. P comme Phelps (Pékin 2008)
Aucune mission n'est impossible pour ce monsieur Phelps là. Le nageur est arrivé à Pékin avec un objectif : faire mieux que Mark Spitz, sept fois champion olympique à Munich en 1972. Huit épreuves, huit titres à remporter. C'est chose faite le 17 août 2008 au terme du relais 4x100 mètres 4 nages. La veille, il est passé près de la correctionnelle, ne battant Milorad Cavic que d'un petit centième sur 100 mètres papillon, dans des conditions qui feront couler beaucoup d'encre. Michael Phelps, déjà sacré six fois à Athènes, est assurément le meilleur nageur de l'histoire et le plus titré aux Jeux, où il a remporté 14 médailles d'or (et 2 de bronze). Série en cours. Laryssa Latinina, qui détient le record de breloques (18), est en point de mire.
. Q comme Quatorze (Montréal 1976)
La perfection n'est pas de ce monde. C'est ce que l'on pensait jusqu'au jour où Nadia Comaneci aura révolutionné la gymnastique. A tout juste 14 ans, aux Jeux de Montréal, la Roumaine reçoit la note de 10 aux barres asymétriques. Une première dans l'histoire mais pas la dernière puisqu'elle sera jugée parfaite à sept reprises durant l'édition et remportera trois titres au concours général, aux barres asymétriques et à la poutre. Ajoutez à cela une médaille d'argent et une autre de bronze pour compléter la collection. Devenue une icône mondiale après les JO, elle ne parviendra que difficilement à maintenir son niveau de performance, récupérée et exploitée par le régime de Nicolae Ceaucescu. Elle prendra sa retraite en 1981, un an après avoir décroché quatre autres médailles aux Jeux Olympiques de Moscou (deux en or, deux en argent).
. R comme Révolutions (Mexico 1968)
1968, année de révolution(s). Un nouveau monde prend le pas sur un ordre ancien. Du Vietnam aux Etats-Unis, en passant par la France et la Tchécoslovaquie, la planète change. Mexico n'échappera pas au tourbillon. Quatre ans après un tour en Asie, les Jeux Olympiques restent en en dehors des sentiers battus habituels et filent en Amérique centrale. Bob Beamon, auteur de l'un des plus fabuleux records du monde de l'histoire (8,90 mètres au saut en longueur), Dick Fosbury, inventeur du saut en hauteur moderne, et l'arrivée du tartan sur les pistes font entrer l'athlétisme dans une nouvelle ère. Mais s'il ne fallait garder qu'une image, ce serait évidemment celle de ces deux Afro-Américains sur le podium du 200 mètres. Tommy Smith et John Carlos, chacun un poing ganté et levé, têtes baissées, écoutent The Star Splangled Banner, protestant en silence contre les discriminations dont sont victimes à l'époque les noirs aux Etats-Unis. L'image fera le tour du monde.
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. S comme Septembre noir (Munich 1972)
Sur le parvis du stade olympique de Munich, une stèle en pierre. Onze noms. Ceux des athlètes israéliens pris en otage et tués par l'organisation palestinienne Septembre noir. Le drame se noue du 5 au 6 septembre, d'un bâtiment du village olympique au tarmac de la base aérienne de Fürstenfeldbruck, où tout se termine en bain de sang. Les preneurs d'otages, dont l'un travaillait dans le village, demandent la libération de plus de 200 activistes palestiniens. Dans l'histoire des Jeux Olympiques, aucun événement tragique ne marquera autant la mémoire collective que celui-ci. Le lieu, l'Allemagne, et les victimes israéliennes rappelant les heures sombres du XXe siècle. Et le sport dans tout ça ? Interrompues durant la prise d'otages, les épreuves reprendront à la demande d'Avery Brundage, président du CIO. Ce qui inspira à certains athlètes cette réflexion teintée d'amertume et d'humour noir : "De toute manière, ce sont des tueurs professionnels, Avery ne les reconnaît pas."
. T comme Tricheur (Séoul 1988)
Un séisme. Une image. Ben Johnson franchissant la ligne d'arrivée du 100 mètres olympique le bras levé, l'index pointé vers le ciel et regardant derrière lui où est Carl Lewis. 9''79. Record du monde pulvérisé. Quelques jours plus tard, le sprinteur quittera la Corée du Sud tête basse et sans sa médaille, convaincu de dopage au stanozolol, un stéroïde anabolisant. A ce jour, cela reste le plus gros scandale de dopage de l'histoire des Jeux. Son retentissement étant amplifié par la caisse de résonance médiatique de l'épreuve concernée : le 100 mètres. Mais Johnson n'est ni le premier, ni le dernier pris la main dans le sac. Marion Jones, pour ne citer qu'elle, lui emboitera le pas à Sydney. Mais six années seront nécessaires avant qu'elle ne soit démasquée.
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AFP





















