Hockey sur glace

L'amère patrie

Avec son attaque flamboyante menée par la mégastar Alexander Ovechkin, la Russie espérait frapper un grand coup à quatre ans des Jeux de Sotchi. Mais la sélection russe a été détruite par le Canada mercredi en quarts de finale (7-3) et son incapacité à répondre au défi physique proposé interpelle.

 
L'amère patrie - Hockey sur glaceAFP
 

Inutile de tourner autour du palet trop longtemps. Le hockey russe a subi mercredi soir à Vancouver une des pires humiliations de son histoire. Bien plus qu'une défaite, la Russie a reçu une correction en forme d'humiliation face au Canada. Les 25 premières minutes de ce match vont marquer au fer rouge toute une génération de joueurs qui ne s'attendaient pas à subir une telle déroute. Les Russe sont ressemblé à des petits garçons, absolument pas préparés à la guerre. Or c'est bien une guerre que les Canadiens leur ont déclaré.

Une image symbolise ce à quoi nous avons assisté au Canada Hockey Place. D'entrée, Alexander Ovechkin a subi une énorme mise en échec derrière le but canadien. Message clair: tu ne passeras pas ce soir. Ovechkin n'a jamais pesé sur les débats (pas de but, pas de passe et seulement trois tirs dans la soirée) et sa ligne d'attaque, composée également d'Evgueni Malkin et Alex Semin, a été mise sous l'éteignoir par la checking line canadienne, qui a abattu un énorme boulot avec Jonathan Toews, Mike Richards et surtout Rick Nash, un des hommes du match. Ovechkin rêvait de marquer son empreinte de ce tournoi. C'est raté. Suprême humiliation, la foule l'a gentiment chambré en fin de match, lançant des "Oviiiiiiiiiiiie" à l'évidence plus ironiques qu'admiratifs.

"Ils nous ont sauté dessus comme des gorilles"

L\'amère patrie - Hockey sur glace La star de Washington n'a donc pas existé. Pas plus que Malin ou Pavel Datsyuk. "Ces gars, il ne faut pas les laisser respirer une seconde. Ils sont tellement créatifs. Il fallait absolument gagner le défi physique. Si on les laissait jouer, nous étions morts", explique Chris Pronger, le défenseur à la feuille d'érable. "Nous voulions être partout là où se trouvait le palet. Il fallait y être avant eux et montrer qu'on était prêts à faire mal pour cela", ajoute Eric Staal. Mais le résumé le plus saisissant, on le doit sans doute à Ilya Bryzgalov. "Ils nous ont sauté dessus comme des gorilles qui sortaient d'une cage", a confié le gardien remplaçant, entré au bout d'une demi-heure de jeu pour mettre fin au calvaire de son coéquipier Nabokov.

Ah, Nabokov… Avant le tournoi, il constituait un des points d'interrogation de cette équipe russe. Son incapacité à répondre présent dans les grands matches avait été soulevée par la presse russe, sceptique sur le fait qu'il puisse être l'homme de la situation. Mercredi, Nabokov a été pathétique. A contretemps lors de son face-à-face avec Rick Nash, il a fini par céder sa place après une énième faute sur le 6e but. Il termine ce tournoi olympique avec 4.2 buts encaissés par match et un pourcentage d'arrêts beaucoup trop bas (85.3). Mais il n'est pas l'unique responsable. Sa défense s'est avérée extrêmement faible elle aussi. Elle n'a pas su protéger Nabokov, qui en aurait eu tant besoin. Composée pour une bonne part de joueurs issus de la KHL, la ligue nationale russe, elle a volé en éclats. Globalement, les joueurs KHL n'ont d'ailleurs pas été au niveau dans ce tournoi.

Malgré ses joueurs de talent, la Russie n'a jamais réussi à constituer un véritable collectif. Or dans ce type de tournoi, où le temps manque pour créer une alchimie, les équipes qui s'en sortent le mieux, à talent égal, sont celles qui parviennent à développer un minimum de cohérence collective. Le Canada n'a que des stars mais certains joueurs, adulés et choyés dans leur club, ont accepté de mettre le bleu de chauffe à la place du smoking parce que cette médaille d'or à domicile suffit à effacer les considérations personnelles. Les Russes, eux, n'ont pas su se mettre minable. Trop softs, trop tendres. En ne se mettant pas au niveau en termes d'intensité, ils se sont exposés à une punition. L'ampleur de celle-ci a dépassé l'entendement. "Il va falloir que chacun se regarde dans la glace", prévient Bryzgalov, le seul joueur à avoir accepté de parler après la débâcle. Le sport étant un éternel recommencement, la Russie a quatre années pour ruminer sa revanche. En 2014, elle sera chez elle. Mais mercredi soir, que Sotchi semblait loin…

 - Eurosport
 
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