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"S'il y a médaille d'or dimanche, ça n'effacera pas la tristesse de Rio"

"S'il y a médaille d'or dimanche, ça n'effacera pas la tristesse de Rio"

Le 28/01/2017 à 11:52Mis à jour Le 28/01/2017 à 11:54

MONDIAL 2017 – Meurtri par la finale perdue des JO de Rio, Valentin Porte n'a toujours pas digéré l'épisode olympique et la défaite contre le Danemark. Gagner dimanche la finale du Mondial face à la Norvège (17h30) ne changerait rien à l’affaire.

Six mois plus tard, la plaie reste béante. Cette finale perdue à Rio contre le Danemark, les mauvais choix en fin de match, les larmes déversées des jours et des jours après, toute cette tristesse et au final, cet énorme gâchis, Valentin Porte n'a pas su l'oublier. Pas encore tout du moins.

Les maux brésiliens n'ont pas encore cicatrisé. La sombre image du podium, du gardien danois Niklas Landin tout sourire, sa belle médaille d'or autour du cou, cette soirée au Club France où les Bleus "ont dû faire semblant", tout trotte encore dans la tête de l'arrière droit de Montpellier. Et rien ni personne ne semble en mesure de lui faire oublier cet épisode malheureux. Touché, meurtri, car incapable de savoir s'il aura de nouveau l'opportunité de jouer l'or olympique, Porte n'a toujours pas fait le deuil : "Si on me repose la question dimanche soir, après un titre de champion du monde, je répondrai que la blessure est toujours là, en moi. Ça n'enlèvera rien à cette déception, à cette douleur immense."

Valentin Porte lors de la demi-finale France-Slovénie.

Valentin Porte lors de la demi-finale France-Slovénie.AFP

" On n'oublie jamais quelque chose comme ça"

"Après la finale de Rio, on s'était dit qu'on rebondirait et qu'on irait chercher la médaille d'or chez nous en France. Là, on est à une heure de réaliser cette promesse", se satisfait néanmoins le joueur du MHB. Passé de Toulouse à Montpellier à l'intersaison, Porte est persuadé que son début d'exercice en demi-teinte est lié à l'effondrement physique et psychologique subi au Brésil. Aujourd'hui, il va mieux. Un peu. Et encore. "Si j'ai fait un travail sur moi ? Si j'ai consulté ? Pas vraiment. Mais peut-être devrais-je le faire ?", nous explique-t-il. "J'ai voulu tourner la page, j'ai voulu vite zapper mais je pense qu'au fond, on n'oublie jamais quelque chose comme ça. Ça reste, ça marque mine de rien."

Tourné désormais vers un nouveau titre planétaire, le deuxième pour lui après celui de 2015 au Qatar, Porte retrouve le sourire quand on le questionne sur son état de fraîcheur à quelques heures de la finale et l'ancien Toulousain a du mal à cacher son impatience. "Si je fais le point après la demi-finale des JO et celle du Mondial, je n'ai pas la même forme du tout, explique-t-il. A Rio, j'étais complètement ruiné. Aujourd'hui, je suis en pleine forme. Et il me tarde une chose, c'est de jouer. Je pourrais jouer ce soir s'il le fallait. Cette fraîcheur physique, ça va faire une différence, c'est sûr."

Si les Bleus terminent ce Mondial à domicile en bien meilleure forme que le tournoi olympique, c'est dû en grande partie au turnover orchestré par le staff français. "Les coaches font tourner car ils le peuvent aussi. Les remplaçants sont de qualité et apportent tous quelque chose, se satisfait Porte. Si ce n'était pas le cas, on ne tournerait pas et on aurait le même problème qu'au Brésil. Cela permet de faire souffler les cadres comme Niko (Karabatic) et Daniel (Narcisse). C'est du luxe de les avoir frais dans le money time." Ce qui avait cruellement fait défaut six mois plus tôt à Rio.

Valentin Porte et Luka Karabatic - handball France JO Rio 2016

Valentin Porte et Luka Karabatic - handball France JO Rio 2016AFP

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