on ne tient pas spécialement compte du son lorsqu’on met au point la monoplace. Le bruit consomme de l’énergie. Pour en faire, il faut de la puissance. A partir du moment où l’on décide de mettre au point une monoplace énergétiquement efficace, les sonorités seront forcément plus faibles qu’en F1. Mais à ceux qui avancent cet argument pour critiquer ce championnat, je réponds qu’il ne faut pas comparer ces deux sports."

3) Des courses plus longues, des bolides plus rapides

Formula E championship, at Miami, Florida

Formula E championship, at Miami, FloridaEurosport

Pourquoi c’est une bonne raison : Cette saison, les courses dureront plus longtemps. Une décision de la Fédération Internationale de l’Automobile suite aux améliorations apportées sur les batteries. Ainsi lors de la première épreuve, à Pékin, les pilotes ont effectué 26 tours, contre 25 en 2014. En course, ils disposent d’une puissance proche de 170kw, 13% supérieure à l’année dernière. A ce rythme, les vitesses de pointe des monoplaces électriques pourraient atteindre les 250 km/h dans une paire d’années, contre environ 230 actuellement.

L’avis de Vincent Gaillardot : "C’est itératif. Les règlements vont constamment évoluer pour une raison simple : pour certains éléments techniques complexes, on conserve une marge de sécurité afin de minimiser les risques. Avec les analyses, course par course, ajoutées au recul de la saison dernière, on va pouvoir optimiser ces critères. C’est pour cela que, malgré la diversité des architectures de monoplace, toutes les écuries vont finir par tendre vers la solution qui semble être optimale. C’est ainsi que l’on repousse les limites."

4) Un laboratoire pour nos futures voitures

Pourquoi c’est une bonne raison : La Formule E, c’est une compétition dans la compétition. Trois des plus grands constructeurs mondiaux se disputent le championnat, Renault, Audi et DS. En jeu : un titre mais aussi une manière de concrétiser leurs recherches vers un nouveau mode de consommation, imposé par le marché automobile mondial. Les exigences écologiques entraînent la réduction du diesel et l’essor de l’électrique. Pour s’affirmer pionnières et accélérer leurs avancées, certaines marques ont choisi la plus verte des compétitions automobiles. Elles disposent ainsi de tests grandeur nature.

L’avis de Vincent Gaillardot : "C’est une compétition saine, où les constructeurs cherchent à montrer qu’ils sont capables de mettre au point les meilleures technologies et d’effectuer les plus beaux progrès. On peut donner un exemple simple. Dans notre championnat, les batteries ne résistent pas sur toute la durée d’une course (les pilotes rentrent aux stands pour changer de monoplace lorsque la première est à court d’énergie, NDLR). Mais on a déjà émis le souhait de passer à une seule voiture pour l’ensemble d’une épreuve. Afin de délivrer ce même message : la Formule E permet de se pencher sur les problématiques qui concernent tout le monde. "

5) Les fans participent aussi à la course !

Formula E – FanBoost

Formula E – FanBoostEurosport

Pourquoi c’est une bonne raison : Avant chaque course de FE, vous pouvez voter pour votre pilote préféré sur le site officiel de la Formule E. Les trois pilotes les plus populaires bénéficient d’un surplus de puissance pendant l’épreuve. Sportivement, cette caractéristique n’est pas la plus équitable, mais pour le spectacle et le grand public, l’efficacité est garantie. Grâce au FanBoost, la Formule E a trouvé un moyen de lier technologie, compétition, réseaux sociaux et grand public.

L’avis de Vincent Gaillardot : "C’ est comparable au DRS (aileron arrière mobile qui permet un gain de vitesse grâce au phénomène d’aspiration, NDLR), même si en F1, tous les pilotes l’ont. Ce FanBoost offre 100 kJ de puissance supplémentaire pendant un très court instant, uniquement utilisables après la mi-course. Il redistribue les cartes et favorise les dépassements, mais il ne va pas faire passer un pilote de la dernière à la première place. Il sert surtout à créer du show, y apporter du piquant. Et être dans l’ère du temps."

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