Champion olympique à Vancouver et tenant du globe de la Coupe du monde, Jason Lamy-Chappuis vous donne de nouveau rendez-vous chaque semaine et vous livre ses impressions sur cette saison marquée principalement par les Mondiaux d’Oslo.
Home Sweet Home !
Nous voilà de nouveau à la maison. Avec l'annulation pure et simple des épreuves à Harrachov, le programme a quelque peu changé. Après Lillehammer, nous sommes repartis le soir même de la seconde épreuve. Un petit vol direct Oslo-Genève et trois heures après, nous étions au chaud. Chez nous.
Pour revenir sur mon week-end norvégien, je suis évidemment satisfait de ce que j'ai fait. Le 1er jour, j'ai bien sauté sur un tremplin qui ressemble à celui de Kuusamo, donc sur lequel je me sens bien. Le 2e jour, le saut a été moins bon. Mais sauter comme je l'ai fait et pointer tout de même à la 3e place avant le fond, c'est vraiment positif. Etre devant malgré un saut moins bien, c'est une bonne chose. L'autre point positif, c'est le fond et plus précisément mes finishs. Le 1er jour, j'arrive à lancer le pied en avant en m'arrachant. Et j'arrache la victoire face à Peter Tande.
Ce finish, je pense l'avoir bien amené. Dans le dernier tour, quand il a accéléré, je me suis dit que ça allait être compliqué mais que je devais tenter ma chance. Au bord de la piste, les entraîneurs m'ont renseigné tout au long de la course. Ils font un sacré boulot et puis, c'est vraiment bien d'avoir un avis extérieur sur ce qui est entrain de se passer. Donc dans la dernière montée, quand Tande accélère, Fabrice (Guy) m'annonce que ça a sauté derrière. Je sais que si je veux gagner, je dois m'accrocher et tenter de pointer en tête à l'entame de la ligne droite finale.
Résistant au rythme imposé par le Norvégien, qui fera quand même le 2e temps du fond le 2e jour, je parviens à mettre en place ma tactique. Je fais l'intérieur dans le dernier virage et me retrouve en tête (à deux, on ne passait pas). A ce moment-là, je sais que je dois donner tout ce que j'ai et surtout, jusqu'au bout. Au moment de lancer le sprint, il a deux mètres de retard. Je sais que ça peut suffire et c'est toujours mieux d'aborder une ligne droite finale en étant devant. Je le sens juste derrière moi. Il est à peine plus rapide que moi, mais j'ai tout de même conscience qu'il me reprend quelques centimètres à chaque foulée. Il se rapproche. Il me reste suffisamment de forces pour jeter le pied sur la ligne. Pour le résultat qu'on connaît !
L'épreuve de fond était vraiment sympa à vivre, car j'étais avec François (Braud). On a même été premier et deuxième à un moment donné. Durant la course, on échange peu. Mais on n'a pas besoin de se parler pour se comprendre. Dans le deuxième tour, j'ai compris que personne ne voulait imposer de rythme. J'ai donc pris les choses en main. Eh, j'ai un maillot jaune maintenant sur les épaules. Je dois assumer ! J Au bord de la piste, Fabrice m'a rapidement calmé : "Tu étires le groupe mais n'en fais pas trop car tu dois garder des forces si les fous furieux de derrière reviennent" (Moan, Spillane, etc).
La suite du programme, c'est Ramsau. On n'a pas encore la confirmation, mais il y a de fortes chances qu'au lieu de deux, on ait trois courses (jeudi, samedi, dimanche ou vendredi, samedi, dimanche). En attendant de partir pour Ramsau, on va skier en Franche Comté. Il y a 10cm de neige, ça suffit pour le fond mais pas assez pour le saut. On espère deux nuits de froid pour pouvoir sauter à Chaux-Neuve en fin de semaine. Après, il sera l'heure de rejoindre l'Autriche.
Jason
























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