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Jeux olympiques - Londres 2012

Moins de médailles, plus d'or

En retrait en nombre de médailles par rapport à Pékin, la France a en revanche décroché davantage d'or. Ça tombe bien, c'était l'objectif.

 
France: Contrat rempli - Jeux olympiques - Londres 2012AFP
 

Il y a quatre ans, la délégation tricolore avait quitté Pékin sans trop savoir comment appréhender son bilan. D'un côté, jamais les sportifs français n'avaient ramené autant de médailles des Jeux (en dehors du bilan inaccessible des J.O. de 1900 à Paris, où ils avaient récolté 101 médailles). Mais ce record de 41 podiums s'était trouvé sérieusement atténué par la faiblesse du nombre de champions olympiques: seulement sept, soit le pire total depuis Séoul vingt ans plus tôt. Les instances dirigeantes du sport français en avaient tiré une leçon: l'impact de l'or aux J.O. pèse davantage que le nombre de médailles. A Londres, la France était prête à perdre quelques podiums pour ramasser quelques titres supplémentaires. De ce point de vue, le contrat a été rempli.

Avec onze médailles d'or, soit quatre de plus qu'en Chine, les Français ont répondu aux attentes. La dizaine constituait l'objectif minimal, mais Denis Masseglia, le patron du mouvement olympique français, avait souvent répété qu'il en espérait une bonne douzaine. Le bilan londonien se situe donc juste entre ces deux eaux. Onze, comme à Athènes en 2004, mais un peu moins qu'à Sydney (13) et surtout Atlanta, qui demeure la valeur étalon avec ses 15 titres. Reste que l'essentiel était de repasser au-dessus du cap de la dizaine, ce qui a permis à la France de se replacer au 7e rang dans la hiérarchie planétaire au tableau des médailles.

Le retour du girl power

Les Bleus doivent cette embellie à deux principaux facteurs. D'abord la bonne tenue de certaines stars. De la délégation tricolore. Teddy Riner et Lucie Décosse en judo, Renaud Lavillénie en athlétisme, ou encore Camille Muffat en natation abordaient tous les Jeux dans une position de grands favoris dans leurs disciplines respectives. On peut y ajouter l'équipe de France de handball. Même si leur cuisant échec de l'Euro en janvier avait sérieusement refroidi l'évidence d'un deuxième sacre olympique, les Experts entraient dans la catégorie des dorés potentiels. Ce contingent-là a apporté une petite moitié des médailles d'or françaises à Londres. C’était indispensable.

L'autre gros bonus comparé à Pékin est venu des filles. Très en retrait en Chine (un seul titre sur les sept), elles se savaient attendues au tournant. Elles n'ont pas déçu. Outre Décosse et Muffat, il y a eu de très belles révélations, à l'image d'Emilie Fer et Julie Bresset. Et ce renouveau féminin n'est pas vrai que pour l'or. En 2008, elles n'avaient contribué que pour six des 41 médailles françaises. Les quatre titres ne sont pas l'arbre qui cache la forêt. Il y a aussi eu de vraies satisfactions féminines sur les deux autres marches du podium, comme  Anne-Caroline Graffe, les basketteuses, Céline Goberville, toutes en argent, mais aussi Delphine Réau, Marlène Harnois et une armée  de judokates (Gneto, Tcheuméo, Emane, Pavia) en bronze. Il y a quasiment eu autant de médailles féminines en judo (5) à Londres, que tous sports confondus à Pékin (6). C'était le principal chantier du CNOSF après Pékin. Quelque chose nous dit qu'on évoquera beaucoup moins le problème du sport féminin d'élite en France dans les quatre années à venir.

13 médailles en chocolat

Reste que ce bilan correct laisse un petit goût d'inachevé, en matière d'or comme de podium. Essentiellement parce que, à mi-chemin de ces Jeux, les temps de passages tricolores étaient très élevées. Une semaine après la cérémonie d'ouverture, la France comptait déjà huit médailles d'or. Le record d'Atlanta commençait à trotter dans un coin de la tête. Mais la suite s'est avérée moins prolifique. Qu'a-t-il manqué pour titiller les 15 titres géorgiens? Que certaines déceptions (Camille Lacourt, Gévrise Emane, Grégory Baugé ou la vitesse par équipes, Julien Absalon), ne mettent dans le mille. Mais ainsi vont les Jeux. 100% de réussite, ça n'existe pas, et la France a aussi décroché quelques titres sur lesquels elle ne comptait pas forcément, comme ceux de Florent Manaudou, Emilie Fer, Julie Bresset ou le relais 4x100 en natation. Il s'agissait là d'espoirs, plus que de garanties.

La déception est plus nette quant au total de médailles. Le potentiel se situait nettement au-dessus des 34 médailles récoltées en Grande-Bretagne. Sur ce que les sportifs français avaient démontré lors des derniers grands rendez-vous internationaux, le record de Pékin était tout à fait dans les cordes de cette génération 2012. La France a payé cash la faillite de certains de ses points forts, à commencer par l'escrime ou le BMX, qui n'ont pas rapporté le moindre podium (contre six à pékin). La recrudescence des médailles en chocolat (13 places de quatrième à Londres, soit cinq de plus qu'en 2008) a également joué. Mais une fois encore, en Angleterre, la France avait, d'abord  envie et besoin d'or. Son repas a été moins copieux, mais plus savoureux qu'à Pékin. Ce n'est pas plus mal.

 
 
 
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