Dans leur histoire commune si glorieuse, nul ne sait encore comment ce tournoi olympique londonien s'achèvera pour les hommes de Claude Onesta. Mais ce qui est certain, c'est que ce quart de finale marquera un des temps forts de ce groupe. Mal embarqué, ma fagoté, ce match face à l'Espagne a porté en lui tous les ingrédients d'un moment mémorable, jusqu'à son happy end, arraché à la force du poignet par William Accambray à trois petites secondes de la fin. Les Bleus, en blanc mercredi, ont su convertir en but l'ultime possession de cet haletant duel au couteau, crucifiant les malheureux espagnols qui ont si longtemps cru tenir le bon bout. L'aventure continue pour les Experts. Le rêve aussi, celui d'un deuxième titre olympique consécutif.
Mais jusqu'à cet heureux dénouement, que de sueur et de souffrance. Notamment en première période. Les Français ont vécu une entame de match apocalyptique, inscrivant seulement un petit but en... quinze minutes ! Un but sur le premier quart de la rencontre. Les Bleus étaient donc partis sur des bases de quatre buts sur l'ensemble du match. Surréaliste. L'attaque tricolore a buté au cours de cette période noire sur un Arpad Sterbik en feu. Le gardien espagnol a mis sous l'éteignoir les tireurs français, gagnant quasiment tous ses duels. Le seul but français du début de partie est d'ailleurs venu sur un penalty, signé Fernandez.. Pour le reste, rien. Menés 6-1, puis 7-2, les tenants du titre semblaient vraiment mal embarqués.
Douze minutes sans but !
Le grand mérite de la bande à Jérôme Fernandez fut alors de ne pas céder à la panique. L'expérience a pesé lourd dans la remise en ordre du jeu tricolore. Le redressement s'est opéré en plusieurs temps. Avant la pause, les Bleus ont d'abord cherché à limiter la casse. Enrayant leur spirale infernale, ils ont réussi à revenir à deux longueurs, pour virer à -3 (12-9) à la mi-temps. Un moindre mal. Le simple fait d'être encore dans le coup constituait une première victoire. Le début du deuxième acte, incertain, a confirmé le rééquilibrage opéré avant le repos. Les Espagnols ont conservé tant bien que mal leur marge (16-13, 17-14), mais l'heure de porter l'estocade allait venir pour les Français. Et le détonateur allait porter un nom: William Accambray. Déchainé, le Montpelliérain a mis le feu à la défense ibérique en seconde période.
Mais rien n'aurait été possible sans une défense retrouvée. Pendant douze minutes (de la 39e à la 51e), Thierry Omeyer n'a pas encaissé le moindre but. Résultat, le score est passé au cours de cette phase décisive de 14-17 à 20-17 en faveur des Bleus. Bien sûr, ils n'ont pas tenu à ce rythme et à l'entame de la dernière minute, lorsque le score affichait une parité parfaite (22-22), tout restait possible. Les Espagnols ont eu une possession pour rependre le score. Ils ne l'ont pas saisie. Les Français, si, par l'intermédiaire de ce diable d'Accambray. Après leur Euro calamiteux et une préparation où il a souvent fallu chasser le doute, voilà donc les Experts dans le dernier carré. Le chemin est encore long. Surtout pour eux, qui n'envisagent rien d'autre que l'or.
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