La ligne de défense des joueurs de Montpellier interpellés dimanche a permis, lundi matin, d’écarter une zone d’ombre de l’affaire Cesson – MAHC. Les champions de France ont bien misé sur leur propre rencontre et leur propre défaite. En cela, ils ont contrevenu à leurs engagements. Qui exactement, dans quelle circonstance et avec quel mobile ? Il appartiendra à l’enquête de le démontrer. Mais la thèse de la "grosse bêtise" et de "l’erreur humaine" n’était déjà plus niée par les défenseurs des joueurs impliqués, lundi. Elle constituait même une ligne de défense assumée.
"Ils ont parié, c'est une infraction sportive, pas une infraction pénale (...) Pour que la justice puisse intervenir dans cette affaire, on a besoin d'un match truqué, faute de quoi, sur le plan pénal, il n'y a rien", déclarait aux premières heures du matin Me Eric Dupond-Moretti, avocat des frères Karabatic. "Leur déontologie sportive leur interdit de faire des paris. Ils l'ont fait, ils ont eu tort et s'en expliqueront", a affirmé de façon limpide Me Jean-Yves Liénard, le défenseur de Mickaël Robin.
A la mi-journée, l’aveu de Jenny Priez, la compagne de Luka Karabatic, matérialisé par son avocat, a bouclé la boucle sur le sujet : "Jeny Priez, depuis le début de sa garde à vue hier à 13h30, a immédiatement collaboré avec les officiers de police judiciaire en leur déclarant, spontanément et dès les premières minutes de son audition, la réalité des faits la concernant: avoir parié pour Luka Karabatic à la demande de celui-ci et avec l'argent de celui-ci, a indiqué lundi son défenseur Me Antoine Camus. C'est une déclaration qu'elle a fait en plein accord avec Luka, son compagnon."
Jean-Yves Liénard : les joueurs " acceptent les conséquences sur le plan sportif "
C’est sur le plateau de LCI que Jean-Yves Liénard a été le plus affirmatif sur ce scénario d’un oubli par les joueurs de leurs élémentaires obligations et d’une faute aujourd’hui assumée. "C’est une erreur humaine, ces gens ont pensé faire un joli repas de fin année ou des cadeaux à leur famille. Ils n’ont pas pensé aux conséquences. Compte tenu des forces en présence, ils ont fait parier que Montpellier avait des chances de perdre à la mi-temps. (Les joueurs disent) : ‘Nous avons fait une sottise, nous acceptons les conséquences sur le plan sportif, mais il n’y a pas de triche'. La sanction est acceptée d’avance. La faute elle-même sera reconnue."
La faute, c’est le fait d’avoir misé ou fait miser des proches sur une défaite de leur propre équipe, alors qu’ils étaient même juridiquement infondés à parier sur une victoire. Le combat désormais pour les personnes gardées à vue et leurs défenseurs, c’est de contester la thèse d’un match arrangé autour de laquelle s’articule le travail des enquêteurs, la seule à justifier une action de cette ampleur, et beaucoup plus lourde sur le plan des sanctions potentielles (cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende).
Selon plusieurs correspondants de presse à Montpellier, la police dispose d’éléments concrets sur des échanges téléphoniques entre protagonistes de l’affaire, donc sur une possible entente. Ces procès-verbaux, les avocats des joueurs n’y ont pas encore accès. "Nous attendons d'être chez le juge d'instruction, si un juge d'instruction est désigné dans cette affaire, et d'avoir ces procès-verbaux pour répondre à armes égales" prévenait dès lundi matin Me Dupond-Moretti. Les personnes impliquées expliquent manifestement avoir parié beaucoup d'argent sur l'hypothèse d'une défaite mais, pour ceux qui étaient sur le parquet, qu'ils ont lutté pour la victoire. Une position complexe qui ne fait que marquer le début de l'affaire.





























