Nadia Comaneci connaît son affaire. Bien avant le début des Jeux, la championne olympique 1976 y était allée de son pronostic franc et massif. "Chez les hommes, la Chine est imbattable." Le pays organisateur des Jeux Olympiques a largement répondu à l'attente des observateurs et de son public en survolant la finale par équipe (286.125 pts) devant le champion olympique en titre, le Japon (278.875), et les Etats-Unis (275.850). Survoler, vraiment ? Doux euphémisme, en vérité. En dominant cinq agrès sur six (le cheval d'arçon, anneaux, table de saut, barres parallèles et barre fixe), les Chinois n'ont laissé aucune place au suspense, bien emmenés par Wei Yang, le meilleur gymnaste de la planète. Médaillé d'or par équipe en 2000 à Sidney (et en argent en individuel), double champion du monde sortant par équipe et en individuel, Wei Yang, présent sur cinq agrès, a porté son équipe en lui rapportant 79.600 pts. Plus que jamais, la Chine règne sur la planète gym.
Les Etats-Unis encore victime du Japon
Finalement, la véritable bagarre a eu lieu pour la deuxième place. Longtemps, les Américains, au coude à coude avec les Nippons, ont cru tenir l'argent, virant en ballotage favorable avant la dernière rotation. Hélas, les vice-champions olympiques sortants allaient craquer, victimes d'un passage catastrophique au cheval d'arçon (le plus mauvais score, tout agrès confondus, avec 41.875), se laissant une nouvelle fois coiffer sur le fil par le Japon, déjà leur bourreau en 2004. Une certaine forme de logique en vérité pour une équipe privée de son meilleur élément, Paul Hamm (blessé au doigt), premier champion olympique individuel américain de l'histoire il y a quatre ans, ainsi que de son frère jumeau, Morgan, contrôlé positif en mai dernier à un corticoïde, l'acétonide de triamcinolone.
Les Bleus sans rougir
Bons derniers, juste derrière la Roumanie en bronze à Athènes, les Tricolores n'ont, eux, pas à rougir de cet échec. La simple qualification pour la finale était déjà une performance en soi pour une équipe peu habituée à pareil rendez-vous. L'excellent passage au cheval d'arçon (3e avec 48.400) n'a pas masqué les faiblesses sur les autres agrès, notamment aux anneaux et au sol (8e à chaque fois). Pour espérer mieux, il aurait fallu que Benoît Caranobe et le vétéran Dimitri Karbanenko (35 ans), évoluent à un bien meilleur niveau, médiocres au sol et très moyens par ailleurs. En revanche, l'équipe de France tient définitivement la perle de demain avec Thomas Bouhail, 22 ans seulement, et auteur de la 6e performance du concours à la table de saut (16.475).
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