1 - LA NOTIFICATION A L'ATHLETE
C'est la première étape. Elle est simple : sans préavis, un athlète, qui vient de terminer son épreuve, est contacté par une escorte d'officiels qui lui expliquent qu'il est sélectionné pour un contrôle antidopage. Celle-ci informe le "contrôlé" de ses droits et de ses responsabilités, qui sont également écrits noir sur blanc sur le formulaire de contrôle destiné à l'athlète.
Ugo Legrand : "Quand je reçois le formulaire, je le signe immédiatement. L'officiel note alors l'heure de départ. Le contrôle ne peut pas dépasser trois heures. Moi, je suis toujours accompagné par le médecin de l'équipe de France."
2 - L'ARRIVEE AU POSTE DE CONTROLE
Ces mêmes officiels sont désormais chargés d'accompagner l'athlète "sélectionné" jusqu'au poste de contrôle. Il est désormais sous leurs responsabilités. A ce moment-là, l'athlète doit s'empresser de se présenter. S'il s'avère que le contrôle est retardé par une cérémonie de médailles, par exemple, l'athlète doit obtenir l'autorisation de l'escorte. Au poste de contrôle, l'athlète est enregistré dès son arrivée.
Ugo Legrand : "C'est vrai qu'on est hyper fliqué. Il y a toujours quelqu'un qui nous suit. Ils sont hyper vigilants. Dans certains pays, tu n'as pas le droit de finir la boisson que tu as dans ton sac. Tu n'as le droit qu'aux boissons du contrôle".
3 - 90 ML D'URINE, PAS UN DE MOINS
Des boissons sous scellé sont mises à sa disposition. Quand un échantillon d'urine (au moins 90 ml) est à disposition, l'athlète doit prévenir un membre de l'équipe du contrôle antidopage. Ce dernier peut alors demander au "contrôlé" de retirer certains vêtements "de manière à pouvoir observer l'obstruction la production de l'échantillon." C'est l'athlète qui doit refermer l'échantillon avec le couvercle. Parfois, il arrive que celui ne parvienne à fournir la quantité demandée du premier coup. Si c'est le cas, ce premier échantillon est conservé à titre partiel et sécurisé dans un réfrigérateur fermé à clé. L'athlète doit alors rester au poste de contrôle. Boire, boire et boire. Pour compléter son échantillon et atteindre les 90 ml. Tant que ce n'est pas le cas, l'athlète ne peut pas s'en aller. Enfin, après avoir scellé l'échantillon, l'équipe de contrôle utilise un réfractomètre pour quantifier la gravité spécifique de l'urine. Si la valeur est inférieure ou égale à 1,004, un nouvel échantillon est exigé.
Ugo Legrand : "En fait, tu patientes dans la salle d'attente. Et dès que tu as envie, tu pars avec le médecin. Tu n'y vas jamais seul. Là, tu prends un gobelet et tu vas uriner. Tu dois te laver les mains. Ensuite, le médecin te demande de baisser ton pantalon sur les chevilles et de lever ton t-shirt, au niveau des pectoraux. Des contrôles, j'en ai faits une trentaine depuis mes débuts. Parfois, ça te fait passer l'envie évidemment. Après ça, le médecin te demande de verser une certaine quantité dans un premier flacon, puis dans un second. Récemment, une judokate chinoise (Tong) a avoué s'être dopée, mais comme l'AFLD avait ouvert le flacon B sans son autorisation, ses avocats ont avancé le vice de procédure. Et son contrôle positif n'a pas été validé. Elle combat à l'heure actuelle, alors qu'elle a reconnu s'être dopée, c'est dingue".
4 - L'ECHANTILLON DE SANG
Parfois, il est également demandé à l'athlète de procéder à un contrôle sanguin. Il faut donc obtenir un échantillon de sang. L'athlète doit alors choisir une trousse de prélèvement "sang A" et une "sang B", parmi un choix proposé par l'équipe de contrôle. Une nouvelle fois, l'athlète est mis à contribution puisque c'est lui qui doit ouvrir l'équipement et coller les étiquettes à code-barres sur les tubes. Après ça, il doit les remettre à l'agent de prélèvement sanguin qui procède alors au prélèvement. Les tubes sont alors placés dans les équipements "A" et "B" et scellés.
Ugo Legrand : "Je n'ai connu qu'un seul contrôle sanguin. C'était en juillet dernier, lors d'un stage en équipe de France. C'était un contrôle inopiné. Ça se passe comme c'est décrit là. Le médecin te fait la piqûre."
5 - LA DECLARATION DE MEDICAMENTS OU COMPLEMENTS
A n'importe quel moment du contrôle, l'athlète peut déclarer "tous les médicaments ou compléments pris au cours des sept derniers jours ou toute transfusion sanguine reçue lors des six derniers mois". C'est sur ce formulaire que l'athlète peut également signaler toute "AUT" : autorisation pour usage à des fins thérapeutiques.
Ugo Legrand : "Rien à ajouter. A la fin, tu remplies le formulaire. Si tu as pris des médicaments, tu dois le dire. Pareil si tu fais de la la mésothérapie. Ça leur donne des infos, ça les oriente. Même si tu prends du doliprane, tu dois le dire..."
6 - LA FINALISATION ET LE STOCKAGE
L'équipe de contrôle et l'athlète vérifient alors l'intégralité du formulaire. Le sportif en conserve un exemplaire. Un autre, anonyme, est joint à l'échantillon ou aux échantillons envoyés au laboratoire. L'équipe de contrôle s'assure alors que tous les prélèvements sont placés dans un réfrigérateur verrouillé. La dernière étape est l'envoi, "en toute sécurité", au laboratoire accrédité par l'Agence Mondiale Antidopage, pour l'analyse finale.
Ugo Legrand : "Personnellement, je n'ai jamais vu de frigo verrouillé. Ce sont des sacoches réfrigérées. Et notre urine est récoltée dans des bocaux en verre qui sont "vissables" mais que l'on ne peut pas dévisser. Un jour, j'ai demandé comment on procédait pour les ouvrir. C'est une machine spéciale conçue spécialement pour ça. Avec ce système, t'es sûr que ton flacon ne peut pas être ouvert."



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