En allant s'asseoir dans la salle de conférence de presse dans la peau du leader, Lee Westwood ne s'imaginait pas ce qui pouvait se passer à l'extérieur. Parti vingt minutes après l'Anglais, Tiger Woods était encore sur le parcours à ce moment là. En deux trous, le N.1 mondial a réussi à prendre l'ascendant psychologique sur ses adversaires. D'abord grâce à un coup de chance incroyable au trou N.17, son approche ratée frappant le drapeau avant de tomber dans le trou : "J'ai simplement tapé le plus mauvais coup de départ de toute ma vie et honnêtement, je me disais simplement : 'Ne fais pas six ! Donne toi juste une chance de faire le par' et puis paf... je repars avec un birdie."
Ensuite, avec un coup de génie sur l'ultime par 5 du parcours. Le Tigre s'était retrouvé en deux sur le green avant de rentrer un long putt en pente et en descente dont lui seul a le secret : "Sur le 18, je savais que ma balle allait continuer de tourner. J'ai déjà eu ce putt avant et en général, ça tourne brutalement à la toute fin. Lorsque la balle est tombée dans le trou, j'ai su que j'avais bien lu la trajectoire" raconte Tiger Woods qui avait déjà rentré un eagle sur le premier par 5 du retour (N.13). Tout comme la veille... Un finish en trombe qui contraste totalement avec son début de parcours. A l'instar du premier tour, Woods concède un double-bogey d'entrée et doit courir au score.
Va-t-il jouer dimanche ?
Le Tigre nous a habitué à de tels renversements de situation mais toujours lorsqu'il était en pleine possession de ses moyens. Or Woods s'est mis à grimacer de douleur dès les premiers hectomètres de son troisième tour. La souffrance s'accentue de trous en trous, notamment sur ses mises en jeu au drive où l'appui sur son genou gauche est le plus violent. Mais le N.1 mondial n'y pense plus. Lui est déjà tourné vers un probable 14e titre du Grand Chelem : "Demain (dimanche), c'est un vieux cliché mais il faudra rester patient et concentré sur le présent, sans penser au coup suivant. Comme je l'ai dit, c'est un cliché mais il n'est jamais aussi vrai que pour l'US Open."
A un coup de Woods au classement, Lee Westwood veut lui aussi entrer dans l'histoire en devenant le premier européen à s'imposer à l'US Open depuis son compatriote, Tony Jacklin, en 1970. "Il ( Jacklin) l'a gagné avant même que je sois né donc bien sûr ce serait génial de marcher sur ses traces" explique le Britannique, actuel 6e au classement européen de l'Ordre du Mérite. "J'ai gagné 29 tournois à travers le monde donc j'ai prouvé que je pouvais gagner des tournois. Mais les joueurs sont toujours notés sur le nombre de Majeurs qu'ils ont remportés donc c'est une belle opportunité que je me suis donnée."
Médaille de bronze virtuelle, Rocco Mediate est le troisième joueur à être sous le par au général à l'abord du dernier tour. L'Américain, longtemps en tête samedi, a craqué sur la fin avec un double-bogey suivi d'un bogey, aux N.15 et 16, malgré ses 82% de greens touchés en régulation. Le tout illuminé par un sourire qui ne le quitte pas depuis le début du tournoi. Le leader à l'issue du 2e tour, Stuart Appleby, a sombré au putting et a rendu une carte de 79 (+8) pour un total de 218 (+5). A noter les belles performances de Sergio Garcia (70,-1) et de Mike Weir (69,-2), tous deux à 216 (+3) avant le dernier tour.



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