"La médaille d'or représente ce qu'il y a de plus beau pour un sportif. C'est le Graal. Alors en avoir deux, c'est simplement magique". Les yeux pleins d'étoiles, Nikola Karabatic a du mal à réaliser l'exploit accompli. Grâce à sa victoire en finale contre la Suède (22-21), la France a décroché le deuxième titre olympique de son histoire, de rang. Une performance historique que seule l'URSS, couplée à la CEI, était parvenue à réaliser en 1988-1992.
Alors sur le podium, les hommes de Claude Onesta se sont lâchés. Ça méritait bien ça. Sur une idée de Karabatic, ils ont mimé le Jamaïcain Usain Bolt, une autre légende vivante. Un geste qui n'a rien d'anodin, en fait. Pour Thierry Omeyer, ce succès permet à l'équipe de France "de rentrer encore plus dans l'histoire". Auteur d'un nouveau match de grande qualité, "Titi" va plus loin : "Même si c'est difficile de réaliser, on sait quand même qu'on a marqué l'histoire". Son remplaçant, Daouda Karaboué, tient le même discours : "Il y a quelques mois, on représentait une équipe perdue. Pour certains. Et aujourd'hui, cette même équipe réussit à entrer dans la légende. Quelle ironie! On peut dire qu'on fait partie de ces sportifs de légende."
Onesta : " De beaux souvenirs devant la cheminée "
Guillaume Gille semble, lui, plus mesuré : "Parler de légende, c'est difficile. L'histoire, ce sont les médias qui la font". Toujours aussi bon un micro devant la bouche, Claude Onesta est plus catégorique : "Il y a tellement de salopards dans l'histoire, que ce n'est pas un bonheur en soi d'en faire partie. L'histoire ne m'intéresse pas. Je me donne, de compétition en compétition, quelques beaux souvenirs pour finir à côté de la cheminée."
Après la déroute, là aussi historique, de l'Euro en Serbie, les Bleus ont dû se remobiliser. Ce qui fait dire à Luc Abalo que ce "titre olympique a été plus difficile à aller chercher" que celui de Pékin. "C'est beau, mais c'est inespéré. Les gens peuvent dire qu'on a marqué l'histoire, estime le néo-Parisien. Moi, je sais juste que nous, on y croyait. Ça suffit à notre bonheur." Dernier Français à se présenter à la presse en zone mixte, Nikola Karabatic a bouclé la boucle. Sur le chemin du retour, il a lancé : "Si on entre dans la légende ? Je pense qu'on y était déjà un peu non ?"





AFP





















